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Appel à communications, colloque "Information, communication, documentation : les nouvelles utopies", Poitiers

Date limite : 28 février 2014
Les membres des comités scientifique et organisateur du Colloque Spécialisé en Sciences de l’Information (COSSI) ont le plaisir de lancer l’invitation aux chercheurs et aux praticiens des sciences de l’information et de la communication (SIC) à participer à la 6e édition de l’évènement qui se tiendra, sous la thématique « Information, communication, documentation : les nouvelles utopies », les 17-18 juin 2014 à l’Université de Poitiers, France. Ce colloque international avec diffusion des travaux sous forme d’actes et dont les travaux se déroulent en français, est ouvert à toute la communauté spécialisée du domaine des SIC et aux chercheurs en sciences humaines souhaitant proposer une communication dans le champ des sciences de l’information et la communication. Des contributions de chercheurs du monde anglo-saxon sont également attendues.

Problématique et thèmes de réflexion En 1992, Philippe Breton publiait un ouvrage de chercheur engagé au titre fortement évocateur : L’utopie de la communication. Breton s’y interrogeait sur une « utopie nourrie d’un lien social tout entier communiquant […]. L’apologie d’une universalité planétaire sans contenu, les enthousiasmes naïfs pour les "mondes virtuels" et le "village global" [ayant] paradoxalement rendu attrayant le repli identitaire ». Il s’interrogeait alors : « la question pertinente est donc plutôt de se demander pourquoi nos sociétés accordent, depuis le milieu du siècle, autant d’importance à la communication » (p. 7).

Depuis le constat critique de Breton, Internet et les outils de numérisation ont fait irruption massivement dans les pratiques d’information, de communication et de documentation des professionnels d’abord, puis du grand public avec le passage au « web 2.0 ». Il se diffuse un nouveau discours utopiste dans l’imaginaire collectif populaire, dans les représentations professionnelles et dans le champ du politique, d’autant plus aisément que l’évolution vers des outils plus accessibles et plus puissants semblait concrétiser cet avenir radieux communicationnel et informationnel annoncé par les auteurs de science fiction tout autant que par les prospectivistes.

Pour le grand public, l’utopie semble être celle de la conversation ininterrompue, de l’accès simple, gratuit ou presque, à toute l’information, à l’image et à la connaissance. Elle se nomme aujourd’hui Facebook, Twitter, Flicker, universités en lignes, réalité augmentée… Chez les professionnels, l’utopie managériale se nourrit de knowledge management, de record management, de management en réseau, de maitrise de l’information, de Consumer Relationship Management, de community management, de géolocalisation, de dématérialisation des documents… En somme, un « capitalisme sans friction » (Bill Gates, 1995). Les hommes politiques et les citoyens, quant à eux, rêvent de la démocratie numérique (Berthoud, 2000 ; Cardon, 2010) et de l’accès généralisé à l’information publique (big data). Dans le discours ambiant, l’interconnexion technique et l’interactivité humaine tiennent lieu de performance et promettent le bonheur.

Que signifient ces utopies nouvelles ? Rien d’autre que l’expression renouvelée, actualisée, du besoin naturel, ontologique, irrépressible de rêver d’un avenir meilleur ou une « technolâtrie, véritable culte initié par des prophètes pour faire entrer l’humanité dans un âge pacifique et prospère pour tous » (Berthoud, 2000) ?

Que nous enseignent les utopies du monde conversationnel ? S’agit-il d’une utopie globale ou d’une utopie « « limitée » (Proulx, Massit-Folléa, Conein, 2005) ? Sommes-nous en train de constituer de véritables collectifs intelligents ou n’est-ce qu’une illusion sémantique, une utopie « de l’instable et du multiple » (Lévy, 1994 ; Piromallo-Gambardella, 2005), la possession de l’information demeurant un enjeu stratégique ?

Les utopies d’internet peuvent-elle permettre d’envisager la résolution du paradoxe rappelé par Eric Dacheux (2008) : « nous communiquons pour mieux nous comprendre et, ce faisant, générons de l’incompréhension » ? Un paradoxe et une inquiétude martelés par un Dominique Wolton dont les titres d’ouvrages semblent constituer une trame argumentative : Internet. Et après ?(2000)... Informer n’est pas communiquer (2009).

Faut-il, avec Jean-Michel Besnier (2013) être profondément pessimiste et considérer que « L’utopie de l’homo communicans est celle d’un être désubstantialisé, soumis au nomadisme et au « bougisme » que nous apparentons pathétiquement à de la liberté, celle d’éternels touristes qui ne séjournent jamais nulle part. […] Il y a de la naïveté dans ces spéculations, mais elles en disent long sur l’obstination que nous éprouvons à vouloir nous débarrasser de ce qui fait de nous des hommes et des femmes. A l’ère du numérique, l’humanité révèle combien elle voudrait en finir avec elle-même. »

Devons-nous avec Pierre Ansart (2002) rejeter le terme même d’utopie ? « Les promesses contemporaines d’une communication généralisée au niveau planétaire, les images d’une communauté indéfinie de dialogues pacifiés paraissent justifier l’emploi du terme d’utopie pour désigner l’ensemble de ces représentations, fortement chargées d’imaginaire et d’affectivité, qui accompagnent aujourd’hui les pratiques de communication. [… Mais] quel sens revêt ce terme incertain en ce qui concerne les communications ? L’emploi du concept d’utopie serait-il abusif ? » Devons-nous plutôt admettre avec Olivesi (1996) l’utilité heuristique de l’utopie qui « permet de dépasser les oppositions usuelles entre fiction et réalité, imaginaire et réel, connaissance et action […] les récits utopiques ne divor[çant] du réel que pour mieux le ressaisir, en dégager l’essence » ?

Telles sont les questions auxquelles la communauté scientifique des sciences de l’information, de la communication et de la documentation est invitée à réfléchir pour l’édition 2014 du COSSI.

Axes thématiques Les communications peuvent prendre le cheminement de réflexions épistémologiques, conceptuelles, théoriques, pratiques sur les sujets listés ci-dessous, ou s’apparentant à ces sujets :

Utopies de l’information : big data, MOOC, e-learning, co-construction de l’information, journalisme citoyen, crowdsourcing, open data… Utopies de la communication : réseaux sociaux, foules numériques intelligentes, démocratie numérique… Utopies de la documentation : numérisation, accès universel, documentation durable, document enrichi… Utopies de l’intelligence économique : maitrise de l’information, intelligence en réseau, partage de l’information, open-innovation,…

Comité scientifique du COSSI 2014
Lynne Bowker, École des sciences de l’information, Université d’Ottawa, Canada François Brouard, Université Carleton, Ottawa, Canada Anne Cordier, Université de Rouen Viviane Couzinet, Institut Universitaire de Technologie, Université Toulouse-III, France Jacqueline Deschamps, Haute École de Gestion de Genève, Suisse Viviane du Castel, Institut Supérieur Européen de Gestion, Paris, France Raja Fenniche, Institut Supérieur de Documentation, Université de la Manouba, Tunisie Marcel Lajeunesse, École de Bibliothéconomie et des Sciences de l’Information, Université de Montréal, Québec, Canada Vincent Liquète, ESPE Aquitaine, Université de Bordeaux IV, France Monica Mallowan, Université de Moncton, Campus de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada Christian Marcon, Institut de la Communication et des Technologies Numériques, IAE - Université de Poitiers, France Dominique Maurel, École de Bibliothéconomie et des Sciences de l’Information, Université de Montréal, Québec, Canada Nicolas Moinet, Institut de la Communication et des Technologies Numériques, IAE - Université de Poitiers, France Florence Ott, Université de Moncton, Campus de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada Fabrice Papy, Université Nancy 2, France Shabnam Vaezi, Institut Universitaire de Technologie, Université de Tours, France
Modalités de soumission
Les propositions doivent être rédigées sous forme de résumés en français d’une longueur d’environ 7000 signes (environ deux pages, espaces compris), police Times New Roman, taille 12 points, sous format Word.

Afin de préserver l’anonymat des propositions, la première page doit contenir :

le titre de la proposition,
les noms, les coordonnées de l’auteur ou des auteurs,
leur affiliation institutionnelle,
l’axe dans lequel la proposition s’inscrit,
cinq à sept mots-clés.

La deuxième page et les suivantes contiendront :

le titre,
le texte de la proposition,
une courte bibliographie.
Le respect de ces consignes permettra au comité scientifique de procéder en toute impartialité à l’évaluation de la pertinence des propositions soumises.

Merci d’envoyer votre proposition à : observatoirePROVIS@umoncton.ca

Note

Aux fins de l’évaluation, la proposition devrait refléter les sections d’usage dans la rédaction scientifique :

problème de recherche,
recension des écrits,
méthodes,
résultats,
discussion
A titre de référence, voir les Actes du COSSI 2013 à l’adresse http://www.umoncton.ca/umcs-cossi/
Calendrier du colloque
Date limite pour la soumission des propositions (résumés) : le 28 février 2014
Évaluation des propositions : mars 2014
Avis aux auteurs : le 31 mars 2014
Version finale des propositions (35000 signes espaces compris) : le 31 mai 2014
Inscription des conférenciers et des participants : à partir du 15 mars 2014

Présidence du COSSI Christian Marcon, co-président, maître de conférences HDR, directeur de l’Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers, France

Monica Mallowan, co-présidente, professeure agrégée, Université de Moncton, Canada

Comité organisateur Nicolas Moinet, professeur en sciences de l’information et la communication, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Laboratoire CEREGE Pierre Fayard, professeur en sciences de l’information et la communication, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Laboratoire CEREGE Isabelle Hare, maître de conférences en sciences de l’information et la communication, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Equipe de recherche ELICO Mariannig Le Béchec, maître de conférences en sciences de l’information et la communication, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Laboratoire CEREGE Christian Marcon, maître de conférences en sciences de l’information et la communication, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Laboratoire CEREGE Camille Alloing, docteur en sciences de l’information et la communication. Attaché temporaire d’enseignement et de recherche, Icomtec - Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers. Laboratoire CEREGE Marina Belavoir, doctorante en sciences de l’information et la communication. Laboratoire CEREGE Informations pratiques Toutes les informations pratiques seront disponibles sur le site de l’Icomtec à partir du 1er mars 2014.

Pour informations : cossi2014@iae.univ-poitiers.fr

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-communications-colloque,5072.html

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