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AAC Journée d’étude "Visions et prophéties au cinéma", Louvain, décembre 2019

Date limite : 24 mai 2019
Le groupe de recherche Cinespi de l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve) organise une journée d’études du 12 au 13 décembre 2019 sur le thème des visions et prophéties au cinéma.

Au cinéma, les formes prises incluent les rêves prémonitoires, les expériences subliminales à la limite de la conscience, les signes disséminés dans le récit filmique qui témoignent de la présence de cet ordre surnaturel (dont le ou les personnages ont conscience ou non). La vision comme la prophétie impliquent donc un instant où un « autre monde » se révèle au monde du réel. C’est sur ce moment particulier de la révélation que la journée d’études portera.

Parfois seulement anecdotique ou illustratif, il arrive que l’instant de la révélation soit essentiel à l’histoire racontée. Souvent, il constitue une étape charnière dans le parcours du héros, plus spécifiquement quand il l’aide à définir son action ou à lui donner pleinement son sens. Ce faisant, il ouvre sur les questions complexes du rapport entre le réel et le monde invisible, voire divin que soit sur le plan individuel ou collectif.

De même, cet instant offre de s’interroger sur le rôle et les capacités du cinéma en la matière. Car s’il est représenté, c’est à l’aide de dispositifs esthétiques, techniques et narratifs qui invitent eux aussi à un décryptage : effets spéciaux et numériques, effets de focalisation, inserts, surimpressions, hors champ, choix de montage, durée des plans… sans oublier les effets sonores ou le choix de certaines plages musicales.

L’instant de révélation peut se retrouver dans tous les types de réalisations audiovisuelles, lesquels sont donc tous a priori à considérer : fictions, documentaires, longs ou courts métrages, séries… Les contenus des œuvres peuvent relever de confessions reconnues (chrétiennes, juives, hindoues, musulmanes, bouddhistes…) ou présenter un contenu spirituel non religieux. Le thème étant très ample, la réflexion portera avant tout sur la production audiovisuelle après 2000.

Axes de recherche Divers axes sont possibles pour aborder le thème, parmi lesquels :

1) Axe esthétique et narratif

Les choix de représentation de l’instant de la révélation sont nombreux et variés et méritent d’être étudiés. Certains cinéastes utiliseront des moyens cinématographiques importants (dont un usage massif d’effets spéciaux), souvent pour souligner le caractère grandiose et exceptionnel de l’expérience montrée. À l’opposé, d’autres feront appel à des signaux plus discrets (le vent dans les feuillages, le son d’une voix…), lesquels auront tendance à suggérer la fugacité, voire l’indicibilité d’un événement, d’une expérience. De même, on notera que certaines oeuvres suivent des procédés narratifs complexes (multiplicité des points de vue et des temporalités, flashback et flashforward…), alors que d’autres se contentent d’une structure classique, neutre et continue.

2) Approche par motif

Un même motif peut surgir dans différents films. Il peut s’agir d’un moment fameux du récit biblique (le Buisson ardent, les tentations du Christ, le chemin de Damas…) ou de l’histoire religieuse (les « voix » de Jeanne d’Arc), de personnages classiques ayant une ou des visions (un prophète, un faux prophète, un missionnaire...), d’apparitions archétypales (le Diable, la Grâce, la Nature…) ou de phénomènes affectant la nature, l’art, l’environnement, les personnes (déformations physiques). La diversité du traitement de ces motifs pourra être étudiée dans une perspective esthétique et/ou historique.

3) Axe auctorial

Pour certains metteurs en scène accomplis, la représentation de visions ou prophéties est fréquente. C’est le cas pour Malick, von Trier, Lynch, Scorsese, Haneke… Il sera intéressant de parcourir leur œuvre à partir de la question de l’instant de la révélation.

4) Axe anthropologique

Il sera aussi intéressant de s’interroger sur le personnage du « voyant » (ou prophète) : son statut, ses qualités, son rôle, son écoute, son milieu social. Dans quelle mesure s’inscrit-il dans la tradition iconographique, religieuse au cinéma ? Comment se définit-il par rapport à d’autres personnages qui jouent un rôle important dans la vie en société (scientifiques, artistes, hommes politiques…) ? Celui qui voit invite à réfléchir à ce qui est vu et au sens qui lui est donné (l’avenir, le royaume des cieux, le rôle d’êtres mystérieux dans la nature), éventuellement avec un message (une information, une mission à accomplir). Enfin le choix du cadre où la révélation s’opère (le désert, la montagne, le lieu de culte…) méritera aussi d’être abordé, dans la mesure où il est rarement neutre.

5) Axe théologique

L’instant de la révélation peut être mis en lien avec les « signes et les prodiges » les miracles ou les visions bibliques qui sont des formes d’excès par rapport à l’expérience naturelle. À partir de P. Schoonenberg, on peut voir le signe comme un fait frappant, qui concerne une perception objectivante, ensuite comme l’indication d’un rapport interpersonnel, enfin souvent comme un appel et une promesse liée (ou une mise en garde), qui peuvent devenir un signe de lecture dans le dialogue entre Dieu et l’homme et contenir donc un message. Il s’agit dès lors de recourir à l’interprétation, dans l’horizon de compréhension historique, culturel et social du voyant à l’instant de révélation. Dans le domaine du récit, le souvenir des révélations joue un rôle structurant pour une communauté, en vue d’une actualisation et d’une ouverture vers le futur. On se demandera quel imaginaire est sollicité, quelles sources sont mobilisées, quels procédés sont mis en jeux (explicites ou implicites…), quel sens est donné à l’œuvre, et par qui.
Modalités de soumission
Les chercheur·e·s désireux/ses de participer à cette journée d’études en rapport avec les axes de recherche évoqués sont priés de faire parvenir leur proposition à l’adresse électronique suivante, au plus tard le 24 mai 2019.

serge.goriely@uclouvain.be ou Serge.Goriely@uclouvain.be
La journée se déroulera en français sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve. Les communications en anglais sont toutefois acceptées.

Une publication est envisagée sous la forme d’un ouvrage collectif, aux Éditions Academia-L’Harmattan (collection « Imaginaires »).

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-Journee-d-etude-Visions-et.html

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