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AAC Journée d’étude "L’art de remonter le temps", Lyon, 5 avril 2017

Date limite : 10 février 2017
Cet appel à communication pour une journée d’études qui aura lieu le 5 avril 2017 à l’ENS de Lyon s’adresse à des chercheurs en études cinématographique, en histoire de l’art, en philosophie, en esthétique, en histoire ou en littérature qui entendent interroger la manière dont des œuvres peuvent réfléchir, éprouver et interroger notre conscience de l’histoire en préférant aux récits strictement chronologiques les motifs de l’anachronisme, de la rupture, de la promesse, de la répétition, du surgissement, de l’inversion ou de la doublure par une pratique, filmique ou non, du montage des images.

Les débuts du cinéma comme art sont contemporains de pensées qui font du temps historique l’objet d’un montage non linéaire de survivances et de césures. Avec Walter Benjamin et Aby Warburg, le présent se creuse du passé qu’il peut présentifier et de l’avenir qui le contemple, dans une temporalité qui se charge d’imminences et d’ajournements, de promesses et de répétitions. Au même moment, en Russie, là où les lendemains du grand soir ne donnent pas encore à penser l’imminence du désastre, Sergueï M. Eisenstein et Dziga Vertov confient au cinéma, chacun à leur manière, la double tâche de participer à l’histoire révolutionnaire en cours et de placer les arts sous le signe du montage.
À l’aune de cette configuration de la pensée européenne de l’entre-deux-guerres, sans obligation toutefois de s’y référer explicitement, cette journée d’études interdisciplinaire propose d’envisager l’art à l’époque du cinéma comme puissance de remonter le temps historique. Comment des œuvres se détachent-elles de la fiction consensuelle d’une linéarité du progrès ou d’une causalité sans répit de l’histoire, pour inventer des connexions nouvelles, pour imaginer des possibilités de rupture ou mettre au jour des survivances impensées ? Comment ouvrent-elles le temps au pessimisme d’une tragédie de la culture, au messianisme d’une venue déjà passée, imminente ou à jamais différée ou à l’utopie d’une césure radicale ? Au fond, peut-on penser l’art et l’histoire en miroir, comme deux types de montages du temps ? Comment imaginer alors le rôle des œuvres contemporaines face au recul de l’histoire (Hartog, 2002) ?
Cette journée d’études s’inscrit dans le décloisonnement actuel des études cinématographiques au contact de l’histoire de l’art et de la théorie des médias. Plus précisément, elle entend faire dialoguer deux grandes tendances contemporaines de l’esthétique du film en Europe. D’un côté, le retour insistant du montage comme catégorie centrale pour penser le cinéma, du côté d’une énergétique du plan (Faucon, 2013), d’une poétique du remploi (Blümlinger, 2013), d’une politique de la dislocation (Deville, 2014) ou d’une esthétique de l’intervalle (Aumont, 2015). De l’autre, l’usage de plus en plus fréquent par les esthéticiens du cinéma des concepts de l’histoire de l’art, notamment de l’iconologie warburghienne (Vancheri, 2013 ; Cheval, 2013 ; Durafour, 2016). Cette journée vient ainsi prolonger quelques tentatives récentes de penser les images en mouvement et le mouvement des images, sans se limiter au seul cinéma, à partir de l’Atlas d’Aby Warburg (Michaud, 1988 ; Sierek, 2009, Didi-Huberman, 2010).
Les propositions peuvent se situer dans ces différents axes :

L’étude de films dont le montage ouvre une réflexion sur la non linéarité du temps historique
L’études de formes filmiques spécifiques : found footage, essais filmés, etc. ou de figures filmiques spécifiques : inversions temporelles, ralentis et accélérés, répétitions d’images, etc.
L’étude de formes visuelles non filmiques ayant recours à une pratique du montage (atlas, série d’images, tableau, photographie ou toute image fixe dont la composition est marquée par son hétérogénéité, installations multimédia…) et pour lesquelles « remonter le temps » peut s’entendre comme effet esthétique ou plus littéralement comme (science-)fiction
L’étude de textes de Warburg, de Benjamin, d’Eisenstein, de Vertov, de Kracauer ou de tout théoricien invitant à penser l’art comme remontage anachronique, révolutionnaire ou messianique de l’histoire.

Modalités de soumission
Les propositions (environ 3000 caractères) accompagnées d’une notice bio-bibliographique sont à envoyer

avant le 10 février

à olivier.cheval@ens-lyon.fr ; elles seront retenues par l’organisateur en fonction de leur pertinence et de leur originalité ; les approches transversales et interdisciplinaires seront privilégiées.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-Journee-d-etude-L-art-de.html

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