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Appel à communication

Colloque international "Dispositifs d’écriture des spectacles sportifs. Médias, arts et espace", 8, 9 et 10 décembre 2010, Université Paul Verlaine-Metz (France).

Depuis la Révolution industrielle, le succès grandissant des spectacles sportifs résulte en grande partie de son adéquation aux formes anciennes et contemporaines de communication (de la presse illustrée à l’internet) et d’expression artistiques (de la sculpture aux arts numériques). Pendant plus d’un siècle, la structure profonde de l’imagination historique a dessiné la relation entre le sport et ses multiples formes de représentation articulées autour de l’accomplissement d’une perception esthétique, d’une opération cognitive et d’un engagement idéologique.
Écrire le sport, son passé, son présent et son avenir, suscite donc un dialogue transversal entre les disciplines liées aux sciences humaines, aux lettres et aux arts. Les approches critiques ont conféré à ce phénomène hypervisible une dimension sociale totale en fondant ses études sur l’analyse de traces écrites, sonores, visuelles et matérielles. Certes, si l’histoire n’est pas assujettie à ses nombreuses représentations, il convient tout de même d’en considérer les empreintes équivoques qu’un esprit du temps exhibe (hégémonie médiatique), enfouit (archives ignorées ou délibérément effacées) et transcende par la création (fictions, œuvres plastiques, chorégraphies, installations urbaines, etc.). Celles-ci sont autant d’indices de preuves (dont l’effet est de clôturer le récit), que d’arguments (qui au contraire ouvrent et nourrissent le récit).
À ces problématiques distinctes s’ajoute l’hybridation qu’offre la surmodernité constitutive du spot moderne (Augé). Ainsi n’est-il plus aujourd’hui dérisoire d’accorder dans un même temps, le statut d’œuvre à un article de presse (Antoine Blondin, Jean Hatzfeld, Christian Montaignac, Denis Lalanne, Serge Loupien, Olivier Merlin, Jacques Verdier, etc.), à un documentaire (Jean-Christophe Rosé, William Klein, etc.) ou à une réalisation télévisuelle d’événement sportif (Pierre Badel, Jean-Paul Jaud, etc.), et celui d’informer le réel à une fiction (Michel Leiris, Julien Gracq, Georges Perec Albert Camus, Jacques Derrida, Robert Musil, Alfred Jarry, Ernest Hemingway, etc.) ou à des artistes contemporains (Jean Tinguely, Edouard Levé, Valérie Belin, Franck Scruti, Daniel Buren, Melik Ohanian, etc.). De ce point de vue, les écritures de spectacles sportifs posent la question anthropologique de l’organisation graphique du jeu.

L’objectif de ce colloque est justement de questionner et de confronter la diversité de ces traces inscrites dans des dispositifs précis. Trois axes de réflexion seront privilégiés et pour lesquels une liste non exhaustive de thèmes de discussion vous est proposée :

Axe 1 Les formes d’écritures médiatiques
Si la médiation des spectacles sportifs a généré une abondante littérature, renseigne-t-elle pour autant sur la spécificité de ses procédés d’écriture ? Importés d’autres formes audiovisuelles, le direct, le ralenti, le montage, la mobilisation intense des outils numériques sont autant de procédés intentionnels à considérer dans l’objectif de construire l’identité d’un dispositif de technologie sophistiqué. Corrélativement, du point de vue du public, quels sont les modes de lecture et d’appropriation de l’écriture médiatique du sport ?

Axe 2 La résistance du spectacle sportif aux formes d’expression artistique
La dimension esthétique du sport est indiscutable. A la fin du XIXe siècle, la peinture et la photographie l’ont célébré et ont participé à consolider un lien imaginaire très fort au public. Malgré une certaine forme de mise en accusation, cet objet d’étude renvoie à une profonde expérience historique. Il faut attendre le tournant des années 1980 pour remarquer la présence grandissante du sport dans les pratiques artistiques contemporaines. Pour reprendre l’expression du critique Jean-Marc Huitorel, auteur en 2005 de La Beauté du geste. L’art contemporain et le sport (éditions du Regard), il existe donc d’extrêmes porosités entre ces deux réalités favorisant « l’irruption massive des images et des attitudes sportives au coeur des pratiques artistiques ». Quelle est la part du sport dans l’inspiration artistique ? Quelle dramaturgie porte en elle l’argument du sport ? D’autres pistes comme l’héroïsation, la représentation des corps, du mouvement, du rythme pourraient susciter des angles de communication…

Axe 3 Des lieux de pratiques aux espaces de représentations sportives
Le sport de haut niveau constitue-t-il un enjeu majeur pour la politique des villes ? Peut-il constituer un facteur de cohésion urbaine ? Quelles sont les influences de la scripturalisation des lieux de sport sur la pratique des disciplines (les piscines, les gymnases, etc.) ? L’architecture des nouveaux stades tend-elle à privilégier le spectacle sportif en tant que réalité autonome, complexe et multifocalisée au détriment de la performance du jeu lui-même ?

Comité scientifique
Valérie BONNET, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, LERASS, IUT A, Paul Sabatier-Toulouse 3.
Hugh DAUNCEY, Professeur, The Northern Media Research Group, Newcastle University, UK.
Gérard DERÈZE, Professeur en communication, Université catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique.
Yvan GASTAUT, Maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Nice Sophia-Antipolis.
Roland HUESCA, Professeur en esthétique, Université Paul Verlaine-Metz. Pierre LANFRANCHI, Professeur en histoire, Department of Historical and International Studies, De Montfort University, Leixeter, UK.
Guy LOCHARD, Professeur en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 3.
Benoît MELANÇON, Professeur au département d’études françaises de l’Université de Montréal, Québec.
Patrick MIGNON, Sociologue, Chargé de conférence à l’EHESS, Chercheur à l’INSEP au Laboratoire de sociologie du sport de l’Institut National des Sports et de l’Education Physique (INSEP).
Jean-Marie PRIVAT, Professeur de littérature, Université Paul Verlaine - Metz.
Jacques WALTER, Professeur en sciences de l’information et de la communication, directeur du CREM (Centre de recherche sur les médiations), Université Paul Verlaine-Metz.

Modalités de soumission des propositions
Date limite de réception des propositions : 15 mars 2010.
Notification d’acceptation aux auteurs après examen en double aveugle par le comité scientifique : 17 mai 2010.
Date limite d’envoi du texte intégral des contributions acceptées : 4 octobre 2010.
Un protocole de rédaction précis sera adressé aux auteurs pré-retenus.

Format des propositions :
- 1 page isolée comportant le nom, l’appartenance institutionnelle, le titre de la communication et les coordonnées de l’auteur (adresse électronique, téléphone)
- Sur 2 autres pages : un résumé de la proposition de communication : 6 000 signes (espaces compris, Word, Times 12, interligne 1,5) faisant apparaître le titre de la proposition, la problématique, le cadre théorique, la méthode et les résultats.

Langue du colloque : français
Frais d’inscription, comprenant le déplacement, l’hébergement, la restauration, les pauses et la publication des actes : 190 €
Les propositions de communication seront adressées à Jean-François Diana : diana@univ-metz.fr

Comité d’organisation
Cécile BANDO (Université Nancy 2), Hélène BOULANGER (Université Nancy 2), Jean-François DIANA (Université Paul Verlaine-Metz), Isabelle GAVILLET (Université Paul Verlaine-Metz), Pierre MORELLI (Université Paul Verlaine-Metz), Jean-Matthieu MEON (Université Paul Verlaine-Metz).

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Colloque-international-Dispositifs.html

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