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Appel journées d’études "Gratuité, culture, et communication : les ressorts de la gratuité dans les échanges informationnels", Toulouse, 15-16-17 mars 2011.

« C’est gratuit ! » Qui n’a jamais été confronté à cette proposition en principe dénuée de contrepartie financière ? Aujourd’hui, la gratuité –réelle ou fictive– ne relève plus de l’offre exceptionnelle accordée par faveur ou par bienveillance. L’offre gratuite dont Internet a favorisé l’essor investit les domaines de l’information (journaux, télévisions, radio, etc.), de la communication (messageries instantanées, courriels, téléphonie, etc.), de la production culturelle (livres numériques, films et musique en streaming, expositions muséographiques virtuelles, encyclopédies participatives, etc.) et même de celle des outils technologiques donnant accès à l’ensemble des ces services (logiciels libres). En passe de devenir la forme dominante de ce type d’échanges, cette gratuité engendre de nouveaux processus de consommation et se positionne peu à peu comme le fondement d’une culture et (ou) d’un patrimoine se voulant collectifs.
La tendance est telle que les métiers de la culture et du patrimoine ne semblent plus pouvoir envisager leurs pratiques professionnelles sans ce recours au gratuit qui a pris naissance virtuellement puis s’est déplacé peu à peu dans le monde réel par le biais d’événements ponctuels ou permanents à destination d’un public élargi (Journées européennes du patrimoine, Lire en fête/À vous de lire, Printemps des poètes, Semaine de la langue française, La nuit des musées, Fêtes de la musique et du cinéma…). Pourtant cette gratuité ne rencontre pas le même accueil auprès de l’ensemble des professionnels du patrimoine, de la culture et de l’information. Certains s’indignent de la mort annoncée de la culture et du patrimoine (diminution des financements et des budgets, augmentation des coûts, uniformisation des contenus, etc.). D’autres se félicitent de la démocratisation des ressources et des pratiques culturelles. Tandis que d’aucuns vantent les mérites de la gestion collaborative des connaissances et des compétences en contrepartie de la mise à disposition gratuite de ressources (logiciel libre, open source). Ces divergences d’appréciation s’expliquent par le fait que ces professionnels n’appréhendent pas la gratuité de la même manière, ni selon qu’ils relèvent du secteur privé ou public. Les premiers, soumis au principe économique de l’offre et de la demande, dégagent des bénéfices en imaginant de nouvelles formes de revenus issues de la gratuité (publicité imposée, gratuité partielle, etc.).
Les seconds opposent à cette économie de la gratuité la notion de service public, celle-là même qui pose l’accès gratuit à la connaissance et à l’éducation comme l’un de ses principes fondateurs. Mais confrontés à des contraintes budgétaires imposées par la société de marché, les professionnels du secteur public devront également, dans ce domaine, envisager de nouveaux modèles.
Afin de participer à ce débat et d’engager une réflexion commune sur cette problématique, le Département Archives et Médiathèque (DAM) de l’Université de Toulouse II Le Mirail, organise dans le cadre de son Master Ingénierie documentaire et édition, trois journées d’études sur le thème : « Gratuité, culture et communication : les ressorts de la gratuité dans les échanges informationnels ». Ces journées s’inscrivent dans les enseignements des trois parcours du Master 2 "Ingénierie documentaire et édition". Leur objectif est non seulement de contribuer à développer une dimension recherche au sein de formations professionnalisantes, au moyen d’une réflexion commune autour de cette thématique, mais aussi de nouer un dialogue entre scientifiques et professionnels des métiers de la culture et du patrimoine. Elles s’attèleront tout particulièrement à répondre aux questions suivantes :
- Quelles sont les formes prises par la gratuité dans les métiers des échanges informationnels publics et privés ?
- Comment les métiers de la culture et du patrimoine s’inscrivent-ils dans le modèle économique résultant de la gratuité (publicité imposée, consultation restreinte gratuite, etc.) ?
- La gratuité engendre-t-elle une transformation du rapport à la production informationnelle, culturelle et patrimoniale ? Ne s’opère-t-il pas une lente dissociation entre l’objet, dépositaire d’un intérêt culturel, scientifique ou historique, le contenu (texte, son, image, etc.) et le support de lecture, d’échange ou encore de commercialisation ?
- La gratuité engendre-t-elle des pratiques spécifiques –conscientes ou inconscientes–pouvant résulter d’une autocensure ou de prescriptions dictées par les professionnels des métiers du patrimoine et de la culture et/ou par les consommateurs ou les usagers ? Et dans ce contexte, le recours au gratuit ne peut-il être un outil de régulation des nouvelles pratiques culturelles et patrimoniales ?

Participation :
Les communications de 40 minutes présenteront une réflexion autour de cas d’études ou d’expériences professionnelles inscrites dans les enjeux actuels de la gratuité.
Deux tables rondes thématiques réuniront en priorité des professionnels autour des questions suivantes : « La Gratuité face au marché des industries culturelles : comment préserver la diversité ? » et « Le salaire de la gratuité : des services culturels à quels prix ? ». Les participants présenteront en 15 minutes une réflexion portant sur la thématique retenue.
Les propositions de communication (titre et résumé de 600 mots) et les notes d’intention pour les tables rondes (150 mots) sont à envoyer à mazzone@univ-tlse2.fr ou isabelle.theiller@univ-tlse2.fr avant le 30 septembre 2010.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-journees-d-etudes-Gratuite.html

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