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Appel à contribution "Intime et politique", revue Itinéraires, Littérature, textes, cultures, avril 2012.

Un numéro de la revue, Itinéraires, Littérature, textes, cultures sera consacré à « Intime et politique » et devrait être publié en avril 2012. Il s’inscrit dans le sillage du numéro : Pour une histoire de l’intime et de ses variations (sous la direction d’Anne Coudreuse et de Françoise Simonet-Tenant, Itinéraires. Littérature, textes, cultures, Paris, L’Harmattan, 2009-4, 200 p.) Il sera codirigé par Véronique Montémont et Françoise Simonet-Tenant.
Le genre grammatical du terme « politique » n’apparaît pas dans le titre choisi. Si nous contournons ainsi un débat linguistique subtil, c’est également une façon de laisser jouer la polysémie du terme : le terme est compris ici dans sons sens le plus large comme ce qui a trait au gouvernement des sociétés, et il recouvre à la fois le champ de la pensée et de l’action ainsi que les acteurs qui jouent un rôle dans les affaires publiques et détiennent le pouvoir. Le terme intime, depuis son apparition dans les dictionnaires français au XVIIe siècle, a vu ses acceptions se diversifier et s’étendre : de qualificatif, réservé à une relation d’affection ou d’amitié, il est ensuite utilisé dans de nombreux champs disciplinaires (théologie, sciences naturelles, psychologie) et finit par accéder au statut de substantif à la fin du XXe siècle. Le XVIIIe siècle a constitué une sorte de transition sémantique : à la problématique relationnelle s’est ajoutée l’idée d’une intériorité du sujet et de sa conscience. Le XXe siècle apporte de nouvelles nuances : l’espace de l’intime ne réside plus tant dans l’intériorité que dans la capacité à soustraire celle-ci à certains regards.
Sur la base de ces définitions, notre réflexion sur « Intime et politique » entend confronter les deux notions, interroger leurs relations dans une perspective diachronique. Dans quelle mesure les représentations qui mettent en opposition radicale l’intime, figuré comme un retrait narcissique, régressif et défensif, et le politique, entendu comme le lieu des échanges sociaux organisés et de l’ouverture à l’autre dans la perspective d’un gouvernement avisé de la cité, sont-elles réductrices voire erronées ? Comment l’un et l’autre s’interpénètrent-ils, au contraire, selon des modes variables au cours de l’histoire ? Plus concrètement, quelles traces de soi laisse-t-on affleurer dans des écrits politiques à travers les siècles, notamment au plan du lexique ? Peut-on même parler de « stratégie de l’intime » dans des essais ou des traités qui n’ont pas vocation à mettre en scène l’intériorité ? À l’inverse, comment le politique trouve-t-il sa place et son expression dans les écrits de la sphère intime que peuvent être le journal, la lettre ou l’autobiographie ? Ces écrits donnent-ils à la représentation du politique une tonalité particulière ? Pourquoi l’existence même de ces écrits et leur utilisation sont-elles indissociables d’une certaine idée du politique et constituent-elles un retranchement critique susceptible de garantir un fonctionnement sain du politique et de remédier à ses déficiences ? Dans quelle mesure, en revanche, une utilisation dévoyée des écrits de l’intime – soit que l’injonction à l’expression intime devienne le dispositif d’un pouvoir oppressif, soit que l’instrumentalisation de l’intime jette le discrédit sur le rapport entretenu par le citoyen avec le politique – met-elle en danger l’équilibre de la cité ?

Les propositions d’articles (sous forme d’un argumentaire qui comportera de 10 à 15 lignes) doivent être envoyées à V. Montémont (veronique.montemont@uhp-nancy.fr) et F. Simonet-Tenant (francoise.simonet-tenant6@orange.fr) au plus tard le 28 février 2011.

Un comité scientifique examinera les propositions envoyées.

Les auteurs retenus seront informés au plus tard le 15 avril.

Les articles (30 000 signes maximum, espaces comprises) devront nous parvenir au plus tard le 15 juillet.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-contribution-Intime-et.html

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