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AAC colloque « Penser le cinéma et la littérature à travers la culture visuelle »

Date limite : 6 septembre 2017

Les rapports entre le cinéma et la littérature ont été longtemps centrés sur la question de l’adaptation. Parmi d’autres, diverses approches enrichissent le débat comme le dépassement de la notion de « fidélité » (A. Bazin), la critique de l’iconophobie et de l’ethnocentrisme inhérents à l’adaptation (R. Stam), mais également l’étude de la critique cinéphilique et des références littéraires dont elle est ponctuée, ou la dimension visuelle de l’écriture et son intersection avec l’écran de cinéma dans l’optique de la « grammatologie » derridienne (T. Conley). Inversement, le cinéma apparaît comme une catégorie critique de l’analyse littéraire, comme le montrent les réflexions d’Eisenstein sur cinéma et littérature (voir le colloque « Cinématismes, la littérature au prisme du cinéma », organisé par J.-L. Bourget et J. Nacache), ou celle de « restriction de champ », d’abord utilisée par Georges Blin à propos de Stendhal, puis poursuivie par la « focalisation » de Gérard Genette (L. Jullier et G. Soulez).
Dans le cadre du premier volet de ce programme de recherche, nous souhaitons aller plus loin et aborder la culture visuelle comme une médiation pour penser la relation entre la littérature et le cinéma.
La culture visuelle peut être définie provisoirement comme un espace de coexistence de dispositifs visuels, de discours, de représentations permettant les regards d’un médium sur l’autre, l’émergence de formes d’emprunts, d’hybridation et d’intermédialité.
La culture visuelle introduit une tension avec l’histoire. D’une part, on peut interroger la relation entre le cinéma et la littérature du point de vue de l’histoire des techniques et de la visualité (J. Crary), de l’horizon d’attente sensoriel propre à un lieu et à une époque (expériences du train, de la vitesse, de la foule, des appareils optiques nouveaux, etc.) et plus largement, du point de vue du champ social qui constitue le regard, la subjectivité, l’identité, le désir, la mémoire et l’imagination (W.J.T. Mitchell).
D’autre part, la culture visuelle interroge la relation entre le cinéma et la littérature en posant la question de la prégnance ou des résurgences éventuelles de schémas anthropologiques, psychologiques, mythiques ou sensoriels qui ouvrent éventuellement la voie à un renouvellement de l’historicité du regard, par-delà la spécificité des médiums et les époques.
La réflexion permettra alors de s’interroger sur la culture visuelle considérée comme la part commune au cinéma et à la littérature pour comprendre la question de la forme et ses interprétations.
Les axes de recherche privilégiés sont les suivants :
de quelle façon l’étude de la culturelle visuelle permet-elle d’observer la morphologie spécifique, les conditions de production et de réception de l’imbrication du texte littéraire et du film ?
quelles sont les modalités du « pré-cinéma » dans les cultures littéraires et visuelles qui ont précédé l’invention du cinématographe ? dans quelle mesure les « jouets philosophiques » du XIXe siècle évoqués par J. Crary (dioramas, géoramas etc.) ont-ils nourri la pensée, la littérature et le cinéma ?
dans quelle mesure la littérature recourt-elle à des catégories esthétiques pré- ou post-photographiques ou pré- ou post-cinématographiques, et ce jusqu’à aujourd’hui ?
dans quelle mesure la relation entre le cinéma et la littérature est-elle marquée par une pratique sociale de l’espace et du temps propre aux cultures visuelles dans lesquelles elle prend forme ?
dans quelle mesure les questions de l’irreprésentable et de l’indicible sont-elles le produit d’un dialogue entre le cinéma, la littérature et les cultures visuelles ? la question du visible, du lisible et des régimes scopiques dans leur rapport aux pouvoirs (classes sociales, genre, ethnicité, nation, etc.).
la critique de film dans son rapport à la critique littéraire et à la critique d’art.

On souhaiterait, en parallèle aux études de cas, ou de façon indépendante, contribuer à une réflexion épistémologique, dans au moins deux directions :

quels rapports renouvelés peut-on envisager entre les études visuelles, les études littéraires et cinématographiques vis-à-vis d’autres disciplines ? (esthétique, histoire de l’art, sociologie, communication, approche cognitive, étude des médias digitaux, etc.).
quel rapport envisager entre les études visuelles, l’histoire de la littérature, l’histoire culturelle et l’histoire du cinéma, à travers la question des relations entre le cinéma et la littérature ?

Les propositions de communication (500 mots max.) ainsi qu’une bio-bibliographie sont à adresser par e-mail aux co-organisateurs avant le 6 septembre 2017 :

ludovic.cortade@nyu.edu
guillaume.soulez@univ-paris3.fr
Les communications peuvent être en français ou en anglais.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-colloque-Penser-le-cinema-et.html

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