SPHM Infos

envoyer l'article par mail title= envoyer par mail Version imprimable de cet article Version imprimable Augmenter taille police Diminuer taille police

Appel à contribution "Les compétences médiatiques des gens ordinaires", Recherches en Communication.

La revue Recherches en Communication se consacre à l’étude des problématiques liées au champ de la communication, pris dans son extension la plus large, en développant prioritairement une réflexion fondamentale, sans négliger les analyses liées à des objets spécifiques. Le présent appel concerne un numéro intitulé : Les compétences médiatiques des gens ordinaires ;
Ce numéro sera coordonné par Pierre Fastrez et Thierry De Smedt.
Que le début du 21e siècle connaisse une nouvelle explosion médiatique sous l’impact du multimédia interactif en réseaux n’est contesté par personne. De même, rares sont ceux qui s’opposent à considérer que ce développement médiatique repose la question des conditions de l’autonomie, aux sens intellectuel, affectif et comportemental, de l’individu et des groupes humains, comme l’avaient fait en leurs temps, l’invention de l’écriture, de l’imprimerie et des images animées.
Si la nécessité de développer une littératie médiatique, concernant tant l’art de lire et comprendre, de chercher, organiser et diffuser, que celui de produire des médias, est l’objet d’un consensus de plus en plus partagé dans les pays industrialisés, la mise en place des moyens de ce développement reste encore l’objet de bien des interrogations.
Cette problématique articule deux thématiques : 1) celle de la place des médias dans l’environnement contemporain d’une part, et 2) celle du développement et de l’épanouissement humain et de ses conditions de l’autre.

1) Aujourd’hui, les médias constituent une part majeure de la relation des individus à leur environnement (social, culturel, économique, physique...). Depuis l’avènement de la discipline communicationnelle, le regard posé sur les médias s’est considérablement modifié. Les moyens de communication, qui ont focalisé le regard des premiers chercheurs à s’y intéresser, étaient considérés alors comme des vecteurs neutres d’information. Leur efficacité était vue comme dépendant essentiellement de la compétence de l’agent que les premières terminologies d’alors appelaient « émetteur ». Par ailleurs les médias étaient aussi considérés par de nombreux chercheurs, sous un angle critique, comme des "appareils idéologiques" dotés de pouvoirs massificateurs et oppressifs.
A présent, même si ces regards fondateurs de la discipline communicationnelle ont laissé bien des héritages, la recherche sur l’histoire sociale des systèmes médiatiques accepte progressivement l’idée que ceux-ci constituent une méga interface, d’une part entre les membres de la société et, d’autre part, avec le monde réel.
De plus, l’intérêt communicationnel porté aux médias s’étend aujourd’hui, sous l’évolution du paysage médiatique, à d’autres réalités que le transport efficace de l’information. Les médias sont considérés comme les nouveaux lieux de la participation sociale et, autant, comme des réservoirs communs de figurations du monde et même comme des technologies de la pensée.

2) Par ailleurs, chaque citoyen pense savoir assez bien quels seraient les besoins élémentaires généraux d’un développement humain, individuel et collectif, même s’il n’existe pas de consensus social stable sur la liste de ces besoins. Les discussions récurrentes sur les finalités de l’école en témoignent.
La question du développement d’une culture médiatique revient alors à se demander comment articuler l’évolution des techniques et pratiques médiatiques avec les conditions du développement humain, individuel et collectif. Cette articulation peut s’envisager dans les deux directions. D’une part, des médias vers les personnes : quelles seraient les conditions et modalités de création d’un environnement médiatique suffisamment bon pour le développement de l’être humain en société ?
D’autre part, des personnes vers les médias : quelles sont les conditions et modalités de développement des capacités de chacun, à penser, à ressentir et à agir, de manière personnelle et socialisée, dans un environnement médiatique donné ? Ce sont ces capacités que nous désignons par les termes de « compétences médiatiques » : les habiletés individuelles et collectives générales qui conditionnent l’art de vivre dans et avec les médias.

Ce numéro de Recherches en Communication se concentre donc sur la seconde question, en considérant l’environnement médiatique comme un donné, sans nier, toutefois, qu’il est en partie construit par les pratiques et les usages.
Nous proposons d’envisager la question du développement de ces compétences à trois niveaux :
- Premièrement, sont-ce des compétences ? Est-ce que ces capacités, ces potentialités, répondent bien à la définition de ces que les psychopédagogues appellent des compétences, ou s’agit-il d’un objet qui appelle une autre dénomination ou une autre définition ?
- Deuxièmement, quelles sont-elles, ces compétences ? Comment les caractériser, les préciser, les décrire ? Quelles en sont les disciplines fondatrices ? Quelle en est la cartographie ? Comment s’articulent-elles et s’organisent-elles entre elles et avec d’autres compétences de l’agir contemporain ? Peut-on établir une organisation hiérarchique allant de compétences générales (indépendantes des contextes particuliers dans lesquels elles s’exercent) à des compétences spécifiques (en termes de technologies médiatiques, par exemple) ? Leur expression à travers différentes attitudes et différents comportements dans le chef des individus témoignent-elles du fait qu’elles sont spécifiques ou spécifiées ? Quelles catégories de compétences sont pertinentes en regard du développement de la littératie médiatique, aujourd’hui et dans un futur prévisible ?
- Troisièmement, comment les reconnaître, les détecter, les comparer, les mesurer, les développer ... ? On touche ici à la question de l’évaluation de ces compétences, qui suppose que l’on puisse les observer, et les confronter à une norme, à un étalon. Dans quels cas une évaluation quantitative, sur une échelle unique ou multivariée, a-t-elle du sens ? Dans quel cas, corollairement, une évaluation qualitative, basée sur des différences de nature, des typologies et des topologies est-elle pertinente ? Comment traduire l’évaluation des compétences en termes d’objectifs pour l’éducation aux médias ? Quelle est la cartographie disciplinaire possible d’un enseignement et d’une éducation ? Ces questions, vastes et nombreuses, sont particulièrement pertinentes à l’heure où l’organisation des éducations aux médias en vue de produire de la littératie médiatique est à l’ordre du jour que ce soit au hasard d’évènements survenant en classe, en famille, au travail, dans la presse..., ou dans la conception des systèmes formels et informels de formation initiale et continue.

Les propositions de contributions à ce numéro pourront prendre la forme de contributions théoriques (en ce compris des revues de la littérature), de présentations de travaux de recherche empirique originaux, ou de propositions méthodologiques novatrices. Une place restreinte pourrait éventuellement être accordée à une bonne proposition de plaidoyer de nature intuitive, mais pertinente.
Elles devront respecter les consignes aux auteurs de la revue.
Echéancier de l’organisation du numéro :
Date limite des soumissions initiales : 30 juin 2010
Chaque proposition devra être soumise via le site de la revue et mentionner auquel des niveaux de la structure du numéro elle se rattache (nature des compétences, contenu des compétences, mesure des compétences).
Notification des auteurs : 30 septembre 2010
Date de soumission des versions finales des contributions retenues : 31 octobre 2010
Date de publication : 31 novembre 2010

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-contribution-Les.html

Dans la même rubrique