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Appel à contributions, colloque"Banlieues : quelles représentations contemporaines des quartiers « sensibles » ?" , Gênes, septembre 2015

Date limite : 10 mai 2015

Depuis les trente dernières années, le mot banlieue désigne l’inscription territoriale d’une question sociale, comme le souligne l’historienne experte de la banlieue parisienne Annie Fourcaut1. Très en vogue dans les débats médiatiques et politiques, notamment depuis les premières émeutes urbaines médiatisées des années 1990 jusqu’à arriver aux plus violentes en 2005, les banlieues entendues comme quartiers « sensibles », semblent rassembler autour d’elles et de leur jeunesse surtout, les connotations les plus disparates et péjoratives : paupérisation socio/économique, ségrégation résidentielle, dégradation du bâtiment, violence et délinquance. Nombreux sont les sociologues, philosophes, urbanistes et ethnologues contemporains qui signalent l’apparition de nouveaux phénomènes, au-delà du cas français, dans cet espace urbain. Celui-ci se configure, au niveau mondial, comme un champ ouvert au sein duquel de nouvelles formes de lutte, d’occupation, de consommation, de nomadisme s’instaureraient. La rhétorique et les représentations liées à ces lieux sont donc devenues expression d’un malaise saisi par les spécialistes comme « épicentre du problème social contemporain »2.

Le projet de ce colloque s’inscrit dans ce contexte d’actualité et vise à réfléchir sur les représentations sociales et artistiques contemporaines de ces lieux, incluant la littérature et les arts visuels tels que le cinéma, la photographie et les arts urbains. Ces formes artistiques sembleraient s’insérer dans une mouvance de contestation de l’autorité dominante par une remise en question de l’ordre établi. C’est pour cette raison que nous prenons en compte les discours critiques qui les accompagnent interrogeant la figure de l’auteur en tant qu’artiste responsable et/ou impliqué.

À ce titre, le projet s’insère dans le programme scientifique du laboratoire Interactions Culturelles et Discursives (ICD) de l’Université de Tours intitulé « Les paradigmes de l’autorité » aussi bien que dans le projet de recherche de l’Université de Gênes (PRA 2014) intitulé : « Conflictualité urbaine et imaginaire littéraire du tournant du millénaire à aujourd’hui ».

On privilégiera la pluridisciplinarité dans les communications, aussi bien qu’une ouverture vers d’autres figurations des marges urbaines, non seulement européennes mais aussi mondiales.

Axes thématiques Les trois pistes de réflexions autour desquelles nous pourrons travailler sont les suivantes :

Axe 1 : Réflexions socio-urbaines autour des zones marginales : des réalités « invisibles ».

Le premier axe questionnera l’affirmation selon laquelle ces périphéries s’imposent désormais comme la nouvelle « question urbaine »3. Depuis quelques décennies, en effet, émerge une topographie sociale toujours plus contrastée où les inégalités sociales et spatiales se mélangent créant des dispositifs d’exclusion. Pour le cas italien, l’architecte Renzo Piano et son équipe G1244 viennent de présenter au Sénat un premier rapport annuel totalement dédié à la restructuration des périphéries de Rome, Catane et Turin, depuis longtemps abandonnées et tenues à l’écart. Au cours de la présentation il a affirmé que le véritable enjeu social des prochaines trente années est la transformation des périphéries en villes. Ce qui revient à dire que la question des banlieues est l’un des plus grands défis auquel toutes les sociétés contemporaines devront faire face. C’est donc sur la portée de ces récentes réflexions et recherches socio-urbaines que nous nous interrogerons pour commencer.

Axe 2 : Au-delà du paysage, voyage en périphérie entre les arts visuels et la musique.

Le second axe de réflexion portera sur le rôle politique et social que les arts visuels (cinéma, vidéo, photographie, graffitis, arts numériques) et la musique (rap, slam et autres) jouent dans les multiples représentations des banlieues, qu’ils contribuent à la construction de clichés et de mythologies ou qu’ils s’attachent au contraire à les contester.

Axe 3 : Narrer les banlieues : quelle « implication » pour l’écrivain à présent ?

Le troisième axe accordera un espace privilégié à la littérature, en se focalisant sur ce que la critique appelle depuis les émeutes françaises de 2005 : « littérature des banlieues » ou « urbaine ». Nous rejoindrons alors la question du rôle de l’écrivain en tant qu’acteur dévoilant à travers ses fictions « critiques » un univers méconnu, ou connu seulement à travers l’image que nous en donnent les médias.

Modalités pratiques d’envoi des propositions Le colloque aura lieu à l’Université de Gênes les 16 et 17 septembre 2015.

Les propositions de communications, accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, doivent être transmises par courriel avant le 10 mai 2015 à l’adresse suivante : colloquebanlit2015@gmail.com

Une publication des actes est prévue.

Langues acceptées : français, italien.

Calendrier envoi des propositions de communication : avant le 10 mai 2015

acceptation des propositions : 1er juin 2015

colloque : 16 et 17 septembre 2015

Comité scientifique Elisa Bricco (Università di Genova) Serena Cello (Università di Genova) Catherine Douzou (Université de Tours) Christina Horvath (Oxford Brookes University) Nancy Murzilli (Università di Genova/Institut français d’Italie) Laura Reeck (Allegheny College) Comité d’organisation Elisa Bricco, Serena Cello, Anna Fochesato, Nancy Murzilli (Università di Genova) Contact colloquebanlit2015@gmail.com

http://banlit.hypotheses.org

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-contributions-colloque,5859.html

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