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Appel à communications, colloque "Les jeunes : acteurs des médias", Lyon, 11 avril 2014

Date limite : 5 janvier 2014

Les études récentes sur les publics, la réception et la participation contrastent avec les notions traditionnelles de spectateurs passifs. Fondées sur les différents exemples de cultures participatives qu’ils construisent, elles remettent définitivement en cause la relation de subordination et d’inactivité qu’ils entretiendraient avec les médias.

Pourtant, si ces théories et méthodes d’approche des publics et de leurs interactions avec les médias sont connues et globalement partagées, l’accusation de passivité persiste lorsqu’il s’agit de penser le public jeune. Ce public, réparti entre les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, est difficilement qualifiable sans être stigmatisé. Il semble encore trop souvent associé à une masse homogène face aux médias desquels il subirait la violence, la pornographie, les stéréotypes et l’effet encore plus pernicieux de l’homogénéisation culturelle. Les jeunes sont accusés de tous les maux : absence de distance critique, dépendance, surconsommation et abandon dans un univers virtuel, fanatisme, etc. Pourtant, et tout à fait paradoxalement, c’est à ce même public que l’on associe les prouesses de l’interactivité, du multitasking, de la créativité et de la socialisation en ligne. Ces accusations sont alors aussi l’occasion de souligner leur participation numérique active, leurs capacités de détournement créatif, leur grande aptitude à la polychronie et leur facilité à œuvrer au sein de la convergence médiatique. Finalement, ces accusations peuvent être lues comme des aveux de leur relation participative aux médias et d’une maîtrise dans leurs usages. Les jeunes sont aujourd’hui de véritables acteurs des médias. Ils les manipulent, les bricolent, les contournent, autant dans leurs contenus que par leurs dispositifs. Ils s’activent à la production de contenus numériques et jouent un rôle important dans le partage de ces contenus au sein d’une communauté de pairs, d’amis, ou dans une approche plus large de publicisation. Leur participation est alors tout autant individuelle que collective et implique une maîtrise plus ou moins aboutie de certains médias.

Ces acteurs évoluent donc au sein d’un réseau plus ou moins formel d’accompagnements (eux-mêmes étant plus ou moins actifs). Ils peuvent l’être par des pairs experts, qui apparaissent comme des communautés d’échange et de co-construction des compétences. Parfois directement issues de l’univers virtuel ou étant simplement une extension de leur vie sociale hors ligne, ces accompagnements permettent à l’usager d’améliorer ses connaissances des dispositifs, sa créativité et ses capacités techniques (par exemple dans les jeux vidéos), mais jouent aussi un rôle d’intégration, d’échange, de communication.

Les accompagnements sont aussi du ressort des adultes, à différents niveaux, qu’ils soient parents, éducateurs, chercheurs ou responsables politiques. Ces adultes peuvent exercer tour à tour un rôle de contrôle, de garant ou de conseil, tout autant qu’ils peuvent se sentir dessaisis d’un rôle particulier du fait qu’ils se sentent dépassés, exclus voire indifférents à ces pratiques.

Ces accompagnements peuvent donc être assurés dans une posture collaborative ou éducative, s’effectuer dans un univers virtuel, dans un cadre formel ou même dans un environnement plus commercial (fablab par exemple) ; ils peuvent servir des apprentissages techniques, critiques, créatifs, etc. Mais cet accompagnement a-t-il une place égale dans la relation jeunes/médias ? Peut-on alors considérer que cette relation se joue toujours dans une médiation (créative, technique, éducative) ? La participation est-elle alors toujours collaborative ?

Le colloque international « Les jeunes acteurs des médias, participation et accompagnements » sera l’occasion de questionner et d’explorer les pratiques médiatiques des jeunes et les modes d’accompagnement qui leur sont associés. Sont attendues à la fois des communications reposant sur des enquêtes de terrains originales et/ou s’attachant à interroger les enjeux théoriques liés à ces problématiques. Une attention particulière sera portée aux communications permettant d’engager des comparaisons à une échelle internationale.

Le colloque se tiendra à Lyon le Vendredi 11 avril 2014

Axes thématiques Les communications seront regroupées suivant les quatre axes suivants (les questions proposées se veulent exploratoires et indicatives) :

Axe 1 : Les pratiques médiatiques
- Quels jeunes pour quelles pratiques ?

- Comment comprendre les pratiques médiatiques des jeunes (quels outils, quelles méthodes) ?

- Y’a-t-il des spécificités nationales ? La comparaison internationale a-t-elle un sens ? Qu’en est-il de la variable de genre ?

- La pratique médiatique est-elle une action, une création, un bricolage ? Qu’en est-il de la réappropriation, du détournement, etc. ?

- Pratiques médiatiques et usages, quelles différences ?

- Y’a-t-il une culture jeune médiatique ?

Axe 2 : Les industries médiatiques
- Entre production et réception, les jeunes sont-ils des « consommacteurs » ? Comment les jeunes deviennent-ils acteurs d’un marché de consommation ?

- Penser de la relation usager/industries culturelles. Y’a-t-il influence, résistance, collaboration ? Comment les industries culturelles s’adaptent-elles aux pratiques médiatiques des jeunes ?

- Entre démarches commerciales et consommations alternatives, qui a le pouvoir (les tendances blog-consommateur, les réseaux alternatifs, etc.) ?

Axe 3 : Les accompagnements
- Les jeunes font-ils systématiquement partie de communautés de pairs ? Les pairs sont-ils des experts ? Quels rôles jouent-ils dans les apprentissages techniques comme dans les usages ? Les communautés de pairs participent-elles vraiment à « l’intelligence collective » ? L’environnement médiatique des jeunes génère-t-il l’innovation, le partage, la créativité ? Le pair expert fait-il partie d’un processus d’apprentissage informel ? Comment les jeunes découvrent-ils le sampling, skinning, modding, videomaking, etc. ?

- Comment l’école peut-elle accompagner les pratiques médiatiques des jeunes ? A-t-elle réussi à se créer une place dans l’accompagnement des pratiques médiatiques des jeunes ? Y’a-t-il un choc de culture entre la culture scolaire et la culture médiatique participative ? Doit-on penser une transition ? Comment se pense l’articulation éducation formelle et informelle aux médias ? Les structures institutionnelles savent-elles accompagner les jeunes ? Comment l’éducation populaire s’est-elle emparée de l’éducation des jeunes acteurs des médias ?

- Quelle place donner à l’accompagnement par des groupes privés voire commerciaux ? Les lieux de rencontre, ateliers de fabrication, événements numériques jouent-ils un rôle d’accompagnement ?

- Les adultes sont-ils présents dans la représentation que ces jeunes se font de leur sphère médiatique ? Sont-ils considérés comme des instances de contrôle ou comme des alliés à la participation ?

Axe 4 : Nouveaux usages, nouveaux modes d’accompagnement ?

- Quel cadre pour quel accompagnement ? L’accompagnement doit-il toujours être mouvant ? Ne doit-il être pensé que dans le cadre formel de l’école (sait-elle intégrer les médias ?), dans le cadre familial (peut/doit-il être contraignant ?), par l’institution (quelle place pour la régulation ?), par les pairs et dans le cadre social (quelle autonomie ?)… ?

- Dans quelle mesure les pratiques médiatiques bénéficient-elles d’un accompagnement ? Cet accompagnement est-il actif ou passif ?

- Les nouveaux usages médiatiques des jeunes ont-ils engendré de nouvelles formes d’accompagnements ?

- En quoi le développement d’outils dédiés innovants peut-il être une solution efficace pour mieux accompagner les jeunes ?

Modalités d’envoi des propositions Les propositions de communication seront soumises

avant le 5 janvier 2014 sous forme de résumé en français ou en anglais (5 000 signes maximum, espaces compris, Times New Roman, police 12, interligne simple, avec 8 références maximum, 5 mots-clés, un titre)

à l’adresse jeunesetmedias.events@gmail.com.

Elles seront évaluées en double aveugle par le comité scientifique en fonction de leur pertinence avec le thème du colloque et de leur intérêt scientifique.

Dans le courriel, vous donnerez les informations suivantes : nom, prénom, adresse e-mail, statut universitaire/professionnel, université et laboratoire de rattachement, titre de la communication. La proposition de communication en elle-même sera proposée dans un document joint en format .doc qui portera votre nom (PrenomNom.doc). Dans le document en revanche, votre nom ne devra pas apparaître.

Une sélection de communications sera regroupée dans une publication scientifique dont les modalités seront précisées ultérieurement.

Calendrier Clôture des soumissions : 5 janvier 2014 Notification d’acceptation : 20 janvier 2014 Colloque : 11 avril 2014 Envoi des textes pour évaluation : 11 mai 2014 Notification de l’évaluation : 30 juin 2014 Remise des textes définitifs : 30 septembre 2014 Publication prévue : printemps/été 2015 Comité scientifique Mélanie Bourdaa – MICA, Université Bordeaux 3 Hélène Bourdeloie – LabSIC, Université Paris 13 Fanny Georges – MCPN, Université Paris 3 Olivier Glassey – OSPS, Université de Lausanne Amandine Kervella – Gériico, Université Lille 3 Élodie Kredens – IREGE, Université de Savoie Estelle Lebel – IDEA, Université Laval, Québec Monica Macedo Rouet – EXPERICE, Université Paris 8 Pierre Mercklé – DPCS, ENS Lyon Jacques Piette – Université de Sherbrooke Patrick Verniers – IHECS Master éducation aux médias, Bruxelles Contacts Marlène Loicq – Présidente du Centre d’études sur les Jeunes et les Médias – GRHIS, Université de Rouen – marleneloicq@gmail.com Florence Rio – Gériico, Université Lille 3 – florence.rio@univ-lille3.fr

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-communications-colloque,4883.html

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