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AAC Revue ATIC "Transition numérique, une approche info-communicationnelle"

Date limite : 30 juin 2019

Présentation

La « transition numérique » des organisations est une tendance lourde depuis plusieurs années. Elle ne se confond pas avec le long procès d’informatisation de la production industrielle et tertiaire qui se poursuit en parallèle. Elle correspond à une triple transformation des filières, du management et du travail :

Au niveau des filières de production, l’irruption des nouveaux acteurs du numérique dont les fameux GAFAM, impose un repositionnement stratégique à de très nombreuses entreprises privées, publiques, sociales et solidaires. Celle-ci doivent transformer leurs modèles d’affaire et repenser leurs relations au sein de nouvelles dynamiques servicielles exploitant les réseaux numériques. Au niveau du management – entendu ici comme relatif à l’organisation des entreprises et aux modalités de coordination, de contrôle, de régulation et d’incitation des salariés et des partenaires – la généralisation des dispositifs info-communicationnels numériques et les transformations culturelles associées ont changé la donne comme en témoignent les nombreuses publications professionnelles sur les « nouvelles générations » et l’agilité. Le management doit aujourd’hui s’appuyer sur des agencements collectifs explicitement revendiqués, réseaux, communautés d’intérêt, de pratique ou d’action (Galibert 2016), groupes de travail en mode agile, qui utilisent ces dispositifs pour renouveler les formes d’influence et de coopération (Alemanno 2015, Zacklad 2015, 2019). Enfin, au niveau du travail et de l’activité, médiatisés sur les plans cognitif et affectif par des dispositifs info-communicationnels mêlant des aspects liés à la tâche et les aspects sociaux, de nombreuses évolutions apparaissent. Elles mettent l’accent sur les dimensions créatives et relationnelles des performances professionnelles via des médiations sensibles ancrées dans des dispositifs transmédia de plus en plus sophistiqués (espaces collaboratifs, laboratoires d’innovation, etc.) qui articulent outils numériques et ancrage dans les espaces des milieux d’activité (Zacklad 2018). C’est aussi à ce niveau que se lisent les enjeux d’acceptabilité située (Bobiller-Chaumon & Clot 2016) et que l’on peut évaluer ce que les dispositifs numériques apportent à l’activité mais aussi ce qu’ils empêchent et défont. Les sciences de l’information et de la communication sont idéalement placées pour rendre compte des bouleversements introduits par la transition numérique et ce à différents niveaux. En effet, la généralisation du numérique rend totalement inséparables les enjeux qui étaient traditionnellement ceux de l’information, de la mise en forme du savoir, de son classement, de la découverte de nouveaux domaines et ceux de la communication, de l’engagement des interlocuteurs, de la compréhension réciproque, de la diffusion à large échelle de systèmes de représentation au service de messages politiques, citoyens, commerciaux. Mais il ne s’agit pas que d’une juxtaposition des problématiques. Nous pensons que l’époque actuelle offre l’opportunité de nouvelles articulations conceptuelles entre ces deux courants qui permettent d’offrir un éclairage original sur les phénomènes étudiés.

Par exemple, dans le cadre théorique de la sémiotique des transactions coopératives (Zacklad 2013, 2016, Cordelier 2016), les communications interpersonnelles sont considérées comme créatrices d’artefacts médiateurs, des œuvres et de l’identité individuelle et collective des sujets, les selfs, qui sont transformés sur les plans cognitif et affectif. Ces transactions sont au cœur de la performance de l’action collective et notamment de celle des entreprises. En effet, les transactions communicationnelles sont l’occasion d’une confrontation des points de vue peuvent permettre d’ajuster les représentations grâce à leur externalisation et de synchroniser les attitudes dans une logique collaborative ou antagoniste. C’est le cas dans les phases de conception amont, d’organisation des activités, de co-production des services ou de distribution des produits auprès des bénéficiaires.

Si l’on considère, par ailleurs, que les dispositifs info-communicationnels numériques prolongent la communication de face à face, à l’aide de différents dispositifs d’écriture, d’enregistrement et d’organisation des connaissances permettant la documentarisation et l’éditorialisation, on comprend le lien intime qui existe entre les performances transactionnelles et dispositifs numériques. Ce lien peut d’ailleurs être exploité de différentes manières, soit pour accroitre la participation et l’inclusion des bénéficiaires soit, au contraire, pour prolonger l’automatisation basée sur des procédés de standardisation définis de manière unilatérale, cherchant à contourner le temps de co-construction collective en imposant ex-post des solutions à l’aide de techniques de persuasion.

Les contributions à ce numéro pourront aborder, de manière non limitative, les thèmes suivants en articulant une approche informationnelle et communicationnelle :

Régimes de coopération sous-tendus par les dispositifs info-communicationnels à différentes échelles : plateformes, espaces documentaires organisationnels, réseaux socio-numériques, etc. Impact de la transition numérique sur le contenu du travail (abstraction, gestion temporelle, surcharge d’information, etc.) (par exemple, Lahlou, 2012) et dimensions affective et culturelle des dispositifs info-communicationnels numériques Articulation entre les systèmes d’organisation des connaissances permettant de nouvelles formes de documentarisation et d’éditorialisation et les modalités de coopération et de gestion des connaissances (par exemple Hommet 2018, Zacklad 2018). Analyse de l’impact de la transition numérique sur les conditions de travail et conditions d’acceptabilité : renouvellement des collectifs de travail, renforcement du contrôle des activités, augmentation des dispositifs traçabilité, intensification du rythme du travail (par exemple, Gomez & Chevallet, 2011, Bobillier-Chaumon & Clot 2016, Alemanno et Mayère 2017) Approches croisées sur la transition numérique entre sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, psychologie du travail et ergonomie, sociologie du travail, des organisations, des entreprises, informatique, etc. Perspectives sémiotiques sur les dispositifs info-communicationnels dans la logique de leur articulation dans des environnement transmédia complexes (par exemple, Fontanille 2008). Merci d’envoyer vos contribution avant le 30 juin 2019 (en déclarant votre intention dès maintenant) :

proposition@revue-atic manuel.zacklad@lecnam.net sylvie.parrini-alemanno@lecnam.net madjid.ihadjadene@univ-paris8.fr

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-Revue-ATIC-Transition.html

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