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Appel à contributions, colloque "Sociétés face à la terreur (de 1960 à nos jours) : discours, mémoire et identité"

Date limite : 31 janvier 2016
Ce colloque a pour objectif de réunir des spécialistes de différents domaines (civilisationnistes, historiens, linguistes, sémioticiens historiens de l’art, politologues, spécialistes des médias, de littérature,) autour d’un sujet qui, avec des pics d’acuité variables, a été au centre même de la vie des sociétés occidentales depuis les années 60. Il s’agira de déterminer comment ces sociétés réagissent à travers la production de discours spécifiques à la déstabilisation recherchée par le terrorisme. Le colloque se propose donc d’établir, par la voie contrastive, une cartographie de ces discours de résistance et de combat, et de mettre en lumière aussi bien les invariants que les différences irréductibles qui tiennent à la multiplicité des contextes et des acteurs ainsi qu’à la longévité du phénomène.

« Évoquant le cas de l’ETA en Espagne, Jean-Marie Izquierdo considère qu’on ne peut aborder le phénomène du terrorisme sans tâcher de comprendre pourquoi le transformer en « mode d’expression politique a pu, dans un contexte particulier, être porteur de sens pour une partie de la population concernée » [1]. En somme, on ne saurait oublier que la froide logique synthétisée par le slogan des Brigades Rouges : « en frapper un pour en éduquer cent » a pu avoir ses partisans. À la question : « existe-t-il une réponse globale au terrorisme ? » Jean-Christophe Buisson répond : « Sans doute pas dans la mesure, tristement raisonnable, où il n’est qu’une expression de la révolte d’individus contre les injustices induites par chaque État. Chaque époque, chaque société a le terrorisme qu’elle mérite, pourrait-on dire de manière un peu provocante »[2]. Étudier le phénomène terroriste implique de se pencher également sur les séquelles sociales provoquées. S’impose alors la question de l’appréhension de ce passé à partir, pour suivre Paul Ricœur, de ces « us et abus de la mémoire, depuis la mémoire empêchée jusqu’à la mémoire obligée en passant par la mémoire manipulée ».

Nous prendrons en considération exclusivement les mouvements terroristes – ou, selon leur propre définition, de libération nationale ou, encore, de lutte anticapitaliste – nés en Espagne, Italie, RFA et Royaume-Uni, ainsi qu’aux États-Unis et en Amérique Latine et leur activité pendant un demi-siècle (de 1960 jusqu’à nos jours). Il s’agira d’analyser le discours produit par ces sociétés confrontées à la terreur. Avec un double axe de lecture :

d’une part, le discours produit par les différentes instances de représentation sociale – mass media, églises, syndicats,…- et politique. Avec la question subsidiaire : où commençait l’imprescriptible droit à l’information et à la libre expression d’une société démocratique – ou se voulant telle - et où cet « oxygène médiatique » que dénonçait Margaret Thatcher à propos de l’IRA. d’autre part, la fictionnalisation du phénomène par le biais de la littérature, la BD, le cinéma, etc.
Nous chercherons donc ainsi à mettre en lumière la construction du discours, ses leviers, ses limites… et ses silences – bref : tous ces « filtres du modèle de propagande » décrits par Chomsky[4] - face à un phénomène quasi quotidien dans certains cas. Nous verrons également comment la création artistique, qu’elle attribue ou qu’elle dénie une cause légitime à ces actions sanglantes, s’est attachée à en rendre compte. Puis nous nous intéresserons à leur mise en perspective, une fois les « années de plomb » finies. Ce sera alors l’occasion de s’intéresser à ces mêmes instances et à leur capacité de distanciation par rapport à un présent devenu mémoire et, parallèlement, de comprendre le rôle de la fiction comme thérapie sociale ou catharsis nationale. Comme moyen, en somme, de dépassement d’une réalité trop longtemps subie.

Les axes de travail seront :

Le discours normatif : quels sont les réflexes pavloviens du discours général antiterroriste ?
Le discours anxiogène : quels sont les ressorts et les limites d’un discours mobilisateur par la peur ? Comment est-il renouvelé ?
Le discours lénifiant : à l’inverse, la vacuité du discours (psittacisme politique, par exemple) peut-elle servir de gilet « pare-émotion » pour une société ?
Le discours distancié : comment se défaire du pathos pour expliquer, comprendre et surmonter la réalité de la terreur et les traumatismes sociaux induits ? Quel discours pour « l’après-guerre » ?
La politisation du discours sur le terrorisme.
Le discours sur le terrorisme comme marqueur d’identité : quels paradigmes ? quels symboles ?
L’esthétique de la violence et de la souffrance.
Dans la stratégie globale « action – réaction – action », ces discours ont-ils joué un rôle ? Dans quels sens ? Pour quel objectif ?

Conditions de soumission
Les langues du colloque seront le français, l’allemand, l’anglais, l’espagnol et l’italien.

Les propositions de communication (résumé de 300 à 500 mots et court CV de l’auteur) seront à envoyer à :

Pour l’Allemagne
Mme Nathalie Le Bouëdec (nathalie.le-bouedec@u-bourgogne.fr)
Pour les pays anglophones
Mme Agnès Alexandre-Collier (Agnes.Collier@u-bourgogne.fr).
M. Marc Smith (Marc.Smith@u-bourgogne.fr)
Pour l’Italie
M. Nicolas Bonnet (Nicolas.Bonnet@u-bourgogne.fr)
Pour les pays hispanophones
Pierre-Paul Grégorio (Pierre-Paul.Gregorio@u-bourgogne)
Alexandra Palau (atpalau@yahoo.fr)
pour le 31 janvier 2016.

Les propositions retenues devront joindre, le moment venu, un résumé (10 à 15 lignes) dans la langue de leur communication, en anglais et en français.

Le colloque se tiendra à l’université de Bourgogne, les 13 et 14 octobre 2016.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-contributions-colloque,6396.html

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