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AAC Colloque "Croquer l’actualité. Cinquante ans de dessin de presse et de bande-dessinée reportage (1968-2018)", Dijon

Date limite : 31 mai 2018

Le XXe siècle, avec l’arrivée d’instruments mécaniques de captation du réel comme l’appareil-photo bouleversa l’ordre établi dans la re-présentation du monde et changea profondément les termes du contrat qui unissait la presse et le dessin de presse. Toutefois, loin de sonner le glas d’une profession et d’un genre, ce déclassement né de la perte du monopole de la re-présentation obligea le dessin de presse à se réinventer pour se trouver une nouvelle identité et de nouvelles fonctions.

Les années soixante, avec 1968 comme année-pivot, marquèrent un second bouleversement dans l’histoire du dessin de presse : le dessin s’émancipa de sa simple fonction illustrative et porté par un formidable souffle libérateur et contre-culturel, il trouva le sens, la force et l’indépendance que nous lui reconnaissons aujourd’hui. Devenu art de l’information, il croque l’actualité aussi bien avec humour qu’avec humeur, avec finesse qu’avec excès. Le dessin de presse informe, déforme, amuse, agace et parfois plus encore quand face à lui se dressent des censeurs prêts à tout pour le museler.

Alors que l’image photographique et filmique a le monopole de la re-présentation du monde, comment expliquer que le dessin de presse parvienne encore à trouver sa place dans le champ de l’information ? Mieux encore : depuis quelques années, la BD-reportage, que ce soit sous la forme de mooks ou d’albums, ne cesse de progresser là où la presse généraliste recule année après année face à l’avancée du numérique. Roland Barthes opposait la photo, « message sans code, au dessin, qui, même dénoté, est un message codé ».
Le codage du dessin, par son pouvoir d’évocation et sa puissance diagrammatique, le rendrait-il plus juste que la photo ? Plus fort que le mot ou l’image analogique ? Comment analyser les potentialités de ce mode d’expression qui s’appuie tant sur la métaphysique « du coup de point » (Topor) pour le dessin que sur celle du coup de frein pour la BD-reportage ? Faut-il voir dans ce traitement décalé (tant par le ton que par le temps) de l’information un besoin pour le lecteur de prendre du recul dans une société du live, du scoop et du flash ? S’agit-il pour une partie de ces auteurs au statut hybride d’artistes-journalistes de remettre en question le sacro-saint principe d’objectivité de l’information en affichant clairement le « codage » ? Plus spécifiquement, faut-il voir dans la BD-reportage le renouveau et l’évolution d’un dessin de presse (usé ?) qui passerait de la forme brève (punchline) au récit (séquentiel) ? Les années 68 n’auraient-elles été que l’adolescence turbulente d’une BD-reportage plus légitime parce que plus lisse, plus sérieuse et donc plus mature ? Les plumes rebelles du dessin de presse vivant dans l’instant présent de la résistance et de l’engagement politique s’opposeraient-elles à une BD-reportage parvenue à l’âge de raison ?
Modalités de soumission
Pour soumettre une proposition de communication :

Communications en français (sauf exception)
Les propositions de communication (300 mots) seront accompagnées d’une brève notice biobibliographique.
Les propositions de communication seront à envoyer à l’adresse suivante : colloque.croquer.actualite@gmail.com

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-Colloque-Croquer-l-actualite.html

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