SPHM Infos

envoyer l'article par mail title= envoyer par mail Version imprimable de cet article Version imprimable Augmenter taille police Diminuer taille police

AAC colloque "Kaamelott ou la (re)lecture de l’histoire", Paris mars 2017

Date limite : 22 novembre 2016
La série Kaamelott, écrite et réalisée par Alexandre Astier entre 2005 et 2010, a marqué son public par son intelligence, son humour, ses personnages et ses répliques inoubliables. En choisissant de travailler sur la mythologie arthurienne, Alexandre Astier prenait pourtant un risque majeur, tant sont nombreuses les réécritures qui, des romans au cinéma en passant par les bandes dessinées, ont retravaillé, au fil des siècles, la « matière de Bretagne ». L’un des ressorts humoristiques de la série repose, on le sait, sur le décalage entre le contexte historique – l’Angleterre du ve siècle ap. J.-C. – et le langage, résolument contemporain, utilisé par les personnages ; décalage chronologique redoublé et renforcé par un décalage social qui voit des personnages nobles employer un vocabulaire familier, voire argotique.
Si cette dimension a déjà fait l’objet d’études (Florentin 2010), on s’est encore trop peu penchés sur la vision de l’histoire construite par cette série. Or ce thème est capital : d’une part, la série réécrit l’histoire arthurienne, de la fondation de Camelot à la guerre contre Lancelot du Lac. Kaamelott reprend en écho des épisodes tirés de diverses sources médiévales, depuis la naïveté de Perceval suggérée par Chrétien de Troyes, jusqu’au Graal en forme de pierre évoqué par Wolfram von Eschenbach, Alexandre Astier jouant avec les codes littéraires pour mieux les détourner et se les approprier. D’autre part, l’auteur et réalisateur joue également avec l’histoire en se situant volontairement dans une période peu connue et peu représentée dans les fictions. Si la série n’a évidemment aucune prétention historique, reste qu’elle met en scène un certain nombre de dynamiques bien réelles, de la difficile christianisation du monde occidental à la lente désintégration de l’empire romain. On y croise des personnages historiques avérés, mais qui n’appartiennent pas à la même époque, tels Boniface de Mayence et l’empereur Justinien. Certains épisodes reprennent avec une précision remarquable des débats médiévaux, tel celui qui voit le Père Blaise tenter de christianiser la façon dont on siffle pour « interdire les intervalles païens ». D’autres épisodes jouent avec les légendes médiévales, faisant intervenir des dragons et des trolls ou encore un avatar de Robin des Bois. Et que dire des costumes, réalisés par Anne-Gaëlle Daval, de la musique, qui tient une place si importante dans la série, de l’alimentation, de la médecine, des techniques militaires ? Autant de thèmes qui mériteraient d’être explorés par des historiens et des littéraires désireux d’aborder la série comme un véritable objet d’études qui contribue à la « revenance » du Moyen Âge (Koble 2009) dans nos contemporains, une réactualisation permanente toujours chargée d’enjeux sociaux et politiques (Di Carpegna Falconieri, 2015).
L’enjeu de cette journée d’études n’est pas de lister les anachronismes et autres erreurs historiques de la série, mais au contraire de s’interroger sur les représentations historiques construites par la série, pour déconstruire le Moyen Âge de Kaamelott comme cela a pu être fait pour d’autres cycles littéraires contemporains (Besson, Kikuchi et Troadec 2015). Le tout visant à mieux comprendre, peut-être, les façons dont le Moyen Âge est perçu, compris et réinventé au-delà des seuls cercles universitaires (Ferré 2010).

Conditions de soumission

Les communications de chercheurs de toutes disciplines sont les bienvenues, en particulier en histoire, littérature, histoire de l’art, archéologie, musicologie et linguistique. Les organisateurs prêteront une attention particulière aux propositions des jeunes chercheurs (jeunes docteurs, doctorants, voire masterants).
Les propositions de communication, d’un maximum de 400 mots (merci de joindre un CV), sont à envoyer à l’adresse suivante : colloquekaamelott@gmail.com

avant le 22 novembre.

Le colloque aura lieu 24 et 25 mars 2017 à l’Université Paris-Sorbonne, salle à définir.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/AAC-colloque-Kaamelott-ou-la-re.html

Dans la même rubrique