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Appel à communication

Rappel : Colloque "La télévision, le temps des constructeurs. Jean d’Arcy : pensée et stratégies d’un père fondateur", 19 et 20 mai 2010, Université Nancy 2.

Jean d’Arcy (1913-1982), un des fondateurs de la télévision française des années 50 (Levy, 1999), est aussi à l’origine de l’Eurovision et du concept du droit à la communication (Mattelart, 2007). Penseur de la communication, son oeuvre est centrée sur l’être humain, communiquant, agissant et évoluant au sein d’une sphère planétaire. C’est à cette personnalité qui a laissé une empreinte profonde sur le fonctionnement audiovisuel français que ce colloque s’intéressera.
Mais pourquoi conduire une telle réflexion ? On constate qu’au terme d’un demi-siècle de développement, la télévision est saisie d’un besoin d’interrogation sur sa propre histoire comme le souligne Guy Lochard (2001). Pour certains chercheurs, jusqu’aux élections présidentielles de 1965 en France, la télévision se caractérise par un modèle officiel et contrôlé (Bourdon, 1995). Pourtant, une multitude de stratégies et de tactiques visent à créer une véritable identité, dans un esprit de créativité et de liberté de communication, et ce dès les années 50. De nombreux exemples attestent de cette volonté d’inventer des dispositifs, des formes et des logiques propres, tant au niveau national qu’international (Jost, 1997).
Nous pouvons alors formuler un étonnement et un espoir. Le premier porte sur l’écho relatif que les écrits de ce visionnaire de la communication ont eu en France, en particulier dans le milieu de la recherche. Paradoxalement, alors que Jean d’Arcy est considéré comme l’un des pères fondateurs de la télévision, l’étude exhaustive de sa pensée communicationnelle et de ses stratégies en est restée à un état embryonnaire. Le second est l’espoir d’une relecture de « son oeuvre » par la communauté scientifique pour mettre à jour les théories exposées, les modèles développés, les paradigmes utilisés et les perspectives envisagées. L’étude de l’histoire de la télévision au prisme d’un personnage relève donc d’une approche globale et interdisciplinaire par la multiplicité des facteurs explicatifs sollicités, et offre des repères quant aux transformations de la communication télévisuelle, notamment en termes politique, sociologique, philosophique. Aussi l’objectif de ce colloque est-il de rassembler des chercheurs issus de disciplines différentes (sciences de l’information et de la communication, sociologie, histoire, science politique, philosophie…) pour confronter les regards et permettre l’analyse des questions liées à la pensée de Jean d’Arcy.
Au-delà de cet aspect, il s’agira aussi de comprendre comment s’est pensé et construit l’espace audiovisuel français, voire européen. Ceci en essayant de mettre au jour tant les logiques sociales (Miège, 1989) que les stratégies et tactiques au fondement de celui-ci et tenter, par ce biais, de retracer la nature des alliances entre télévision, culture populaire et Europe. Mais peut-on comprendre l’émergence des formes télévisuelles, des corps professionnels, de la place du téléspectateur, voire des lieux de médiation, sans prendre en compte les macro-discours que constituent la programmation d’une chaîne et la stratégie identitaire des acteurs ? Pour répondre à ces questions, plusieurs axes sont envisagés :

Axe 1 Penser la télévision
Le concept de pensée communicationnelle (Miège, 2004) semble fécond pour penser l’action de Jean d’Arcy. Selon Bernard Miège, « la pensée communicationnelle s’élabore autant à partir d’apports théoriques qu’à partir des représentations liées aux pratiques des acteurs sociaux de l’information et de la communication ». Cet axe s’intéressera à la pensée de Jean d’Arcy : quels sont ses fondements ? Ses influences théoriques ? Ses représentations liées aux pratiques au sein du média ?

Axe 2 Le téléspectateur, le public
Dans la télévision de service public des années 50, l’idéologie est de faire des programmes éducatifs et populaires pour un public de masse. Les téléspectateurs sont considérés comme des citoyens qu’il faut former à l’utilisation de l’image et capables d’esprit critique à l’égard du média. La télévision généraliste est perçue comme un lien social au service de la compréhension entre les hommes, voire les peuples. Cet axe s’intéressera au statut et rôle du public. Quelle est sa définition et de quelle manière est-il intégré dans les dispositifs comme les télé-clubs ou les émissions de débat ? Associé au professionnel, le cas échéant ? La question des rapports entre télévision et citoyenneté sera interrogée.

Axe 3 L’invention des métiers et des programmes
Quels métiers, quels programmes, quels dispositifs répondent au triptyque des premières années de la télévision : informer, éduquer, distraire ? Les contributeurs veilleront à inscrire les communications soumises dans un cadre théorique et à développer leur analyse en soulignant l’émergence des corps professionnels (comme les réalisateurs) et des processus de construction des programmes.

Axe 4 La construction d’un espace audiovisuel européen
Comment le réseau d’échanges d’images est-il pensé à l’échelle internationale ? Y a-t-il eu construction d’un espace audiovisuel européen ? Si oui, ce dernier a-t-il contribué à construire une Europe culturelle et à forger une identité européenne nouvelle ? La réflexion engage à questionner la notion même de culture. Elle interroge aussi les dimensions culturelle et identitaire de la télévision à l’époque de son développement.

Responsable scientifique
Sylvie Pierre
Formatrice IUFM de Lorraine/Université Henri Poincaré, Nancy
CREM / Université Nancy 2

Coordination
Stéphanie HUREZ : stephanie.hurez@univ-nancy2.fr – 03.54.50.49.85)

Comité scientifique
Roger DELBARRE, Professeur à l’université Nancy 2
Christian DELPORTE, Professeur à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Béatrice FLEURY, Professeure à l’université Nancy 2
Denis MARECHAL, Chargé de mission/ diffusion scientifique, Institut national de l’audiovisuel
Jacques WALTER, Professeur à l’université Paul Verlaine-Metz

Comité d’organisation
NATHALIE CONQ, Maître de conférences à l’université Nancy 2
REGIS LATOUCHE, Maître de conférences HDR à l’université Nancy 2
SYLVIE PIERRE, Formatrice IUFM de Lorraine/Université Henri Poincaré

Modalités de soumission des propositions de communication
Date limite de réception des propositions : reportée au 15 février 2010

Format des propositions :
- une page isolée comprenant le nom, l’appartenance institutionnelle, le titre de la communication et les coordonnées de l’auteur (adresse électronique, téléphone)
- Sur 2 pages : un résumé de la proposition de communication : 6 000 signes (espaces compris, Word, Times, 12 interligne 1,5) faisant apparaître le titre de la proposition, la problématique, le cadre théorique, la méthode et les résultats.

Date limite d’envoi du texte intégral des contributions acceptées : 1er avril 2010
Un protocole précis de rédaction précis sera adressé aux auteurs pré-retenus.
Langue du colloque : français
Les propositions de communication seront à adresser à Sylvie Pierre :
Sylvie.pierre@lorraine.iufm.fr

Consultez le site de l’IUFM (appel à communication, inscriptions, plan d’accès…) :
www.lorraine.iufm.fr/colloques/jeandarcy
Centre de recherche sur les médiations :
www.crem.univ-metz.fr
Visitez le site de la revue Questions de communication :
http://www.ques2com.fr

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Rappel-Colloque-La-television-le.html

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