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Appel à contribution, Colloque international : "Médias, internet, démocratie", avril 2012.

« Nouveaux » médias, nouveaux usages, les espaces publics se transforment, les « mass-media » tentent de décliner dans de nouveaux modèles économiques une nouvelle personnalisation de l’organisation de l’information désormais participative où les réseaux sociaux, massivement investis, jouent un rôle incontournable. « Digital natives » ou non, les citoyens développent des usages sociaux avec ordinateurs connectés, téléphones portables ou encore télévisions interactives, autant d’évolutions technologiques qui permettent de nouvelles pratiques, mais qui installent également de nouvelles identités numériques.

Les accès rapides et nombreux aux données numériques, les échanges induits par les outils de communication s’installent ainsi dans les pratiques et bousculent des institutions (l’école, l’université, mais aussi la police) dans le cadre d’une nouvelle écologie (économie ?) cognitive. Les données numériques sont produites par les usages et déterminent ces transformations.

De nouvelles formes d’éditorialisation sont apparues, car l’interactivité des contenus provoque un éclatement de la notion traditionnelle « d’auteur », et donc « d’autorité », au niveau du travail scientifique comme du journalisme. En effet, de nouvelles formes de travail scientifique communautaire renouvellent les formes de publication et d’édition du savoir et les réseaux collaboratifs de chercheurs démultiplient les modes d’évaluation et de validation. Les échanges entre pairs sont ainsi au cœur des sociétés et le numérique est devenu un élément central d’aménagement du territoire et de démocratie.

Le colloque international permettra un échange d’expériences et d‘analyses entre spécialistes et citoyens de différents pays de l’Union européenne, pour tenter une liaison entre ces évolutions et les politiques communautaires.

Trois session sont proposées 23 avril 2012, Sofia : Démocratie numérique et e-participation – usages et paradoxes

Vingt ans après les révolutions de velours, la démocratie semble en crise, menacée de trois côtés : des élites assez irresponsables et corrompues ; une certaine apathie et un désintérêt des citoyens vis-à-vis de la politique ; une mondialisation qui impose une domination de l’économique sur le politique.

Tenter de renouveler et de revitaliser la démocratie est ainsi un des plus grands défis à l’est, aussi bien qu’à l’ouest de l’Europe.

2011 et le « printemps arabe » mettent en avant la question des relations entre l’Internet et la participation citoyenne, la démocratie. Deux comparaisons s’imposent :

vingt ans séparent révolution démocratique et révolution numérique dans le monde postcommuniste alors que le « monde arabe » semble faire cette double expérience en même temps les transitions postcommunistes ont été initiées et guidées par des élites alors que dans certains pays arabes on parle de révolution sans élites. Peut-on trouver un rapport entre ce constat, la structure et les usages de l’Internet ?

Un paradoxe concerne surtout les démocraties établies : les jeunes sont parmi les moins actifs en politique, mais parmi les plus actifs dans le virtuel. La e-participation, l’engagement dans le virtuel réussiront-ils à réconcilier démocratie et jeunes ?

Les paradoxes ne manquent apparemment pas. Participation et cyberactivisme signifient souvent non pas plus de démocratie, mais plutôt moins, comme l’atteste la vague du « haterisme » dans le virtuel…

Cette session abordera de nombreuses questions liées en particulier à la cyberpolitique parmi lesquelles :

L’émergence de l’e-citoyenneté ; L’Internet et les contestations ; Les réseaux sociaux et la réinvention de la participation ; Créativité et militantisme : une explosion des formes non conventionnelles d’engagement ; Jeunes et cybermobilisations ; Le « haterisme » ou les usages négatifs, xénophobes et extrémistes de la Toile.

25 avril 2012, Banská Bystrica : Nouveaux médias, réseaux sociaux et relations internationales

Les États-Unis essaient actuellement de répondre aux nouveaux enjeux des relations internationales en développant une nouvelle forme de diplomatie. D’après Joseph S. Nye, il s’agit de « mélanger le pouvoir dur et soft en un ‚pouvoir intelligent‘, comme [...] du temps de la guerre froide ». Une évolution donc du « soft power », capacité que possède un acteur international, en particulier un État, à attirer, séduire, convaincre, diffuser un modèle culturel, une idéologie et des institutions, et qui permet de tenter de faire coïncider les différents intérêts sur la scène internationale. Cette diplomatie culturelle reste un des piliers fondamentaux de la politique étrangère, mais désormais dans un contexte de transformations des usages et de généralisation des médias sociaux. Revendiquée par Barack Obama lors de sa campagne en 2008, cette doctrine s’est avérée difficile à appliquer et la politique extérieure américaine actuelle, désormais définie comme celle du « smart power », assure une légitimité plus importante sur le plan international, car il s’agit bien de la consécration d’une puissance douce et acceptable, combinaison du « hard » et du « soft power », synthèse non seulement « intelligente », mais aussi « astucieuse ».

Ce « smart power » est évidemment interdépendant de cette révolution numérique, de l’évolution des nouveaux médias et des médias sociaux, vecteurs majeurs de la mondialisation, d’une sorte de domination consentie parce qu’invisible, a priori douce et subtile qui s’appuie sur la culture comme sur les modes de vie et les usages. Non seulement parce que les nouveaux « majors » de l’Internet sont américains, mais aussi parce que la planète tout entière s’équipe progressivement de téléphonie mobile, de connexions et que le local s’impose dans ce village global. Qu’elle revendique ou non le droit à la connexion comme un droit humain, la diplomatie culturelle reste un instrument de dialogue, un vecteur de rapprochement culturel et s’adapte aux mutations sociales actuelles. Qu’en est-il réellement après les révoltes dans les pays arabes ? Quelles nouvelles formes de politiques de relations internationales les États doivent-ils (peuvent-ils) mettre en place ?

27 avril 2012, Grenoble : Médias, internet, citoyenneté et innovation

L’innovation est réflexive et se veut performative : elle nous parle de nous, de nos sociétés et de l’état du monde, établit notre confort ou notre aliénation. L’innovation concerne aussi évidemment les médias et internet, de nouveaux espaces publics de médiation dans lesquels se jouent les enjeux les plus anodins : du simple don gratuit d’objet aux luttes politiques et libératrices comme pour les révolutions arabes et pour les « indignés » de tous les pays. Les individus se rencontrent sur internet pour se parler et s’aimer tandis que les collectifs se constituent pour plus de justice et de liberté. Les échanges interpersonnels se trouvent projetés dans des espaces publics, des blogs, des chats, des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.,) des lieux d’échange généralisé de toute sorte : services, animaux, objets, sexe, mariage, informations, publication d’articles et d’ouvrages en ligne, diffusion libre de musique, etc., l’art aussi investi la toile. Lieux d’expression, d’affirmation de soi, de diffamation et de jugements, de lutte et de contrôle social, les forums d’interpellation publics se sont élargis : de la sphère du virtuel vers la sphère du réel, des utopies et des idées, des mises en forme symboliques vers les sociétés.

Les liens sociaux se sont « virtualisés », ont transgressé les frontières, les motifs de rencontres citoyennes sont innombrables. Aucun doute que les tyrannies, le capitalisme, les bureaucraties, une certaine moralisation des sociétés tentent de contrôler les paroles et les actes citoyens dans ces espaces publics ; contrôle social, pression, désinformation et interdiction sont présents dans les sociétés de l’information et de la communication comme les résistances qui leur répondent.

Ces nouveaux dispositifs de production du savoir posent non seulement la question de l’exercice de la citoyenneté, mais aussi celle des apprentissages et des enjeux pédagogiques de ces nouvelles pratiques. A l’évidence, les technologies de l’information modifient les processus d’apprentissages du fait de la disponibilité immédiate et surabondante des contenus, du manque d’une hiérarchisation analogue à la hiérarchisation traditionnelle, de la dispersion et de l’enchevêtrement des données. Internet n’est pas plus responsable des difficultés de la presse ou de la création artistique que de l’augmentation des pratiques diffamatoires ou encore du rétrécissement des espaces privés. Les usages sont évidemment en cause et il faut aussi considérer Internet comme une forme d’organisation politique, mondiale, et non seulement comme un média, avec cette transformation radicale de l’espace public, localement comme globalement. La mise en relation des usages et des pratiques culturelles et médiatiques est donc indispensable. Propositions de contributions

Langues du colloque, communications :

à Sofia, en langue bulgare, française ou anglaise, à Banská Bystrica, en langue slovaque, française ou anglaise, à Grenoble, en langue française ou anglaise.

Langue du colloque, contributions écrites : en langue française

Les propositions de contributions (titre, résumé de la proposition, présentation personnelle de l’auteur) sont à adresser simultanément à

Anna Krasteva, anna.krasteva@gmail.com

Gilles Rouet, gilles.rouet@gmail.com

Serge Dufoulon, serge.dufoulon@upmf-grenoble.fr

avant fin février 2012

Les auteurs retenus devront adresser leur texte avant le 15 mars 2012, ce qui permettra de mettre en œuvre ensuite une publication rapide au sein de la collection Local & Global, dirigée par Gilles Rouet et François Soulages aux éditions L’Harmattan, Paris.

Un numéro spécial, en langue anglaise, de la Revue de Science Politique de l’Université de Banská Bystrica pourra également être réalisé avec une dizaine de textes choisis par le comité scientifique.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Colloque-international-Medias.html

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