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Appel à communications, colloque "Le portrait politique, de 1914 à nos jours : propagande et contre-propagande", Paris, 29-30 novembre 2013

Date limite : 15 juillet 2013

Le portrait est un genre figuratif qui a toujours joué un rôle important dans la communication politique. Sa capacité de « transformer les absents en personnes présentes » (comme le remarquait le théoricien de l’art de la Renaissance Leon Battista Alberti) en fait un outil de propagande de grande efficacité potentielle puisqu’il confère aux politiciens le don d’ubiquité. L’effigie leur permet également de se présenter au public sous un jour favorable tout en donnant une impression d’objectivité. En effet, exploitant le lieu commun que l’image reproduit objectivement le sujet auquel il se réfère (« la photographie ne ment jamais »), les publicitaires se servent de nombreux artifices pour mythifier les personnages : la pose, l’expression du visage, le style vestimentaire, les couleurs, les accessoires et le décor sont des porteurs de sens qui peuvent influencer de manière subliminale le spectateur. Le portrait fut un rouage essentiel de la propagande des dictatures et régimes totalitaires. Les portraits de dictateurs saturèrent l’espace public, s’insinuant jusque dans l’espace privé, au service du culte de la personnalité et d’une conception liturgique de la politique. L’usage du portrait fut également privilégié par des régimes dont l’idéologie, comme l’a signalé George L. Mosse, pouvait être ramenée à un jeu d’opposition entre types et contre-types, figures idéal-typiques d’un côté (producteur, soldat, militant, homme nouveau, « aryen » etc.) et figures de l’ennemi de l’autre.

Dans des contextes démocratiques, le portrait est utilisé à des fins d’acculturation et de communication politique : propagation de figures allégoriques à l’image de la Marianne républicaine étudiée par Maurice Agulhon ; procédures d’incarnation du responsable politique avec la diffusion institutionnelle des portraits officiels ou l’invention du « trombinoscope » ; usage militant de figures jugées emblématiques (chefs, victimes ou types sociaux) par voie de presse ou d’affiches.

Le colloque international qu’organisent le GERCI, Groupe d’études et de recherche sur la civilisation italienne (Université de Grenoble 3), HISPOSS, Histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés (Université de Paris 8), le CHCSC, Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (Université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines) et la Maison d’Italie (Cité Universitaire, Paris), portera principalement sur la France et sur l’Italie, mais les propositions à caractère comparatif qui traiteront de la représentation des hommes et des femmes politiques d’autres pays européens et des Etats-Unis seront également prises en considération.

Le colloque sera organisé sur deux journées : la première sera consacrée au portrait officiel et la deuxième au contre-portrait (caricatures, parodies, diabolisations…). L’approche des propositions pourra être historique, sociologique, artistique, juridique, anthropologique, gender studies, sémiologique… Ces différentes disciplines et approches seront mobilisées pour analyser les stratégies rhétoriques, et les mécanismes de production et de circulation du portrait. Nous nous interrogerons sur la prolifération et les évolutions du portrait jusqu’à sa « perte de sens » (Hans Belting) à la fin du vingtième siècle. En concomitance, une exposition d’affiches politiques originales intitulée Regards croisées visant à illustrer comparativement la propagande des Elections Présidentielles françaises 2012 et des Elections Législatives italiennes 2013 sera montée dans les lieux du colloque. L’ampleur et la diversité du sujet du colloque pourront être examinées à partir des thématiques suivantes (la liste ne se veut pas complète) :
- les portraits officiels des chefs d’état
- le portrait de groupe (le roi et sa famille, le leader et ses collaborateurs, le Premier Ministre et ses ministres, etc.)
- la représentation de la Première Dame
- l’image des candidats des élections primaires, présidentielles et politiques
- l’image des femmes politiques
- la représentation des minorités (handicapés, roms, noirs, homosexuels…)
- le portrait politique contemporain par rapport à la tradition artistique
- la représentation du chef d’état en temps de guerre
- l’américanisation du portrait politique européen
- les supports : affiche, timbre, brochure, carte postale, page d’accueil Internet…
- les modalités d’utilisation des portraits politiques (lieux, présentations…)
- le rôle des spin doctors

> Remise des propositions : Les propositions de communication comprenant un titre, une présentation de 500-700 mots, ainsi qu’un CV de deux pages maximum devront être remises aux organisateurs du colloque par mail pour le 15 juillet 2013 au plus tard, en fichiers joints. Le programme définitif sera établi au mois de septembre 2013. Les interventions pourront être faites en français, en italien ou en anglais. La participation au colloque ne comportera aucun frais d’enregistrement. Les frais de voyage et d’hébergement seront toutefois à la charge des intervenants.

> Comité d’organisation :

Luciano Cheles, Université de Poitiers / GERCI (luciano.cheles@univ-poitiers.fr) Christian Delporte, Université de Versailles / CHCSC (christian.delporte@uvsq.fr ) Alessandro Giacone, Université de Grenoble 3 / GERCI (alessandro.giacone@u-grenoble3.fr ) Marie-Anne Matard-Bonucci, Université de Paris 8 / HISPOSS (matard-bonucci@orange.fr)

> Comité scientifique :

Christian Brandle, Directeur, Museum für Gestaltung, Zurich Pierre Fresnault-Deruelle, Professeur Emérite, Université de Paris I. Maurizio Ridolfi, Professeur, Université de Viterbe Pierre Sorlin, Professeur Emérite, Université de Paris 3

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Appel-a-communications-colloque-Le,4588.html

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