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Ulrike Lune Riboni : "Juste un peu de vidéo". La vidéo partagée comme langage vernaculaire de la contestation : Tunisie 2008-2014

Thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication (Université Paris 8 Saint-Denis). Soutenance le 6 décembre à 14h à l’Université Paris 8 Saint-Denis, en salle D143.

Membres du jury :
M. Alain Bertho, Professeur (Université Paris 8 /LAVUE)
M. Mouloud Boukala, Professeur (Université du Québec à Montréal - École de médias / CELAT)
M. André Gunthert, Maitre de Conférences (EHESS / CRAL)
M. Jacques Guyot, Professeur (Université Paris 8 / CEMTI)
M. Armand Mattelart, Professeur
M. Jacques Walter, Professeur (Université de Lorraine / CREM)

Du soulèvement survenu en Birmanie en 2007 aux révoltes qui ont traversé les pays de la Méditerranée en 2011 et jusqu’aux luttes les plus récentes, les usages de la vidéo partagée sur internet n’ont cessé de se développer au cœur des manifestations et des émeutes. À partir d’observations menées sur internet et d’une enquête de terrain en Tunisie, la thèse s’attache à décrire l’évolution des usages de l’image animée sur le temps long du processus révolutionnaire tunisien entre 2008 et 2014, et à questionner la place et le rôle de ces pratiques dans un monde social en ébullition. L’analyse des contenus mais aussi des tensions socio-politiques qui ont présidé et succédé au moment insurrectionnel, suggère que la prise d’images n’est pas seulement une pratique utilitaire et stratégique destinée à sensibiliser ou à produire une information alternative, mais qu’elle sert des objectifs complexes traversés par les enjeux de lutte qui ont animé les différentes périodes. Au moyen d’une démarche méthodologique spécifique destinée à la constitution et à l’analyse d’un corpus de vidéos en ligne et nourrie par des entretiens réalisés dans plusieurs villes tunisiennes, la thèse rend compte des manières dont la vidéo partagée témoigne et potentiellement influe sur un mouvement social, dans sa phase insurrectionnelle mais aussi dans ses prémices et ses continuités. Des premiers usages en période autoritaire aux productions en plan-séquence dans le temps de l’urgence émeutière, des montages et mises en scènes accompagnant les mobilisations pour la reconnaissance des acteurs de la révolte à ceux réaffirmant les revendications des populations marginalisées dans l’après 2011, la vidéo partagée s’est affirmée comme un langage vernaculaire de la contestation.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Juste-un-peu-de-video-La-video.html