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Napoléon journaliste : les bulletins de la gloire,
Jean-Paul Bertaud
En août 1805, Les Autrichiens envahissent la Bavière.
Le 6 octobre, l'armée française qui franchit
le Danube prend le nom de Grande Armée. Le lendemain,
paraît sur une feuille in-octavo le premier Bulletin
de la Grande Armée. Désormais, chaque campagne
militaire s'accompagne de l'édition de bulletins. Leur
rédacteur inavoué est Napoléon lui-même,
"Journaliste" d'un nouveau genre. Les bulletins
doivent paraître dans le Moniteur ; écrits par
un militaire et un chef d'État, ils portent en eux
le culte de la guerre que toute une nation longtemps pratiqua.
Napoleon, the journalist: bulletins
of glory, Jean-Paul Bertaud.
In August 1805, the Austrian army attacked Bavaria. Two months
later, the French army, renamed the Grande Armée, crosses
the Danube on its march eastwards. The same month, an official
bulletin destined only for the men of the Grande Armée,
begins circulation. Henceforth, these would accompany all
consequent military campaigns and published in the journal,
Le Moniteur. Its author, who remained unnamed, was Emperor
Napoleon himself. Written by a military leader and head of
State, the pamphlets’ lines bear testimony to the glorification
of war pervasive in the society of the time and for years
after.
Les grands reporters français durant la guerre russo-japonaise,
Marc Martin
Le grand reportage de guerre a grandi dans la presse française
par étapes : après ses premiers pas au cours
de conflits balkaniques, la guerre russo-japonaise est l'occasion
pour lui d'une pleine reconnaissance. Auparavant, l'information
quotidienne venait de correspondances de militaires, de dépêches
ou de d'articles de journaux américains et anglais.
En 1904, pour la première fois, une douzaine d'envoyés
spéciaux partent simultanément à l'autre
bout du monde...
French Special Correspondents during
the Russian-Japanese War, Marc Martin.
The figure of the ‘war correspondent’ asserted
itself gradually in the French media through a process that
started with the coverage of the Balkan wars and culminated
with the coverage of the Russo-Japanese War, which gained
it professional recognition. This development ended the French
media’s heavy dependence on military sources, telegrams
and foreign articles for information on foreign wars. The
beginning of the Russo-Japanese War in 1904 witnessed, the
first time that a dozen special correspondents were sent to
cover events at the other end of the world from France.
William Russel, du "travelling gentleman" au "spécial
correspondant", 1850-1880, Michael Palmer
Les correspondants de guerre émergent comme figures
emblématiques au 19è siècle. Revisitant
des récits de journalistes britanniques et français,
avec William Howard Russell du Times en référant
principal, cet article pointe l'apport de certaines recherches
britanniques et états-uniennes pour penser la figure
du correspondant de guerre dans la presse française.
William Russel, from "travelling
gentleman" to "spécial correspondant",
1850-1880, Michael Palmer
War correspondents: how did they emerge as a distinct entity
in 19th century news-rooms and on the battlefield- a Franco-British
perspective. William Howard Russell of The Times is often
presented as the "father-figure" of war correspondents.
This paper reviews British and US studies of war correspondents
in the late 19th century before outlining similarities and
differences concerning the study of French war correspondents.
Voir et dire la guerre à l’heure de la censure
en France en 1914-1918, Olivier Forcade
Au cours de la Première guerre mondiale, les pouvoirs
se sont efforcés d’encadrer les opinions publiques
en censurant, du moins en euphémisant toutes leurs
formes d’expression sur les réalités de
la guerre. Une présentation de la censure en France
favorise la compréhension des conditions de production
et de circulation de la parole, de l’écrit et
de l’image (cinématographique et photographique
Le témoignage de la chanson populaire, sur les scènes
des cabarets et music-halls parisiens, source encore largement
inédite de la guerre est une autre manière de
dire la guerre autrement.
Witnessing
the War during the years of Censorship in France, 1914 –
1918, Oliver Forcade.
During the First World War, governments across the world used
censorship with the aim to manage public opinion – euphemising,
at the very least, all terms that referred to the reality
and brutality of the war. This article’s investigation
into the French state machine during 1914 to 1918 renders
a complex picture of the production and circulation of words
and images. The photographic and cinematographic testimony
left by recordings of popular music and performances in Parisian
cabarets and music halls, largely unpublished, provides a
novel perspective on the Great War.
Vrai fausse et fausse vraie propagande aux Pays-Bas dans les
années quarante, Hans Renders
C’est un scénario intéressant pour un
film de guerre à suspens : des informations diffusées
par les ondes hertziennes sont interceptées par l’ennemi.
Après avoir subi de petites mais sensibles modifications,
le message regagne les airs en direction des destinataires
d’origine. L’espionnage s’est greffé
sur le système. Si cette intervention est bien connue
sous la forme du sabotage, la falsification d’informations
écrites qui ne sont pas destinées à des
représentants de l’Autorité politique
ou militaire mais à un public ordinaire, est totalement
inconnue. Les magazines au contenu camouflé sont un
phénomène jamais étudié. Ils sont
le contraire de ce à quoi ils ressemblent. Les magazines
pseudo-propagandistes qui ont fait leur apparition aux Pays-Bas
pendant la Deuxième Guerre mondiale sont des exemples
de ce phénomène. La propagande est d’une
efficacité optimale lorsqu’elle n’est pas
interprétée comme de la propagande ; la pseudo-propagande
est encore plus subtile : les messages de l’ennemi sont
retournés à cent quatre-vingts degrés
en utilisant les moyens employés par ce même
ennemi. Dans le cas de la Deuxième Guerre mondiale,
ce phénomène peut être illustré
de façon magnifique au moyen de quelques magazines
dont les intentions étaient opposées à
ce qu’elles semblaient être en premier lieu. Dans
cet article, je focaliserai mon attention sur les “
périodiques de Résistance ” créés
par les nazis pour ridiculiser sournoisement la Résistance.
Cet objectif était également partagé
par un certain nombre de magazines mi-littéraires,
mi-politiques qui se moquaient aussi bien des nazis que des
soi-disant “bons Néerlandais”, évoluant
entre la guerre et la paix au début de 1945. Contrairement
aux stations de radio pseudo-propagandistes, ces magazines
n’ont jamais été un sujet d’étude.
Mais ce n’est pas la seule raison qui justifie l’attention
que nous prêtons à De Gil (Le Cri), Metro, Sic
et d’autres périodiques aujourd’hui oubliés.
Une étude approfondie montre en effet qu’ils
faisaient également partie d’un mouvement dissimulé
de modernisation de la société qui s’opposait
à cette forme bien néerlandaise de stratification
sociale “ verticale ”, bien connue sous le nom
de “ cloisonnement ”.
Pseudo-Propagandistic Magazines on the
Place of Fracture between War and Peace, Hans Renders
Just as there are writers who publish their work under a pseudonym,
you could also say that there are periodicals that appear
in disguise. They seem white but turn out to be black. The
pseudo-propagandistic magazines that sprang up in the Netherlands
during World War II are examples of this. Propaganda works
best when it is not interpreted as propaganda; pseudo-propaganda
is even more subtle: using the means of the enemy, the messages
of that same enemy are turned around a hundred and eighty
degrees. In the case of the World War II, this phenomenon
is illustrated beautifully by a few magazines whose intentions
were the opposite of what they first appeared to be. In this
article I will focus on “Resistance papers” which
were started by the Nazis and which slyly ridiculed the Resistance.
This goal was shared by a number of half-literary, half-political
magazines, which poked fun at the Nazis as well as the so-called
“good Dutch” on the place of fracture between
war and peace. In contrast to pseudo-propagandistic radio
stations, these magazine have never been the subject of study.
But that is not the only reason De Gil (The Yell), Metro,
Sic and other, now forgotten, periodicals warrant our attention.
Close study reveals that they were also part of a hidden countermovement
that which opposed that peculiarly Dutch form of “vertical”
social stratification known as pillarization.
Des anonymes dans la guerre des ondes, Aurélie Luneau
Outil de propagande privilégié, arme psychologique
majeure, la radio connut, à l'occasion du second conflit
mondial, une explosion dans l'utilisation de ses ressources
et devint une arme à part entière qui, au-delà
des affrontements militaires, inaugura un nouveau champ de
bataille, celui des ondes hertziennes. Ces hommes qui intervenaient
dans les émissions phares de la BBC n'étaient
pas pour la plupart des professionnels de la radio, ni de
la guerre. Ils développèrent avec leurs confrères
de Londres de multiples concepts et ils parvinrent ainsi à
innover dans la façon d'utiliser le média, de
parler de la guerre et de s'adresser à leurs auditeurs.
The Men behind in the radio propaganda
war, Aurélie Luneau.
Favoured instrument of propaganda and major psychological
weapon, the radio’s fully potential was realised during
the Second World War. Very quickly it became a weapon in itself
and opened, above and beyond military confrontations, a new
front in the war: the battle of the air-waves. The majority
of men that laboured behind the scenes at the BBC –
a beacon of hope during the war’s grim years - were
neither radio professionals nor military experts. Throughout
the war, they succeeded in reporting the war, in addressing
their listeners and in developing innovative ways of working
the radio.
Ce qu'ont dit les murs de Fresnes, Carine Trévisan
Examinant la guerre dans ses marges, soucieux du sort des
prisonniers, Henri Calet entreprend en 1945 une enquête
sur les graffiti que, dans l'attente d'être jugés,
déportés ou exécutés, les résistants
ont laissés sur les murs des cellules de la prison
de Fresnes. Les résultats de cette enquête sont
successivement publiés dans Combat, France-Soir, Hommes
et Monde, Evidences. Ce travail sur les traces sensibles mais
fragiles d'expériences et d'événements
qui furent dérobés aux regards de tiers vise
à la fois à lutter contre le déni, par
les tortionnaires, des crimes qu'ils ont commis et contre
l'érosion trop rapide de la mémoire.
Prisoner’s words on the Fresnes
prison’s walls, Carine Trévisan.
With a keen interest for the peripheral effects of war and
concerned by the fate of its prisoners, Henri Calet undertook
in 1945 to study the graffiti on the prison walls of Fresnes
prison, last testament of the lives of resistance fighters
that faced condemnation, deportation or execution. The results
of his investigation have been published in Combat, France-Soir,
Hommes et Monde, Evidences. His work on these fragile traces
of lives that were concealed from the public eye stands as
evidence against the continued denial by the guilty parties
and fights against the erosion of collective memory.
Les physiciens nucléaires américains en campagne,
La médiatisation du péril atomique dans l'immédiat
après-guerre aux États-Unis (1945-1946), Michel
Pinault
Après Hiroshima, on assista à l’entrée
sur la scène médiatique des atomistes américains.
Alors qu’ils découvraient que la science était
entrée dans l’« ère du soupçon
», ils voulurent à la fois communiquer au grand
public et aux hommes politiques les éléments
d’une politique atomique susceptible d’apporter
la paix, construire des organisations pérennes de scientifiques
et obtenir une place au sein du pouvoir. Après quelques
réussites, ce fut au bout d’un an un échec,
comme en témoignent l’affaiblissement de leur
mouvement, le peu de succès de leurs tentatives de
mobilisation de l’opinion publique et finalement l’impasse
de la négociation entamée à la commission
de l’énergie atomique de l’ONU.
Nuclear Physicists on the campaign trail.
The mediatisation of the nuclear threat in early post-war
United States (1945-1946). Michel Pinault .
In the aftermath of Hiroshima, American nuclear scientists
won access to the mass media. Conscious that science had become
part of the Cold War, they lobbied for a better-informed public
and a peace policy for the US. They demanded, among other,
the establishment of permanent international scientific organisations
and a permanent representation for the scientific community
near the head of government. Initially successful, the influence
of their movement decreased, efforts at mobilising public
opinion proved ineffective and negotiations at the UN’s
Atomic Energy Commission reached an impasse.
Médecins en guerre : du témoignage au «
tapage médiatique » (1968-1970), Yves Lavoinne
Dans la presse, apparaissent d’abord des médecins
experts analysant la situation sanitaire. Le tournant décisif
se produit en novembre 1968. De retour du Biafra, Max Récamier
et Bernard Kouchner témoignent, dans Le Monde, de la
situation des Biafrais affamés par le blocus nigérian.
Puis B. Kouchner crée le Comité de lutte contre
le génocide au Biafra. Même s’il retourne
sur le terrain en septembre 1969, l’aide humanitaire
n’a désormais, pour lui, de sens et de portée
réelle que si elle s’accompagne d’une lutte
politique.
Physicians in a War zone: from testimony
to “media hype”. (1968-1970), Yves Lavoinne.
What is the role of the humanitarian worker in conflict zones?
The first to appear during the televised humanitarian disaster
is the medical expert offering his or her professional opinion
on the situation. Returning in November 1968 from Biafra,
Max Récamier and Bernard Kouchner published an article
in Le Monde on the Biafra population, left to starve by a
Nigerian blockade. Humanitarian aid, they argued, had been
deprived of real meaning and impact and would remain so unless
bolstered by a matching political strategy. Acting on his
own analysis, B. Kouchner formed the Action Committee against
the Biafran Genocide and returned to the field in September
1969.
Paroles de soldats en guerre d’Algérie, Patrick
Eveno
La guerre d’Algérie, qui se déroule au
sein d’une démocratie garantissant le liberté
d’expression et de communication, n’a pas été
une guerre transparente, parce que le pouvoir civil et militaire
s’est efforcé de contrôler l’information.
Cependant, les combattants eux-mêmes ont révélé
et raconté ce qu’ils vivaient. Certes minoritaires,
ces témoins revêtent une importance considérable
car ils fissurent le mur de la communication officielle. Au
début marginale et peu audible, la parole des soldats
sur la guerre d’Algérie devient de plus en plus
forte, jusqu’à faire retentir un fort bruit médiatique
au moment des confessions du général Aussaresses.
Soldiers of the Algerian War: Their
Narratives, Patrick Eveno.
Although France’s democracy nominally guarantees freedom
of expression and freedom of information, the civil and military
administration controlled, as best it could, information made
available to the public during the Algerian War. It could
not contain, however, the impact of the revelations by a small
number of French soldiers, which opened cracks in the official
version of events. Initially marginal and little heard, the
soldiers’ voice grew stronger, received increasingly
more media attention and reached a peak with the confessions
by General Aussaresses.
La guerre de Trente ans en France : discours et représentations,
Hélène Duccini
On connaît la guerre de Trente Ans racontée par
Renaudot et montrée par Callot, mais il est d’autres
façons de montrer cette guerre. Outre les textes du
gazetier qui fait une part importante à la guerre dans
ses Extraordinaires, les graveurs contemporains de Callot
ont largement fait écho aux événements
de l’actualité. Ils adoptent trois genres de
représentations : les profils et plans des batailles
et des sièges, les images satiriques qui moquent l’ennemi
espagnol et les grandes compositions qui mettent en scène
les batailles, la reddition des places, la mort des grands
capitaines et le roi, maître de la guerre et de la paix.
Cette « voix publique » est emprunte d’une
volonté de propagande et d’exaltation des hauts
faits des chefs d’armées qui deviendront chefs
de clans pendant la Fronde.
The Thirty Years’ War in France:
Narratives and Representations. Hélène Duccini.
Though we are most familiar with the seventeenth-century Thirty
Years’ War of the words of T. Renaudot and the prints
signed J. Callot in their famous journal, Les Extraodinaires,
there are alternative sources available to study the war:
engravers. The engravers, contemporaries of Callot, adopted
three types of representation: outlines and maps of battles
and sieges, satirical images poking fun at the Spanish enemy
and larger compositions of battle scenes, surrenders, deaths
of important captains and depictions of the master of war
and peace, the king. This “public voice” was marked
by the desire to glorify the exploits of military leaders,
some of which would command the forces during the ensuing
French civil wars, the Fronde.
La caricature allemande dans la Première Guerre mondiale,
Jean-Claude Gardes
La caricature allemande, puissamment structurée au
sein d’une presse satirique florissante, prend bien
note dès 1910 des grandes tensions internationales.
Après la brève accalmie du premier semestre
1914, elle s’engage sans retenue dans la bataille dès
le mois d’août 1914, soucieuse d’apporter
son soutien à la patrie en danger. Même les artistes
les plus critiques à l’égard du régime
wilhelminien se rallient au célèbre appel à
l’union sacrée lancé par Guillaume II,
ils conçoivent la guerre comme un combat défensif
de la culture germanique contre la barbarie ennemie. Dans
l’enthousiasme du départ, ils ne cessent d’ancrer
dans les esprits que l’ennemi va être rapidement
pulvérisé, ils aiment ridiculiser l’ennemi,
dont ils soulignent l’incompétence, la grossièreté,
la bassesse et la cruauté. Des principaux belligérants
ennemis, c’est la Russie et à un degré
moindre l’Angleterre qui sont les cibles de leurs flèches
les plus acérées ; la France ne fait bien souvent
que suivre le mouvement, est présentée même
à maintes occasions comme la victime de ses alliances.
Au fil des mois, les représentations grossières
du début évoluent quelque peu, les caricaturistes
les moins engagés multiplient les dessins purement
apologétiques, peu ou pas satiriques, mobilisateurs
et incitatifs, ou se tournent vers une satire de mœurs
anodine. Les dessinateurs politiques des journaux conservateurs
continuent de faire preuve d’une grande virulence tandis
que les artistes des organes libéraux ou socialistes,
qui souhaitent de plus en plus ardemment la paix même
s’ils soutiennent encore le combat allemand, proposent
de plus en plus fréquemment des images nouvelles, telles
celle du « poilu » pour lequel on éprouve
malgré tout un certain respect ou celle des profiteurs
de guerre.
German caricatures during the First
World War, Jean-Claude Gardes
As early as 1910, German caricature, influential amidst a
flowering satirical press, took note of raising international
tensions. With the start of hostilities in 1914, the satirical
press threw its full weight behind the German war effort and
in aid of a fatherland under threat. Even pens that had been
known for their criticism of the government followed the call
by Emperor Wilhelm II for a ‘holy union’, and
depicted the war as a defence of German culture against the
onslaught of barbarism. In their initial enthusiasm, they
promoted the image of a ridiculous, incompetent, rude and
cruel enemy that would almost instantly disintegrate. Russia,
and to a lesser degree England, is the target of its most
scathing insults; France is pictured as following the others’
lead and sometimes even as a victim of her alliances.
As the war wears on, less committed caricaturists resort to
justificatory sketches, little or not at all satirical, and
neither of mobilising nor inciting character, or they turn
towards a inconsequential satire of cultural mores. Conservative
artists continue to churn out virulently partisan material,
while liberal and socialist artists, hoping for peace even
while they continue to support the German war effort, introduce
new characters, such as the war profiteers and the French
soldier, the “’Poilu”, depicted with a certain
respect.
La Grande Guerre, matrice des médias modernes, Joëlle
Beurier
La première guerre mondiale apparaît comme un
vaste laboratoire pour un périodique illustré
comme le Miroir. En effet, elle représente un contexte
de production des images tout à fait particulier, puisque
les soldats sont les reporters du conflit qu'ils vivent au
quotidien. Grâce à ces documents de première
main, l'hebdomadaire tente de pratiquer une autre forme de
reportage, qui le fait entrer de plain-pied dans le monde
de la communication moderne.
The Great War, birth of the modern media,
Joëlle Beurier.
The First World War functioned somewhat like a vast laboratory
for an illustrated periodical such as the Miroir. Indeed,
it represented a particular context for the production of
images, as the correspondents were also soldiers, forced to
live the daily realities of the front-lines. The weekly magazine,
forced to innovate due to the new kind of reports, developed
new styles of reporting and techniques that propelled it into
the world of modern communication.
L’art de témoigner de Pierre Schoendoerffer,
Delphine Robic-Diaz
Pierre Schoendoerffer a commencé sa carrière
de cinéaste pendant la guerre d'Indochine en tant qu'opérateur
SCA (Service Cinématographique des Armées).
Revenu à la vie civile, il devient le principal réalisateur
de cinéma de guerre français, spécialisé
dans les représentations de la guerre d'Indochine.
Témoin survivant d'un conflit depuis lors tombé
dans l'oubli, ses films deviennent les échos d'une
guerre dont il s'acharne à perpétuer la mémoire
par la déréalisation de ses propres souvenirs.
The art of witnessing de Pierre Schoendoerffer,
Delphine Robic-Diaz
Pierre Schoendoerffer began his carrier as a film-maker during
the war in Indochina in the Army’s Cinematographic Service
(Service Cinématographique des Armées). Back
in civil life, he became the most important director of French
war cinema, specialised in the representation of this war.
Survivor and witness of a conflict by now largely forgotten,
his films projected the memory of the war, trying to keep
alive its memory and fight against the loss of reality of
his own memories.
Le Vietnam version prime-time, Maryline Boutet
L’Enfer du Devoir fut l’une des deux seules séries
américaines à oser montrer le quotidien des
Américains au Vietnam. Diffusée pour la première
fois sur les écrans de télévision, en
prime-time, entre 1987 et 1990, cette série apparemment
audacieuse par son sujet n’en reste pas moins extrêmement
conventionnelle dans sa forme. Une analyse attentive de ses
différents épisodes permet de saisir comment
elle propage une vision néo-conservatrice de la société
américaine et du rôle des Etats-Unis dans le
monde, à partir d’une relecture tout à
fait partiale de la guerre du Vietnam
Vietnam on Prime-time, Maryline Boutet.
The Tour of Duty was one of only two American television series
that dared depict the daily lives of Americans in Vietnam.
Broadcast for the first time, on prime-time, between 1987
and 1990, it remained extremely conventional in its style
although it touched on a highly controversial subject. The
article’s careful analysis of the series’ episodes
uncovers how the series propagated a neo-conservative vision
of American society and of America’s role in the world,
based on its rewriting of the Vietnam war.
Presse et liberté en Espagne, sous l’invasion
napoléonienne, Jaume Guillamet
Presse et liberté en Espagne, sous l’invasion
napoléonienne : L’invasion napoléonienne
de l’Espagne a l’effet imprévu de libérer
la presse espagnole des entraves qui l’empêchaient
de se développer, avec la défaite des structures
de l’État qui suit l’insurrection populaire
contre l’armée française et le mouvement
libéral qui proclame et régit pour la première
fois la liberté de la presse, qui est en plein essor
notamment à Cadix où siègent les Cortès.
Le rôle des juntes locales démultiplie le nombre
et les lieux d’édition des quotidiens et des
journaux. En Catalogne, territoire que Napoléon a placé
sous son autorité directe, à l’écart
de la monarchie de son frère Joseph, quelques journaux
publiés par l’administration française
polémiquent avec les journaux insurgés qui paraissent
dans les petites villes.
The Press and Freedom in Spain during
the Napoleonic Occupation, Jaume Guillamet.
Napoleon’s invasion of Spain had the unintended consequence
to free the Spanish press of the restraints that had prevented
it from developing and expanding. The invasion and ensuing
popular upheaval against the French army lead to the fall
of the Spanish state and a liberal movement, that proclaimed
and encoded the freedom of the press for the first time in
Spanish history. The press was in complete expansion, notably
in Cadix, place of residents of the Cortès. Only the
local junta hampered the growth in the number of publications.
In Catalonia, a territory that Napoleon placed under his direct
control – as distinct from the monarchy of his brother
Joseph – magazines published by the French administration
battled with the insurgents’ journals that sprung up
in the small cities.
Documentary drama, Fariborz Fallah
Ce texte est composé de deux parties. La première
est consacrée au débat théorique autour
du Documentary Drama et l'absence de consensus dans l'interprétation
des chercheurs. La deuxième partie se penche sur un
cas unique à la télévision britannique:
War Game de Peter Watkins. Cette " reconstitution imaginative
" basée sur les données scientifiques,
reste toujours le film le plus controversé que la BBC
ait jamais produit.
Documentary drama, Fariborz Fallah
This article looks at the situation of Documentary Drama on
british television. Theoretical debate and lack of consensus
among the academics are explained here.The second part is
a case study of Peter Watkins' War Game. Based on scientific
facts, this " imaginative reconstitution " remains
the most controversial programme ever produced by BBC
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