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Deux
numéros par an
240 pages
Prix au numéro
: 25 euros
Editeur : Editions Nouveau
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Le Temps des médias,
n° 3
"Public, cher inconnu !"
Sommaire
du n°3 - Automne 2004
Dossier
: Public, cher inconnu
Avant-propos, Cécile
Méadel
La triple invention : comment faire l'histoire du public ?, Jérôme Bourdon
Figures de lecteurs, poses de lecture dans la littérature du XIXe siècle, Anne-Claude
Ambroise Rendu
Un objet à construire : les publics du cinéma, Pierre
Sorlin
Télévision, réception et identité dans une ville africaine, Knut
Lundby, Daniel Dayan
"Ne quittez pas L'Express !", Claire
Blandin
Le Point et ses lecteurs : une affaire de fidélité, Véronique
Odul
Consommateurs de livres : les marchés de la librairie
Hachette, Jean-Philippe Mazaud
De l'audience au public des médias : le courrier des causeries au coin du feu de Roosevelt, David Michael Ryfe
Quand le "Fürher parle" : le public des cérémonies radiophoniques du nazisme, Muriel
Favre
Eléments pour une histoire du public des postes à transistor, Elvina
Fesneau
L'irrésistible montée des études de marché dans la presse française (1920-1990), Christian Pradié
Rencontre avec Jean Oulif, Jacques
Durand
Les lecteurs de la presse : une audience difficile à mesurer, Françoise
Dupont
L'audimat ou la conquête du monopole, Cécile Méadel
Les dispositifs de construction de l'internaute par les mesures d'audience, Josiane Jouet
Territoires
d'études
Les médias font-ils l'élection ? Retour sur une controverse, entretien
avec René Rémond
"Anti-Le Pen" 202 : Images et Interne. Nouvel outil : nouveaux procédés ?, Christian
Delporte
Entretien
Michel Souchon, du CECMAS à France Télévision,
un itinéraire
Jacqueline
Aglietta, présidente de Médiamétrie
Recherche-Actualités
Parutions
Medianet
Le point sur
L'histoire des médias en Isrël : jalons et recherches, Ouzi Elyada
Chronique Passé/Présent
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JEROME BOURDON, LA TRIPLE INVENTION
: COMMENT FAIRE L’HISTOIRE DU PUBLIC
Le public constitue un domaine central et pourtant négligé
pour l’historien des médias, qui doit affronter
ici trois séries de difficultés. 1. Epistémologiques.
La notion de public est liée à des débats
de philosophie politique et de sociologie, qui réclame
une conceptualisation spécifique d’un lien social
à distance, sans contact direct (relire Tarde). De
surcroît, elle est difficile à manier de façon
non axiologique, tant le public est d’emblée
à la fois un contre-pouvoir (contre l’État)
et une tyrannie nouvelle (celle de « l’opinion
» ou de la « majorité »). 2. Méthodologique,
car il faut reconstituer voire imaginer le public à
partir de sources diverses et, pour le public disparu qui
ne fit pas l’objet d’enquête, faire flèche
de tout bois. Chaque source tant à dessiner un public
différent. Pour le contemporanéïste, la
prolifération des sources ne facilite pas la corroboration
entre méthodes. 3. Matérielles, car souvent
les sources à propos de publics passés sont
si rares qu’il faut imaginer le public à partir
d’un effort d’imagination historique qui doit
se détacher du contenu abstrait et statique des médias
pour reconstituer un processus
HOW TO WRITE THE HISTORY OF PUBLIC
For media historians, the « public » (which in
Latin languages also means « audience ») has been
a neglected field despite its centrality. They must face three
series of obstacles. 1. Epistemological. The notion has been
linked to debates of political philosophy and sociology. It
requires a specific conceptualization of a social link without
direct contact (Tarde is central here). In addition, it is
difficult to use the notion without being axiological, as
the « public » is from the start both a counter-power
(against the State) and a new form of tyranny (that of «
opinion » or « majority »). 2. Methodological.
One has to reconstitute the audience from diverse sources,
especially for audiences of the past which were never investigated.
Each source tends to create its own public. For the historian
of the contemporary, the proliferation of sources does not
make corroboration between different methods easier. 3. Material,
for sources about past audiences are often so rare that one
has to imagine audiences through a specific effort of historical
imagination, which must departs from the abstract and static
content of the media to reconstitute the dynamic and material
process of reception.
ANNE-CLAUDE AMBROISE-RENDU,
FIGURES DE LECTEURS, POSES DE LECTURE DANS LA LITTERATURE
DU XIXEME SIECLE
La littérature offre un catalogue de postures et de
figures de lecteurs qui fournit une typologie utile des représentations
de la lecture de la presse forgée par les romanciers.
Autonomes et construites, ces représentations, nous
en apprennent néanmoins autant sur la place qu’occupe
le journal dans la société bourgeoise que bien
d’autres investigations. Quand Stendhal nous montre
des lecteurs d’une presse politique, Flaubert insiste,
lui, sur le caractère utilitaire de la lecture de la
presse provinciale mais aussi sur le partage entre hommes
et femmes, partage également repéré par
Balzac, tandis que Jules Verne déploie pour son lecteur
tous les mécanismes de la modernité médiatique.
Mais touts ou presque s’accordent à considérer
que le journal entré dans les habitudes quotidiennes
est devenu un moyen de distraction autant que d’information.
READERS AND READING AS DEPICTED IN 19TH
CENTURY LITERATURE
Novelists of the past provide a range of descriptions of the
attitudes and habits of readers of press. They have much to
tell us about the status of the newspapers in bourgeois society.
Cases in point include Stendhal on the readership of political
papers; Flaubert of both the self-interested motives of readers
of the provincial press and on the different attitudes of
men and women readers – a point also taken up by Balzac
– and Jules Verne on how the media of his time operated.
Nearly all of them considered habit and a form of entertainment
as well as of news and comment.
PIERRE SORLIN, UN OBJET A CONSTRUIRE
: LES PUBLICS DU CINEMA
L'évolution du public cinématographique est
bien connue, elle augmenta régulièrement jusqu'à
un sommet qu'elle atteignit dans les années cinquante
puis déclina. Cette courbe séculaire pose de
multiples questions : qui étaient les spectateurs,
appartenaient-ils au même groupe social ou se répartissaient-ils
selon des clivages sociaux antérieurs ? Et, plus sérieusement,
comment reçurent-ils les films, le cinéma influença-t-il
leurs comportements et leurs idées ? Cet article voudrait
proposer une évaluation critique des sources disponibles
et pose les bases théoriques d'une étude des
publics du cinéma.
HOW TO RECONSTRUCT THE CINEMA-GOING
PUBLIC
The overal trend of film attendance is well known, spectatorship
grew regularly to a peak reached during the 1950s, then declined
rapidly. This secular processes raises many questions : who
were the spectators, did they belong to the same social group
or were they divided according previously established social
categories ? More importantly, how did they enjoy films and
did cinema influence their behaviour or thoughts ? The intention
of this paper is to evaluate critically the available sources
and propose a theoretical framework for the study of cinema
audiences.
KNUT LUNDBY, DANIEL DAYAN,
TELEVISION, RECEPTION ET IDENTITE DANS UNE VILLE AFRICAINE
Addressing the issue of identity construction, this article
shows that global fluxes of information provide new ressources
to actors in specific settings. The field analysed here is
that of Anglicanism in Africa. Building on theoretical element
from Arjun Appadurai and Michael Schudson, the discussion
is based on empirical material concerning the relationship
between media, religion and culture in a small religious community
in Zimbabwe.
TELEVISION, RÉCEPTION AND IDENTITY
IN AN AFRICAN TOWN
Cet article sur la construction des identités montre
que les flux globaux d’information fournissent aux acteurs
de nouvelles ressources dans des contextes donnés.
En partant de la théorie développée par
Arjun Appadurai et Michael Schudson, l’une enquête
empirique sur l’Anglicanisme en Afrique, montre les
relations entre médias, religion et culture dans une
petite communauté du Zimbabwe.
CLAIRE BLANDIN, « NE
QUITTEZ PAS L’EXPRESS »
En décembre 1960, Mauriac en appelle à ses lecteurs
: doit-il poursuivre son « Bloc-notes » à
L’Express ? Des nombreuses lettres reçues en
réponse, cent cinquante sont toujours conservées
à Malagar. Elles offrent un aperçu de la représentation
de l’écrivain Mauriac dans l’imaginaire
de ses lecteurs : ils disent leur fidélité à
l’écrivain-journaliste, pour lequel ils se mobilisent.
Surtout, ces courriers mettent en valeur l’importance
de la dimension chrétienne de l’engagement de
Mauriac : les lecteurs soutiennent le combat d’un «
témoin ».
« DON’T LEAVE L’EXPRESS
»
In december 1960, Mauriac ask his readers about the «
Bloc note » : is-it possible for him to stay at L’Express
? 150 letters in the several hundreds he received are today
in Malagar. The study of these texts shows that, for L’Express’
readers, Mauriac is the « écrivain-journaliste
archetype. But, if they ask him to stay, it’s because
of his chistian faith.
VERONIQUE ODUL, LE POINT ET
SES LECTEURS : UNE AFFAIRE DE FIDELITE
La création du Point, hebdomadaire d’information
générale, au début des années
1970, répond à un projet journalistique fondé
sur un principe éthique hautement revendiqué
et fortement empreint de marketing. Les cadres et cadres supérieurs
sont la cible clairement identifiée du journal. Et
depuis sa création, Le Point met en avant le lien de
responsabilité, puis au fil des années, de fidélité
unissant ses lecteurs et le journal.
THE READERS OF LE POINT BONDING WITH
A NEW MAGAZINE
Le Point is a news magazine created in 1972 with the help
of marketing and with an ethical principle which is claimed.
The newsmagazine is clairly aimed at a management and executive
audience. And since its creation, Le Point insists on the
responsibility and the fidelity which link the audience to
the newsmagazine.
JEAN-PHILIPPE MAZAUD, LES CONSOMMATEURS
DE LIVRES : LES MARCHES DE LA LIBRAIRIE HACHETTE
L’article étudie les consommateurs de livres
à partir de la construction de la notion de public
par le premier groupe éditorial français. Le
« public » de la Librairie Hachette s’est
révélé progressivement dans les informations
acheminées par le réseau de distribution de
détail. Face aux anticipations d’Hachette sur
l’Instruction publique au XIXe siècle, la «lecture
pour tous» ou le public « populaire » des
collections de poche du XXe siècle, les réactions
des publics réels n’ont pas cessé d’élargir
un marché qui s’est co-construit dans les relations
continues entre l’offre et la demande.
WHO BUYS BOOKS ? HACHETTE ANS THE BOOK
MARKET
This article deals with the consumers of books focusing on
the idea of “public” constructed by the first
publishing French group. Hachette’s “public”
has progressively appeared in the data drawn from the firm
retail network. Beyond Hachette’s anticipations on the
“Public Instruction” needs in the XIXth, on the
“reading for all” concept or on the “popular
public” of paperbacks collection in the XXth, the reactions
of concrete publics have enlarged the book market which stemmed
from the continuous relations between offer and demand.
DAVID MICHAEL RYFE, DE L’AUDIENCE
AU PUBLIC DES MEDIAS : LE COURRIER DES CAUSERIES DU PRESIDENT
ROOSEVELT
L’article utilise les causeries Franklin D. Roosevelt
pour montrer comment une audience devient un public. Il s’appuie
sur un corpus de 380 lettres choisies au hasard parmi celles
qui ont été écrites à propos des
dix premières causeries, correspondant au premier mandat
du président. L’article analyse la rhétorique
radiophonique utilisée, qui s’adresse à
chaque auditeur à la fois comme individu particulier
et comme membre d’un public de masse. De ce fait, les
auditeurs se sentent appartenir à un très large
collectif et sont conduits à des différentes
formes de sociabilité : conversations multiples avec
leur famille, leurs amis, leurs voisins, etc., qui constituent
des lieux de réflexivité collective.
THE LISTENER AND THE LISTENING PUBLIC
: FDR’S FIRESIDE CHATS
This essay investigates the process by which media audiences
become media publics in an analysis of Franklin D. Roosevelt’s
(FDR) fireside chats. Data for this analysis includes 380
randomly selected letters written in reaction to the first
ten chats delivered by FDR during his first term of office.
I show that FDR borrowed the 'for-anyone-as-someone' structure
of broadcasting to address listeners as particular individuals
and as members of a mass public. In response, listeners adopted
this structure to speak for themselves and for a mass public.
In this manner, listeners associated themselves with a larger
collectivity ; their feelings inspired bouts sociability—serial
conversations with family, friends, neighbors, and strangers—that
look very much like an instance of collective reflexivity.
MURIEL FAVRE, QUAND LE «
FÜHRER » PARLE LE PUBLIC DES CEREMONIES RADIOPHONIQUES
DU NAZISME
Retransmises en direct à la radio, les grandes cérémonies
du IIIe Reich furent des événements médiatiques
au plein sens du terme. Le plus souvent, les Allemands en
suivirent la diffusion dans le cadre d’écoutes
collectives obligatoires organisées dans les usines
et les bureaux ou sur des places publiques aménagées
pour l’occasion. Cette forme d’écoute particulière
participait de la politique d’endoctrinement du régime
nazi ; elle avait notamment pour but de renforcer chez les
participants le sentiment d’appartenir à une
« communauté nationale » unitaire et conquérante.
Il est toutefois difficile d’estimer quels en furent
véritablement les effets.
LISTENING TO HITLER
Nazi political ceremonies, which were broadcast live over
the air waves, can be considered as genuine media events.
By organising obligatory collective listening sessions in
factories and offices or in public squares, Goebbels and his
lieutenants intended to indoctrinate the Germans with the
regime’s ideals. In particular, collective listening
was supposed to create a greater sense of “national
community”. The effects of Goebbels’ concept on
the population, however, cannot be evaluated in detail.
ELVINA FESNEAU, ELEMENTS POUR
UNE HISTOIRE D PUBLIC DES POSTES A TRANSISTORS EN FRANCE
L’analyse du public de la radio doit être confrontée
à ses techniques. Ainsi, la découverte du composant
transistor adapté aux postes de radio a-t-il bouleversé
le mode d’écoute. Cet article montre comment
l’étude du poste à transistors en tant
que produit de grande consommation apporte des éclairages
sur les comportements du public de la radio et sur les conséquences
d’écoute dans les années soixante.
A CONTRIBUTION TO THE HISTORY OF THE
AUDIENCE OF TRANSISTOR RADIO IN FRANCE
Analysis of radio audiences should be approached from the
point of view of radio technology. In this way, the application
of the transistor to radioreceivers revolutionised listening
behaviour. This article explores how the study of the transistor
radio as a consumer product sheds light upon the behaviour
of radio audiences and upon the consequences of listening
to the radio during the 1960's.
CHRISTIAN PRADIE, L’IRRESISTIBLE
MONTEE DES ETUDES DE MARCHE DANS LA PRESSE FRANÇAISE
(1920-1990)
L’évolution du fonctionnement des médias
au cours du XXème siècle est marquée
par le développement des liens entre éditeurs
de presse et professions publicitaires. Cette relation occasionne,
pour compléter les renseignements sur le niveau des
tirages obtenus à partir de 1922, l’insertion
de l’activité de sociétés d’études
par sondages pour une étude quantitative des publics.
La diffusion de l’emploi de sondages pour les besoins
publicitaires, vers le milieu du siècle, facilite le
recours à des prestations d’études des
marchés éditoriaux, conduisant, à partir
des années 1960-70 à l’introduction d’un
marketing rédactionnel.
MARKET SURVEYS AND THE FRENCH PRESS
(1920-1990)
The evolution of the operation of the media during the XXème
century is marked by the development of the links between
editors of press and advertising professions. This relation
causes, to supplement the information on the level of the
diffusion of the newspaperss obtained since 1922, the insertion
of the activity of survey firms for a quantitative study of
the public ones. The diffusion of the use of surveys for the
advertising needs, about the middle of the century, facilitates
the recourse to services of the market research, leading,
as from the years 1960-70 with the introduction of a editorial
marketing.
JACQUES DURAND, RENCONTRE AVEC
JEAN OULIF (1909-1987)
Jean Oulif a dirigé pendant plus de vingt ans le service
d’étude du public de la Radio Télévision
Française, et il a réussi progressivement à
obtenir des moyens accrus pour ce service. Ses conceptions
très personnelles sur la méthodologie des sondages
ont été peu appréciées par les
professionnels. Mais c’était un esprit inventif,
dont les réflexions sont souvent très originales.
JEAN OULIF REVISITED
Jean Oulif was for more than twenty years in charge of the
audience research department of the Radio Télévision
Française, and he succeeded to obtain increased means
for this service. His very personal conceptions about the
methodology of surveys were not much appreciated by professionals.
But he was an inventive man, and his thoughts were often very
original
FRANÇOISE DUPONT, LES
LECTEURS DE LA PRESSE. UNE AUDIENCE DIFFICILE A MESURER
Vu le nombre élevé de titres de la presse et
la diversité des comportements des lecteurs, il est
difficile d’estimer le nombre de personnes qui lisent
un journal ou un magazine. Les premières statistiques
sur la presse écrite ont été publiées
au début du Xxe siècle. La première importante
enquête a été lancée par le CESP
en 1957 pour fournir aux agences et aux annonceurs des informations
de qualité sur le profil des lecteurs. Elle s’est
poursuivie jusqu’en 1993 avec quelques changements dus
au nombre croissant de titres. En 1993, la presse écrite
a décidé d’abandonner les CESP et de faire
deux enquêtes séparées l’une pour
les magazines et l’autre pour les quotidiens. Les deux
enquêtes ont des échantillons différents
qui ne permettent pas de les comparer. Cette situation n’est
donc pas satisfaisante pour les agences de publicité.
ON THE DIFFICULTY OF MEASURING NEWSPAPER
READERSHIP
It is difficult to estimate how many people read a newspaper
or a magazine. This is due to the great number of titles and
the wide range of reading behaviours. The first statistics
on the written press were published at the beginning of the
20th century which dealt with circulation data. The first
readership survey was launched by the CESP in 1957 in order
to provide the advertisers and the advertising agencies information
about readers’ profile. The CESP survey had been conducted
every year from 1967 to 1992 with some methodological change,
mainly because of the increasing number of magazines studied.
In 1993, newspapers and magazines decided to give up the CESP
and to carry out two separate surveys. These two surveys are
based on different methodologies which are specifically adapted
to the type of press concerned. Since 1993, both surveys have
been conducted every year on two different samples. Therefore,
they cannot be used on a same basis. This is not totally satisfactory
from the advertising agencies point of view.
JOSIANE JOUET, LES DISPOSITIFS
DE CONSTRUCTION DE L’INTERNAUTE PAR LES DISPOSTIFS D’AUDIENCE
Depuis le début des années 1990, la collecte
de données sur l’audience est devenue un enjeu
crucial pour les acteurs d’internet et l’explosion
des mesures du « public » témoigne de l’entrée
de ce média dans la sphère du marché.
Après un questionnement autour de la notion d’audience
appliquée à internet, l’article retrace
les turbulences et les restructurations du marché de
l’audience, puis analyse les spécificités
des dispositifs construits pour connaître les internautes.
HOW MEASUREMENT DATA SHED LIGHT ON THE
INTERNET USER
Ever since the early 1990s, the collection of data about usage,
hits and traffic has become of central importance for the
various actors of the net; the explosion of measurement figures
relating to the “public” is an indicator of the
market orientation of this medium. This article first examines
the relevance of the notion of “audience” when
studying the Internet; it then reviews the ups and downs of
the Internet market and concludes by assessing the distinctive
features of the ways devised to track Internet users.
CECILE MEADEL,
L’AUDIMAT OU LA CONQUETE DU MONOPOLE
Les mesures d’audience résultent d’un processus
complexe d’organisation et de coordination entre différentes
catégories d’acteurs ; l’audimat qui a
été longtemps ignoré en France avant
d’être adopté au début des années
80 s’est imposé comme mesure dominante au terme
d’une histoire controversée. Né en effet
dans l’orbite d’un service ministériel,
le CEO (Centre d’études des Opinions), il ne
parviendra à s’imposer durablement qu’au
terme de la privatisation de cet organisme. Il passe alors
du statut d’outil de gestion interne des sociétés
à celui d’opérateur de marché.
THE AUDIMAT AND THE MONOPOLY
Audience measure is the result of a complex organisational
process. This process implies coordination between various
kind of actors. During a long time, the « Audimat »
(media response meter) has been ignored in France. After a
contoversial history, it became, at the the beginning of the
eighties the dominant audience monitoring. It was created
by a ministerial departement, the « Centre d’études
des Opinions ». It is only after the privatisation of
this public body, that it will play a major role in the media
landscape. From a status of internal management tool, it became
a leading market instrument.
CHRISTIAN DELPORTE, «
ANTI-LE PEN » 2002 : IMAGES ET INTERNET
Le choc électoral du 21 avril
2002 a suscité la première grande mobilisation
politique du Web en France, pour s’opposer au Front
national. L’un des traits caractéristiques fut
la place tenue par la production graphique, à travers
les centaines d’images anti-Le Pen qui circulèrent
d’un site Internet à l’autre et alimentèrent
l’imaginaire collectif des manifestants. L’interrogation
principale ici est de savoir si le recours à un nouvel
outil – le Web – contribue, ou non, à renouveler
les procédés classiques de l’image de
propagande et de la satire, depuis longtemps en usage dans
la caricature ou l’affiche, notamment.
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