8 mai 2006
Quarante députés
UMP demandent au Président de la République
« le déclassement » de l’article
2 de la loi du 23 mai 2001, dite loi Taubira, « tendant
à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage
en tant que crime contre l’humanité »,
article qui stipule notamment que « Les programmes scolaires
et les programmes de recherche en histoire et en sciences
humaines accorderont à la traite négrière
et à l’esclavage la place conséquente
qu’ils méritent… ». Ces députés
l’exigent au nom du « parallélisme des
formes et soucis d’égalité de traitement
», après le déclassement, le 31 janvier,
de l’alinéa 2 de l’article 4 de la loi
dite Mekachera qui enjoignait aux chercheurs d’accorder
« à l’histoire de la présence française
outre-mer la place qu’elle mérite » et
aux enseignants d’évoquer dans leurs cours «
le rôle positif de la présence française
outre-mer », notamment en Afrique du Nord. Les signataires
de l’appel Liberté pour l’Histoire, soutenu
par près de 700 enseignants et chercheurs, regroupés
désormais en association, avaient déploré
que les responsables politiques aient pu voter et promulguer
des lois mémorielles proclamant des vérités
officielles, bridant la liberté d’expression,
risquant de provoquer des affrontements ou surenchères
de mémoires et d’instrumentaliser les enseignants,
pris en otages. Ils avaient demandé le toilettage d’articles
des quatre lois mémorielles (la loi Gayssot contre
le négationnisme, la loi sur le génocide arménien,
la loi Taubira, la loi Mékachéra). Encore faudrait-il
que ce toilettage nécessaire se fasse dans un climat
serein, exempt de précipitation, de règlements
de comptes partisans et, a fortiori, de calculs électoralistes.
Ce qui ne paraît nullement le cas. Mais les signataires
tiennent aussi à réaffirmer que, puisqu’il
incombe bien à la représentation nationale d’attribuer
aux victimes des compensations symboliques ou financières,
ou d’instituer des commémorations, la journée
nationale commémorant les traites négrières,
l’esclavage et leur abolition en France leur paraît
particulièrement bienvenue.