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Séminaire "Genre, médias, pouvoirs", 2015-2016

Le Séminaire « Médias, pouvoirs et genre », dont le premier cycle a eu lieu pednant l’année 2014-2015, a vocation à présenter des travaux de recherches croisant les études communicationnelles, notamment médiatiques, les études socio-politiques et la question du genre. Cette dernière investit l’ensemble des pratiques sociales et symboliques et traverse tous les champs de recherche et domaines disciplinaires. Elle constitue une plate-forme inédite de dialogue entre les savoirs, mobilise des méthodologies croisées et ouvre par là-même sur une interdisciplinarité réelle et non postulée.


Responsables scientifiques
Marie-Joseph BERTINI, Professeure des Universités, LIRCES, Sciences de l’information et de la communication / Cultural et Gender Studies, Université de Nice-Sophia Antipolis
Martine MONACELLI FARAUT, Professeure des Universités, LIRCES, Civilisation britannique, Université de Nice-Sophia Antipolis


Programme

Vendredi 4 décembre 2015 à 14h30
Médias et rapports de pouvoirs dans la construction des corps trans et cisgenres Par Karine Espineira, Docteure en Sciences de l’information et de la communication, en Post-Doctorat à l’UMR LEGS, Université Paris 8, sous la direction d’Eric Fassin
Cette analyse de la construction des corps trans, à travers les récits autobiographiques distillés dans les médias depuis près de 40 ans, interroge les identités trans depuis les disciplines médicales et les différentes techniques mises en œuvre dans le but de "reconstruire" des hommes et des femmes, au sein des sociétés occidentales notamment. Depuis les années 2000, les figures médiatiques transgenres ont mis à mal cette modélisation et introduit des discours subversifs renvoyant à l’exigence d’analyses plus sociologiques que psychanalytiques, ou psychiatriques. L’année 2014, sacrée « année transgenres » dans les réseaux sociaux, s’est attardée sur Laverne Cox et Conchita Wurtz. En 2015, c’est le coming out de Caitlyn Jenner et sa Une dans Vogue qui font l’actualité. La couverture de Jenner a beaucoup à dire sur"l’esprit" d’une représentation de soi, et par extension sur celui d’une représentation de la femme modélisée et photoshopée qui renforce les normes corporelles féminines. Cette médiatisation, qui n’est pas sans rappeler celle de Thomas Beatie, le "premier homme enceint" selon les médias, nous invite à nous interroger sur l’interpolation des rapports de pouvoir sous la double pression sociale et médiatique : quel corps pour les hommes et pour les femmes trans ? Quel corps pour les femmes et pour les hommes cisgenres ? Qui construit désormais le corpsde l’autre dans les médias ?

Vendredi 12 février à 14h30
L’Etrangère aujourd’hui : figures médiatiques des femmes d’origine étrangère dans la presse écrite française contemporaine Par Cyrielle Campo, Doctorante en Sciences de l’information et de la communication, Laboratoire LIRCES. Cette recherche s’appuie sur l’analyse de discours et de contenu d’un corpus de presse écrite de 2007 à 2013 et sur une enquête de terrain en observation participante au sein de plusieurs associations spécialisées. De l’analyse des médias à l’analyse de terrain, il s’agit de saisir l’importance des représentations de la figure de l’Etrangère dans le cadre des nouveaux enjeux politiques où la question du corps des femmes demeure centrale. Le Genre comme grille d’analyse constitue un espace de réflexion permettant de repenser les concepts de pouvoir et de domination au sein de la société. A partir de l’Histoire et des mutations politiques de la société, cette communication interroge la transformation des représentations sociales des femmes d’origine étrangère et le fonctionnement du Genre comme dispositif de pouvoir agissant sur leur corps. Elle s’attachera à montrer comment les rapports entre Genre, sexe et corps structurent une multiplicité de constructions et de modélisations identitaires inédites. Les bouleversements théoriques et pratiques du pouvoir actuels réactivent aujourd’hui plus que jamais les questions de mémoire collective et d’identités dans la société française par un investissement majeur autour de la question des femmes.

Vendredi 15 avril à 14h 30
Lilith versus Eve : la resémantisation de deux figures féminines mythiques dans la fiction latino-américaine par Sara Calderon, Maître de Conférences en Civilisation Hispanique, Université Nice Sophia Antipolis.

Les sociétés occidentales sont vertébrées par des récits qui contribuent à étayer les constructions de Genre par un appareil discursif qui façonne les imaginaires à propos du féminin et du masculin. Les récits mythiques des origines sont en ce sens emblématiques. Avec l’arrivée des religions monothéistes, les divinités féminines qui les ont précédées, soit tombent dans l’oubli, soit se transforment pour léguer certains de leurs traits à des figures mineures. Ce serait là l’origine de Lilith et d’Eve, les deux premières femmes dans les traditions juive et chrétienne. Ces deux figures mythiques ont marqué durablement la conception du féminin dans les cultures patriarcales. Avec l’arrivée de la postmodernité, les productions culturelles permettent l’expression d’une multiplicité de discours qui remettent en question celui du sujet masculin blanc occidental hétérosexuel. Parmi celles-ci, les fictionsécrites par des femmes. Deux auteures latino-américaines, la nicaraguayenne Gioconda Belli et la mexicaine Brianda Domecq, réinvestissent respectivement dans deux de leurs fictions les figures d’Eve et de Lilith dans une perspective féministe qui infléchit le canon.

Vendredi 17 juin 2015 à 14h30
"Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change". Les femmes et le management par le servant leadership par Emilie Souyri, Maître de Conférences en Civilisation Américaine, Université Nice Sophia Antipolis. Le servant leadership (SL) est une forme de management en plein essor. Elle s’inspire destravaux de Robert Greenleaf qui lui-même a abondamment puisé dans la Bible et dans son exhortation à renverser les hiérarchies traditionnelles ("quiconque veut être grand parmi vous,qu’il soit votre serviteur" Marc 20 : 26). Cette idée, reprise et développée par des organisations aujourd’hui prospères (Walmart, ServiceMaster,etc...) trouve très souvent ses plus ferventes adeptes parmi les employées des secteurs de service (vendeuses, agentesd’entretien) ou même parmi les enseignantes. Quand le SL est envisagé au prisme de récentes critiques du système capitaliste portées par des philosophes féministes ou par des sociologues (Boltanski et Chiapello 2011 ; Fraser 2011 ), on s’aperçoit qu’il contribue à ce que "tout reste tel que c’est", notamment pour les femmes employées en bas de l’échelle professionnelle. Peut-on néanmoins tirer du SL lui-même, mais aussi de sa critique, des éléments pour construire une réalité professionnelle différente ? L’éthique du care, ainsi que la critique du travail pensée par André Gorz, peuvent donner des éléments de réponse à cette question.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Seminaire-Genre-medias-pouvoirs.html