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Soutenances de thèses

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GUERRERO BERNAL Juan Carlos : Se sentir concerné par la violence en Colombie : vecteurs et modalités de la constitution de publics internationaux

Thèse de sociologie (EHESS). Soutenance le mardi 24 novembre 2009 à 9h, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris, 105 Boulevard Raspail. Amphithéâtre (rez-de-chaussée). Membres du jury : Jocelyne ARQUEMBOURG (Université de Paris II), Bertrand BADIE (Institut d’études politiques de Paris), Francis CHATEAURAYNAUD (École des hautes études en sciences sociales, GSPR), Daniel PÉCAUT (École des hautes études en sciences sociales, CEMS – Directeur), Johanna SIMÉANT (Université Paris I, CRPS-CNRS).

Cette thèse s’interroge sur les conditions de constitution à l’échelle internationale de publics concernés par les effets de la violence en Colombie. Elle vise essentiellement à en identifier les vecteurs et les modalités. Elle tente ainsi de déceler les raisons qui expliquent pourquoi la violence colombienne n’est pas devenue, sauf moments d’exception, un problème majeur retenant l’attention de publics internationaux. La réflexion est conduite ici à partir d’un travail d’observation, de description et d’analyse de la manière dont deux acteurs tentent de rendre visible la problématique colombienne sur la scène internationale. D’une part, les journalistes étrangers (plus précisément les correspondants de la presse francophone et anglophone) qui rendent compte des faits majeurs de violence, et d’autre part, certains types de militants transnationaux qui essaient de construire des causes pour mobiliser des publics à l’échelle internationale. Au lieu de traiter séparément les activités de ces deux acteurs, cette thèse les met en perspective, en prêtant attention à la façon dont les récits journalistiques ouvrent des champs d’actions potentiels aux militants et à la façon dont les causes promues par les militants parviennent à avoir un écho dans les médias En dernier ressort, il s’agit de considérer comment un espace public ou des espaces publics voient le jour au niveau international.
Les questions fondamentales abordées tout au long des sept chapitres de cette thèse sont les suivantes : quels sont les cadres à travers lesquels les spectateurs lointains de la violence colombienne (en l’occurrence des citoyens français) ont normalement saisi cette réalité ? Quels événements locaux ont eu un retentissement significatif sur la scène médiatique internationale et quels récits ont alors élaboré les médias pour en rendre compte ? Quel est le degré de politisation des migrants colombiens installés en France et quel rôle y ont joué les ressortissants colombiens politisés dans la mise en scène au niveau international de la problématique colombienne ? Pourquoi le phénomène du déplacement forcé des populations n’a pas acquis une visibilité importante sur la scène internationale ? Quels types de mobilisations transnationales ont déclenché les appels de solidarité lancés en direction du milieu associatif français pour protéger les populations déplacées ?
Quels facteurs expliquent la visibilité centrale du problème des enlèvements à l’échelle internationale ? De quelle manière ont émergé et agi les comités de citoyens qui se sont battus pour la libération d’Ingrid Betancourt et des autres personnes séquestrées en Colombie ? En répondant à ces questions, la thèse explique ce qui fait barrage à l’émergence et à la stabilisation de publics qui, à l’échelle internationale, seraient en mesure de se sentir concernés par les effets de la violence colombienne. Elle éclaire par ailleurs les raisons pour lesquelles la notion d’espace public international, tout en étant utile pour analyser les processus de mise en visibilité internationale des crises localisées, doit être évoquée avec pondération et prudence.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Se-sentir-concerne-par-la-violence.html