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Ouvrage : Raoul Sangla, Heures ouvrables et carnet de doute (L’Harmattan-INA, 2007). Recension par Jean-Max Méjean.

Né en 1930, Raoul Sangla nous livre ici une chronique dans laquelle, à travers une vingtaine de chapitres, et un abécédaire pour terminer, il retrace son itinéraire qui ne manque ni de rebondissements, ni de suspense. Ce réalisateur, qui a traversé toute l’histoire de l’ORTF en réalisant des émissions devenues depuis cultes comme « Discorama » de Denise Glaser, pour ne citer que celle-ci, se montre plein d’humour, de tendresse et parfois de mélancolie. Il est rassurant aussi de constater que celui qu’on a souvent qualifié de « maniériste » est un « fantaisiste » qui a su, en plus de quarante ans de métier, marquer mieux que quiconque le PAF de sa patte. Commençant ses mémoires par cette citation de Picasso qui donne déjà la mesure de son propos (« Quant à moi, ce qui me sauve, c’est que, chaque jour, je fais pire »), il les conclut par cette épitaphe curieuse et tout aussi inattendue :

« Cinéaste je fus d’aventure fauteur D’images pour trousser sanglades à la hauteur. »

Empruntant donc des chemins détournés, son livre entend pourtant répondre de manière sérieuse à tout un ensemble de problématiques : Pourquoi filmer ? Qui ? Quoi ? Comment ? Aux trois premières questions, la commande répond presque toujours ; la quatrième n’attend réponse que du « filmeur ». Ce livre devient alors la chronique d’une profession particulière, celle qui filme pour la télévision. Et l’hommage de la Sacem, lors de la remise du Grand Prix à Raoul Sangla en 2007, est édifiant à cet égard :

« En ce temps-là, la télévision avait seulement dix ans, une chaîne et deux couleurs, le noir et le blanc. Elle avait aussi des lettres, des auteurs, dont on retenait d’autant mieux les noms, lorsqu’ils défilaient au générique, qu’ils s’appelaient Averty, Santelli, Barma, Lorenzi, Bluwal, Cardinal et… Raoul Sangla. C’était l’année – 1959 – où ce dernier entra dans la carrière, à quoi rien ne le destinait. Il aurait dû rester au pays basque (il est né à Anglet) et devenir plâtrier, comme son père. D’ailleurs, il le fut, de 1948 à 1955, après des études aux collèges de Bétharram et d’Ustaritz, puis au lycée de Biarritz : rien que de très classique. Puis le destin en a décidé autrement et, contre toute attente, il devint de 1956 à 1959 assistant-réalisateur au cinéma, de Marcel Carné (Le Pays d’où je viens), Sacha Guitry (Assassins et voleurs), Maurice Cam (L’Amour descend du ciel), Guillaume Radot (Fric-frac en dentelles), Claude-Bernard Aubert (Les Tripes au soleil, Match contre la mort), Paul Paviot (Portrait-robot), et de 1959 à 1964 assistant à la télévision de Stellio Lorenzi, Pierre Badel, Lazare Iglesis, Philippe Ducrest. »

Pour ensuite mener la carrière éblouissante que l’on sait et sur laquelle ce livre indispensable revient.

Jean-Max Méjean

Recension publiée dans Le Temps des médias, n° 12, printemps-été 2009, p. 248-249.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Raoul-Sangla-Heures-ouvrables-et.html

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