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Soutenances de thèses

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TUHKUNEN Taïna : "Penser le féminin : textes et images en mouvement (Littérature et Cinéma)"

Soutenance HDR le mardi 27 novembre 2012 à 14h, Université de Poitiers, (MSHS) Salle Mélusine, 5 rue Théodore Lefebvre, 86000 Poitiers.

Membres du jury :
Divina Frau-Meigs, professeur à l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III (rapporteur)
Gilles Menegaldo, professeur émérite à Université de Poitiers (directeur)
Anne-Marie Paquet-Deyris, professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre la Défense (rapporteur)
Jacques Pothier, professeur à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Melvyn Stokes, professeur à UCL (University College, London)
Christian Viviani, professeur à l’Université de Caen (rapporteur)

Ce parcours de recherches interroge le « féminin » comme un champ de représentations et de révélations dans la littérature et dans le cinéma nord-américains. Après un premier ancrage du « féminin » dans l’analyse littéraire, la trajectoire s’élargit vers les arts visuels, en s’intéressant à l’art de l’adaptation, avant de se concentrer sur l’esthétique filmique, sans toutefois que cette réorientation ne se traduise par l’abandon des questions littéraires. Qu’il s’agisse de la praxis de l’écriture (poésie, romans, nouvelles, autofiction), de l’art de l’adaptation des textes littéraires au cinéma, ou bien des films dont les personnages féminins ont été scénarisés directement pour l’écran, le « féminin » est envisagé comme une construction indissociable de systèmes de signes qui, lorsque croisés ou hybridés, témoignent du jeu potentiellement novateur et subversif entre ces genres et le genre. Ainsi, tout en proposant une mise en perspective d’un certain nombre de théories féministes, en pleine mouvance et dissémination depuis les années 1970, le dossier présenté s’applique à cerner les rapports dynamiques entre le littéraire et le filmique. En même temps, malgré le fait que le signe polymorphe « femme » se trouve souvent à l’intersection des langages, celui-ci nécessite le recours à des codes et à des outils conceptuels spécifiques, notamment pour mieux discerner les modalités de mises en « images mouvantes » (moving pictures) qui s’appuient également sur le non-verbal (son, musique, lumière, couleurs, etc.). La plus récente étude de ce dossier, intitulée Demain sera un autre jour : le Sud et ses héroïnes à l’écran (ouvrage dont la sortie est prévue en février 2013, chez Rouge Profond), se propose comme une contribution aux analyses existantes sur les représentations du féminin dans les arts populaires américains. Outre problématiser la réécriture de l’Histoire du Sud états-unien, la question du genre attire ici l’attention sur le travail de conservation des typologies et des stéréotypes culturels (sexuels, raciaux, sociaux), mais aussi sur leur remise en mouvement / en question par le cinéma. En prenant pour exemple « l’héroïne sudiste », un condensé de mythes, de légendes et d’idéologies à la fois diffus et convergents, on observe, à travers les scénarisations successives, une féminisation délibérée, par Hollywood, d’une région américaine connue non seulement pour ses « institutions particulières », ses excès et ses abus, mais aussi pour sa résistance. A l’instar de son emblématique héroïne, figure allégorique d’une époque « emportée par le vent », le fabuleux Southland échappe au cadre purement géographique, pour rendre lisibles et visibles, grâce aux brouillages des frontières génériques, maints enjeux historico-politiques et esthétiques.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Penser-le-feminin-textes-et-images.html