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Ouvrage : Thomas Baumgartner, L’Oreille en coin. Une radio dans la radio. 22 ans de week-end sur France Inter (Nouveau Monde, 2007 avec un CD). Recension par Cécile Méadel.

L’Oreille en coin, émission de la radio publique connue d’abord sous le titre de TSF 68, puis 69, 70, 71, a accompagné les matinées de nombre de Français pendant plus de vingt années. France Inter vient alors de vivre la réforme Dhordain qui vise à la rendre plus attractive par rapport aux postes privés ; Guy Bégué qui a succédé à Roland Dhordain comme adjoint du directeur de la radio, en charge de France Inter, propose à deux responsables d’émissions, Jean Garretto et Pierre Codou, de construire un projet d’animation pour tout le week-end. L’émission commence le samedi 30 mars 1968 ; elle durera jusqu’au 2 septembre 1990, quand Pierre Bouteiller la supprime, pour « querelle d’ego et inimitiés anciennes » ; la chute est brutale, à l’antenne, comme dans l’ouvrage. Elle connaîtra quelques transformations importantes, comme l’enregistrement public à partir de décembre 1983 ou surtout l’invitation d’un homme politique en fil rouge de la matinée du dimanche. Alain Juppé expérimente, sans trop de frais, le premier la formule le 23 septembre 1984. Beaucoup d’autres viendront à sa suite essuyer les blagues malicieuses, tantôt potaches, tantôt aimablement acides, d’une équipe complice et rodée : Françoise Morasso, Jacques Mailhot, Pierre Saka, Maurice Horgues…

C’est l’album de famille de cette émission que le journaliste Thomas Baumgartner nous propose, avec ses anecdotes, ses photos, ses portraits des personnages clefs de la famille ; outre ceux des deux « patrons », on retiendra en particulier celui de Claude Dominique qui jouait avec les sons et les mots, ou celui de Gérard Sire, le « Balzac des antennes ». Mais, sans prétendre faire œuvre historique, le genre est ici un peu renouvelé par l’importante place laissée aux extraits, dans le livre lui-même mais aussi dans le cd qui l’accompagne. On écoutera en particulier Nicolas Sarkozy expliquer le 23 avril 1989 qu’il a choisi de faire ce métier, car ce que c’est le seul où l’on est « jeune à cinquante ans, adolescent à 40 et, à 34 ans, ce qui est alors (son) âge, quasiment à l’état de projet ». Et de conclure : « l’avenir est devant moi. (…) Rendez-vous compte du calvaire pour ceux qui ne peuvent pas me supporter ! ». Plus que par les extraits encore, l’ouvrage innove par sa fabrication : Thomas Baumgartner a rédigé pendant trois ans un intéressant journal de route de sa recherche, sous la forme d’un blog ( http://oreille.blogspot.com) que les commentaires et les informations sont venus nourrir en retour. Des « témoignages d’auditeurs » illustrent ainsi le récit. Le blog, avec ses images, ses extraits sonores, ses commentaires, est le complément utile du livre (et il est à espérer qu’il ne disparaîtra pas).

Cécile Méadel

Recension publiée dans Le Temps des médias, n° 11, hiver 2008-2009, p. 260-261.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Ouvrage-Thomas-Baumgartner-L.html