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Ouvrage : Rudolf Stöber, Histoire de la presse allemande. Introduction à la matière, aspects systématiques, glossaire (UVK Medien, 2000). Recension par Ursula E. Koch.

Cet ouvrage est publié quatorze ans après la parution de la quatrième et dernière partie de l’Histoire de la presse allemande, publiée par l’éminent universitaire Kurt Koszyk. Son auteur est l’un des plus engagés parmi les jeunes spécialistes de cette branche. La bibliographie et les sources étant plus ou moins les mêmes, le lecteur découvrira certaines similitudes avec les Éléments de Wilke, cités au début de notre compte rendu. Cependant, Rudolf Stöber obéit à une tout autre logique. C’est un manuel qui est explicitement destiné aux enseignants et aux étudiants du journalisme, des Sciences de la communication, des médias, de la littérature et de l’histoire moderne et contemporaine. Plus de 60 tableaux et 28 illustrations sont destinés à éclairer le texte de ce volume. Celui-ci contient, en plus, une innovation utile au lecteur, à savoir un lexique (pp. 305-324) qui explique le sens des termes techniques propres à l’histoire en général et à l’histoire de la presse en particulier. En revanche, la bibliographie est quelque peu lacunaire et les notes en bas de pages (500 au total) posent problème. En cas de citation répétée du même auteur, on a du mal à découvrir la première évocation. En outre, dans la liste des organes de presse cités (pp. 361-365), il manque trop souvent les articles qui font tout de même partie du titre complet d’un journal donné.

L’originalité principale de cet ouvrage en trois parties est son caractère dit systématique. On verra plus loin que c’est là une épée à double tranchant.

La première partie (p. 13-112) commence, tout comme les Éléments de Wilke, par une esquisse de l’invention de « l’art noir » due à Gutenberg. Au début, l’auteur décrit l’acheminement des dernières nouvelles par les services postaux et l’expansion progressive de l’imprimerie à travers l’Europe entière. La genèse des différents types d’organes de presse est bien exposée. Dans les pages 95 à 112, Stöber résume les réactions politiques des Églises, de l’Empereur et de certains princes de l’ancien Empire à l’égard de ces « nouveaux médias ». Vu le grand nombre de feuilles volantes illustrées, Stöber insiste sur le fait que les débuts de « l’ère visuelle » remontent bel et bien au xvie siècle.

Dans la seconde partie (p. 113-257), l’auteur traite les xixe et xxe siècles (jusque vers 1950). La méthode « systématique », annoncée plus haut par Stöber, s’y révèle pleinement. Ainsi, la chronologie des différents chapitres et sous-chapitres n’est pas, comme chez Wilke, une sorte d’historique continu des médias, lié à l’arrière-plan d’un contexte politique, social et économique. Il s’agit plutôt d’une multitude de coupes transversales, relatives à certaines questions de détail. Cette méthode a certes son avantage : on peut s’informer rapidement sur l’évolution de la structure, des tirages ou encore du format, du contenu et du style journalistique des organes de presse, à travers les siècles. Mais voici un inconvénient de taille : on court le risque de perdre de vue certaines césures ou cohésions importantes et on saisit mal le rôle joué par tel ou tel patron de presse ou journaliste.

Dans l’ouvrage de Stöber, les passages intitulés « Résumé » et « Perspectives » (p. 259-304) forment la troisième partie de l’ensemble. L’auteur tente de trouver sa réponse à une question purement rhétorique (« …et si Gutenberg n’avait pas inventé l’imprimerie »), en rappelant ce qu’il avait déjà exposé auparavant, tout en y rajoutant des tableaux et des illustrations nouvelles.

Finalement, le livre de Jürgen Wilke, aussi bien que celui de Rudolf Stöber, s’avère être une mine de renseignements pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la presse allemande. Toutefois, comme l’un et l’autre contiennent fort peu de reproductions de titres de journaux, il est fortement recommandé de consulter tel ou tel périodique en bibliothèque (collection originale ou reproduction microfilmée).

Ursula E. Koch

Recension publiée dans Le Temps des médias, n° 5, automne 2005, p. 241-242.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Ouvrage-Rudolf-Stober-Histoire-de.html

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