Accueil du site > Actualités > Recensions d’ouvrages > Presse écrite - Imprimé > Ouvrage : Isabelle Renaudet, Un parlement de papier, la presse d’opposition au franquisme durant la dernière décennie de la dictature et la transition démocratique (Casa de Velasquez, 2003). Recension par Patrick Eveno.

Recensions d’ouvrages

envoyer l'article par mail title= envoyer par mail Version imprimable de cet article Version imprimable Augmenter taille police Diminuer taille police

Ouvrage : Isabelle Renaudet, Un parlement de papier, la presse d’opposition au franquisme durant la dernière décennie de la dictature et la transition démocratique (Casa de Velasquez, 2003). Recension par Patrick Eveno.

Dans ce gros livre qui se lit avec un grand plaisir, Isabelle Renaudet, maître de conférences à l’université de Provence, nous livre une étude de cas passionnante, non seulement pour les historiens des médias, mais également pour les historiens du politique et de l’Espagne. L’objet de cette étude peut apparaître réduit au prime abord, mais en fait elle est beaucoup plus large : entre 1966, date de l’entrée en vigueur de la loi Fraga sur la presse, qui ouvre un peu les portes de la contestation face à la dictature franquiste, et 1975, année de la mort de Franco, un secteur de la presse espagnole fut utilisée par l’opposition de gauche dans son combat pour l’instauration d’un régime démocratique. C’est surtout la presse périodique qui fut le foyer de la contestation, parce que les quotidiens restaient étroitement surveillés par la censure. Des revues qui ne peuvent affronter la pouvoir sur le terrain politique, Cuadernos para el Dialogo, Triunfo, Andalan, Asturias Semenal, Presencia et Serra d’Or, choisissent de déplacer le combat vers le domaine culturel et social. Isabelle Renaudet étudie donc les parcours de ces revues, partiellement libérées, mais qui subissent des contraintes multiples, notamment financières. Elle analyse l’action des hommes, la naissance d’un nouveau type de journalisme et les diverses stratégies adoptées par chacune de ces revues, notamment le passage à l’opposition ouverte et la défense des identités régionales. Toute une partie, qui intéressera particulièrement les lecteurs de ce numéro, est consacrée aux multiples épreuves de la censure. Dans sa dernière partie, Isabelle Renaudet étudie le paradoxe qui vit ces revues, fondatrices de la démocratie espagnole, manquer leur reconversion et disparaître au cours des premières années de la démocratie. Une belle leçon d’histoire totale, qui réunit presse, politique, culture et économie.

Patrick Eveno

Recension publiée dans Le Temps des médias, n° 1, 2003, automne 2003, p. 255.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Ouvrage-Isabelle-Renaudet-Un.html

Dans la même rubrique