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Ouvrage : Fabrice d’Almeida, Christian Delporte, Histoire des médias en France, de la Grande Guerre à nos jours (Flammarion, 2003). Recension par Françoise Hache-Bissette.

L’originalité de cet ouvrage réside dans la périodisation retenue et dans l’approche, à la fois politique, économique, sociale et culturelle : une histoire des médias en forme de « miroir distordu de l’histoire de France au xxe siècle ». Les auteurs ont choisi, ainsi qu’ils l’expliquent dans l’introduction, occasion d’un hommage au travail fondateur de Jean-Noël Jeanneney, une définition large du terme médias : « moyen, outil ou système d’organisation permettant la diffusion massive ou la communication publique d’une information ou d’un message dans l’espace et dans le temps ».

La construction est strictement chronologique dans les six premiers chapitres : « Médias, propagande et patriotisme (1914-1918) », « Le tournant de l’information moderne (1918-1939) », « L’information sabordée (1939-1944) », « Le long après-guerre des médias (1944-1958) », « Grandeur gaulliste et consommation de masse (1958-1968) » « La médiatisation entre état et marché (1968-1989) ». Les deux autres chapitres s’intéressent eux aux vingt dernières années et questionnent le rôle de l’information dans une société démocratique.

Les auteurs analysent les relations complexes entre les médias français et le pouvoir tout au long du siècle écoulé et s’interrogent sur l’avenir du journalisme, menacé par la manipulation, l’uniformisation et la dépossession, dans un contexte de développement accéléré des nouvelles technologies.

L’histoire récente des médias est envisagée sous tous les angles : la création du statut de journaliste, la segmentation de la presse magazine, l’accession de la publicité au rang de « genre culturel », la place des médias dans les « pratiques culturelles » des Français, la naissance de la « communication d’entreprise » en France dans les années 1950, sur le modèle américain, le développement du sponsoring, l’apparition de la communication politique et de la communication institutionnelle, la révolution numérique…

À la synthèse succède un glossaire critique — une spécificité de la collection Champs Université — fort intéressant, même si l’on s’interroge sur les raisons qui ont présidé au choix de certains titres ou personnalités : pourquoi Michel Drucker et pas Léon Zitrone, par exemple ?

Suit une remarquable bibliographie thématique de plus de 300 références, où ont été impitoyablement éliminés ouvrages de vulgarisation et documents obsolètes. On y trouve des livres bien sûr mais aussi beaucoup d’articles, de communications à des colloques et de travaux universitaires récents, non encore publiés. Le livre se clôt sur un index rigoureux et très précieux.

Dans le flot des titres cités, on pourra regretter l’absence de certains journaux, comme Le Monde diplomatique et toute la presse dite « alternative », qui a trouvé aujourd’hui, avec Internet, une formidable caisse de résonance.

Françoise Hache-Bissette

Recension publiée dans Le Temps des médias, n° 1, 2003, automne 2003, p. 242-243.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Ouvrage-Fabrice-d-Almeida.html

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