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Isabelle Matamoros : "Mais surtout, lisez !" Les pratiques de lecture des femmes dans la France du premier XIXe siècle

Thèse de doctorat (Université Lyon 2). Soutenance le jeudi 30 novembre, à 14h à l’ENS de Lyon, site Descartes, salle D-2-104 (1er étage).

Membres du jury :
Philippe Boutry, Professeur d’histoire contemporaine, Université Paris 1, rapporteur
Anne-Marie Chartier, Maîtresse de conférences honoraire en histoire contemporaine, ENS Lyon, examinatrice
Judith Lyon-Caen, Maîtresse de conférences en histoire contemporaine, EHESS, examinatrice
Bénédicte Monicat, Professeure de French and Women’s Studies, Penn State University, examinatrice
Christine Planté, Professeure émérite de littérature, Université Lyon 2, directrice de thèse
Rebecca Rogers, Professeure d’histoire de l’éducation, Université Paris 5, co-directrice de thèse
Damien Zanone, Professeur de littérature, Université catholique de Louvain, rapporteur

Ce travail entend interroger du point de vue du genre les pratiques de lecture des femmes dans la première moitié du XIXe siècle. La manière dont les femmes lisaient et l’usage qu’elles pouvaient faire de leurs lectures demeurent très mal connus, au-delà des discours et des représentations entourant à l’époque la lecture féminine. De ceux-ci se dégage l’idée durable que les femmes, pour l’essentiel lectrices de romans, lisent mal. Cette étude propose de renverser le prisme d’analyse pour interroger le point de vue des lectrices sur leurs propres pratiques. Pour cela, les écrits personnels - journaux, autobiographies, correspondances - de soixante-six femmes nées entre 1789 et 1832 ont été rassemblés, et permettent de suivre leurs trajectoires à l’intérieur d’une biographie chorale. Ces textes mettent au jour une pluralité des pratiques et des usages de la lecture au quotidien, mais surtout ils interrogent deux phénomènes majeurs de la France du premier XIXe siècle : les logiques de sexuation à l’oeuvre dans l’éducation, et la construction des identités sexuées. De fait, l’accès aux savoirs par le livre repose alors sur une inégalité fondamentale entre femmes et hommes, et l’apprentissage des manières de lire, ainsi que la liste des livres autorisés, doivent renvoyer l’image d’une féminité acceptable, suffisamment instruite mais non savante, pieuse et vertueuse. Pourtant, les écrits personnels soulignent à quel point dans le quotidien d’autres manières de faire s’élaborent et de nombreuses résistances voient le jour. Car l’expérience individuelle de la lecture, en ouvrant la porte vers des territoires intellectuels jugés illégitimes, permet de transgresser les attentes concernant l’éducation des filles. Au-delà, elle engage la lectrice dans un travail réflexif sur elle-même qui la conduit à sonder voire à reformuler son identité sociale. Par ce biais, l’autonomie intellectuelle des femmes et leur possible émancipation se trouvent directement questionnées.
Mots-clés : genre, lecture, femmes, XIXe siècle, savoirs, identités, écrits personnels

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Mais-surtout-lisez-Les-pratiques.html