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FERRON Benjamin : Les répertoires médiatiques des mobilisations altermondialistes (Mexique-Chiapas, Israël/Palestine,1994-2006). Contribution à une analyse de la société transnationale

Membres du jury :
Johanna SIMEANT, Université Paris I/ rapporteur
Dominique MARCHETTI, Chargé de recherche, CNRS/ rapporteur
Armand MATTELART, Université Paris VIII/ examinateur
Clemencia RODRIGUEZ, Assistant professor, University of Oklahoma Denis RUELLAN, Université Rennes 1
Erik NEVEU, Sciences Po Rennes/ directeur de thèse

Cette étude compare les stratégies déployées par deux réseaux militants de solidarité internationale pour diffuser publiquement leurs causes politiques, dans une conjoncture marquée par l’essor du cadre de mobilisation altermondialiste (1994-2006) : le mouvement néozapatiste (Chiapas, Mexique) et le mouvement anti-occupation (Israël-Palestine). Comment expliquer que des conflits politiques si différents – la révolte des Indiens du Chiapas et les luttes contre l’occupation israélienne des Territoires palestiniens – puissent être considérés, dans certaines arènes politiques et médiatiques, dans les termes semblables de la lutte contre la « mondialisation néolibérale » ? Comment expliquer, parallèlement, que la lutte néozapatiste soit plus facilement érigée en emblème de l’altermondialisme que la lutte anti-occupation ? Optant pour une démarche constructiviste visant à rendre compte au plus près des logiques pratiques de la circulation internationale de l’altermondialisme et de ses acteurs, l’enquête s’intéresse spécifiquement au rôle des médias des mouvements sociaux dans ce processus. Elle défend la thèse que cette convergence partielle des cadres de mobilisation collective est le produit d’une série de choix tactiques et de contraintes intériorisées favorisant la production de discours contestataires relativement indépendants de leurs conditions sociales de production. Pour comprendre les conditions donnant ou non un pouvoir « performatif » à ces discours critiques sur la mondialisation néolibérale, l’enquête de terrain repose sur 76 entretiens semi-directifs auprès de militants et de journalistes, des observations menées dans des centres de « médias alternatifs », et un travail sur archives. La comparaison des répertoires médiatiques des deux réseaux met à jour la spécialisation progressive de militants dans le travail de médiatisation alternative. Le travail s’intéresse dans un premier temps aux processus d’internationalisation du capital politique des mouvements (partie I). Il met ensuite en évidence l’existence d’une corrélation négative entre l’évolution de leur couverture médiatique dans la presse conventionnelle et l’investissement de militants dans des réseaux de « médias alternatifs », qui fonctionnent selon les cas comme des espaces de compensation ou de correction symboliques (partie II). Enfin, il analyse les conditions concrètes de production, de diffusion et d’institutionnalisation du militantisme de l’information dans chacun des deux réseaux (partie III).

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Les-repertoires-mediatiques-des.html