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Ouvrages de référence

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CHAUVET Paul, Les ouvriers du Livre en France, de 1789 à la constitution de la Fédération du livre, Paris, Librairie Marcel Rivière et Cie, Paris, 1964.

Le gros volume 2 que M. Paul Chauvet consacre à ce sujet, vient rejoindre celui qu’il avait donné sur Les Ouvriers du Livre en France de 1789 à la Constitution de la Fédération du Livre. La documentation mise en œuvre était, pour qui voulait étudier l’histoire du mouvement ouvrier, à peu près unique à notre connaissance : outre les textes, déjà étudiés pour la plupart par Henri Hauser en ce qui concerne le XVIe siècle, on dispose en effet pour les XVIIe et XVIIIe siècles des archives de la communauté des libraires et imprimeurs, dont les registres sont extrêmement bien tenus ainsi que des archives de l’Inspection de la Librairie et des enquêtes prescrites régulièrement par celles-ci sur l’état des imprimeries et des librairies ; c’est dire que la carrière de chaque compagnon, de chaque apprenti peut être suivie, que chaque grève, chaque « débrayage », sans compter chaque procès, a laissé des traces. Nous ne pouvons pas analyser ici tout ce que M. Chauvet a tiré de cette documentation. Bornons-nous à dire que ce qui nous a le plus frappé dans son livre, c’est de voir comment un petit groupe d’ouvriers qui n’excédait sûrement pas le millier à Paris ou à Lyon et qui était réparti dans de nombreux ateliers, parvint rapidement à se forger ce qu’on pourrait appeler une « conscience de classe ». Non seulement au XVIe siècle, mais au XVIIe, voire au XVIIIe, en dépit de tout l’appareil créé par Colbert pour maintenir l’ordre, les procès se multiplient et les grèves sont nombreuses ; les compagnons n’ont le droit de faire ni « bourse commune », ni « société », ni « assemblée ». Et, pourtant, c’est en 1677 seulement que la police réussit à saisir les archives de la Confrérie après un siècle d’existence. Dans cette lutte, il arrive aux typographes de trouver des appuis : les compagnons d’autres métiers parfois, les soldats des gardes, également les moines de Saint-Jean de Latran qui abritent leurs assemblées et surtout, dans une certaine mesure, le Parlement qui prend souvent en considération les demandes ouvrières, et leur donne quelquefois satisfaction partiellement, contrairement à ce que fait le pouvoir royal. Tout cela est conté par M. Chauvet avec verve et même avec passion. Ajoutons qu’il a eu l’heureuse idée de consacrer aux ouvriers de métiers annexes (fondeurs de caractères, imprimeurs en taille-douce, relieurs, colporteurs) une série de chapitres fort instructifs et souvent neufs. ?

Recension d’Henri-Jean Martin
Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1960, vol. 15, n° 5, pp. 1011-1012.
URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1960_num_15_5_420674_t1_1011_0000_2

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Les-ouvriers-du-Livre-en-France-de.html

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