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SOICHOT Marine : Les musées et centres de sciences face au changement climatique. Quelle médiation muséale pour un problème socioscientifique ?

Thèse en sociologie et communicaiton de l’environnement (Muséum National d’Histoire Naturelle). Soutenance le mercredi 26 janvier 2011, à 9h, dans l’amphithéâtre de paléontologie du Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris).
Membres du jury : Amy Dahan-Dalmedico, Directrice de recherche au CNRS, Centre Alexandre Koyré, examinateur ; Joëlle Le Marec, Professeur de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon, rapporteur ; Alain Legardez, Professeur de l’Université de Provence, rapporteur ; Roland Schaer, Directeur du département Sciences-Société, Cité des Sciences et l’Industrie – Universcience ; Yves Girault, Professeur du Muséum National d’Histoire Naturelle, directeur de thèse.

Les musées et centres de sciences se sont historiquement constitués comme des institutions scientifiques et culturelles détentrices d’un savoir savant qui leur confère une certaine autorité. Actuellement, des problèmes socioscientifiques (controverses sociotechniques ou questions socialement vives) et de nouveaux rapports entre sciences et société interrogent les modes de médiations de ces institutions. Dès lors, comment traitent-elles ces sujets ? Comment les professionnels du secteur se positionnent-ils ? Afin de répondre à ces questions, cette thèse prend l’exemple du changement climatique et mobilise deux cadres d’étude : les courants sur la médiation des sciences inspirés du champ STS (Sciences and Technology Studies) qui interrogent le deficit model et la théorie des arènes dans le cadre des études sur les problèmes publics. Quatre musées et centres de sciences sont étudiés : Science Animation à Toulouse, Cap Science à Bordeaux, la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris et le Science Museum de Londres. Le changement climatique, du moins en France jusqu’en 2009, fait l’objet d’une construction consensuelle dans les arènes scientifiques, politiques ou encore médiatiques. Divers opérateurs convergent autour d’une même définition du problème. Les institutions muséales étudiées s’en détachent peu : relais du consensus incarné par les conclusions du GIEC, dépolitisation du problème, alerte et appel à l’action mais absence de focalisation sur la dimension individuelle des enjeux. Quatre modes de médiation muséale du changement climatique sont identifiés : un mode de rupture, un mode informatif, un mode réflexif et critique et un mode résolutique. Les professionnels rencontrés lors de l’enquête adoptent des postures diverses. Néanmoins, la plupart s’attachent à présenter des informations validées dans une posture d’impartialité et refusent les approches interventionnistes. Cependant, certains éléments des productions étudiées relèvent d’un tel mode de médiation en articulation avec des discours du type alerte et appel à l’action. Cette contradiction pourrait témoigner du poids de la définition dominante du problème climatique institué comme cause sans adversaire et plus largement de la prégnance du développement durable comme nouvelle norme sociopolitique.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Les-musees-et-centres-de-sciences.html