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Jacques Lemière, Le cinéma comme interpellation du pays (Parcours de cinéastes, événement politique et idée nationale). Le cas du Portugal après Avril 1974, sous la direction de Michel Rautenberg, Thèse de doctorat de Sociologie, Univ. Lille 1, 2007.

A partir de l’analyse du cinéma portugais tel qu’il se présente après la révolution d’« Avril 1974 » au Portugal (cinéma étant entendu non seulement comme une collection déterminée d’œuvres cinématographiques, mais surtout comme une situation constituée de parcours de cinéastes), la thèse interroge le lien spécifique qui articule l’art cinématographique avec ce qui affecte le « lieu national » sous l’effet de l’événement politique, dès lors que cet événement provoque de nouvelles manières d’habiter le pays et de projeter sur lui de nouvelles expériences, dans une situation subjective qui engage une re-définition de la présence de ce pays au monde en même temps qu’une altération du récit de cette présence. Dans une démarche qui allie les méthodes de l’enquête sociologique et ethnographique appliquée au présent (s’entretenir, rencontrer, observer) et de la sociologie historique du passé proche (analyse d’archives et de documents de presse), démarche qui inclut aussi un visionnement des œuvres tant de la séquence retenue pour l’analyse (1974-2004) que de la période antérieure (pour des besoins de contextualisation), on s’est attaché à ne pas séparer, dans l’analyse sociologique, la prise en compte de l’histoire et du présent des formes artistiques de celle des pratiques sociales dans lesquelles les films sont produits et réalisés (conditions de production, conditions techniques, modes de diffusion, réception des films, effets politiques et médiatiques, textes et discours produits autour des films), dans un champ de forces, souvent contraires, qui est déterminé par l’intersection de l’Etat, du marché (le cinéma portugais fût-il un cinéma quasiment sans marché), de la critique (nationale et étrangère) et des publics (nationaux et étrangers). Dans la séquence retenue, sous l’effet de l’événement d’Avril, l’art cinématographique intervient singulièrement, au Portugal, en relais d’une longue et riche tradition littéraire d’interpellation du pays (sans préjudice de la capacité, pour la littérature contemporaine, à prolonger, dans son espace propre, cet héritage). Les cinéastes se placent en position d’intervenir pour eux-mêmes, avec les moyens propres à leur art, sur une idée du pays. Ils mettent au service de cette interpellation du pays la capacité particulière du cinéma à l’enregistrement des corps et des lieux, même quand les procédures artistiques travaillent le principe d’abstraction et quand les réalisateurs absentent ou éloignent (volontairement) le réalisme. Est ainsi soulignée la dimension du cinéma - qui, on le sait, est un art du temps - comme « art du lieu » (national).
En savoir plus : http://corail.sudoc.abes.fr/DB=2.1/SET=12/TTL=1/SHW?FRST=4
Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Le-cinema-comme-interpellation-du.html

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