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Comptes rendus

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Béatrice Fleury-Vilatte, Jacques Walter

La mémoire de L’Humanité, une affaire de famille

Cette contribution s’inscrit dans l’axe consacré à l’étude du lectorat. À l’enseigne d’une option qualitative, elle a pour objectif d’éclairer les relations qu’une famille, dont plusieurs membres sont communistes, a entretenues (ou entretient encore) avec le quotidien depuis les années 50, période de la première adhésion au Parti communiste français de l’un d’entre eux. La famille en question se caractérise notamment par le fait qu’elle est juive, que si tous ses composants sont à gauche, tous ne sont pas lecteurs de L’Humanité mais en ont discuté.

À partir d’une série de récits de vie, nous examinerons et analyserons la mémoire que cette famille conserve du journal, ainsi que les phénomènes d’oubli, sous plusieurs angles : l’évolution des modes et choix de lecture en fonction d’une dynamique familiale, les souvenirs du journal en tant que révélateur de désaccord, les modalités d’attachement ou de détachement à l’égard du quotidien (en intégrant l’engagement ou le désengagement à l’égard du PCF, le rapport au judaà¯sme, au sionisme…), les souvenirs de moments clés (de l’Histoire ou de l’histoire de cette famille).

Cette approche permet de montrer que la lecture (ou la non-lecture) de L’Humanité n’est pas seulement déterminée par une logique politique, mais aussi par des configurations faisant intervenir d’autres facteurs, " privés " en particulier. Elle permet aussi de mieux comprendre que si les acteurs du journal ont peut-être une perception " macro-stratégique " de leurs rapports au lectorat, ceux-ci ne prennent vraisemblablement sens que dans une interaction, appréhendable à un échelon plus " micro-sociologique ".

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/La-memoire-de-L-Humanite-une.html