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FORMAGLIO Cécile : « Féministe d’abord ». Un engagement militant : Cécile Brunschvicg (1877-1946)

Thèse d’histoire soutenue le jeudi 27 octobre 2011 à 14h, à la Maison des Sciences Humaines, salle Frida Kahlo (rez-de-chaussée).
Membre du jury :
Christine Bard, professeure d’histoire contemporaine, Université d’Angers, directrice de thèse
Françoise Battagliola, directrice de recherche CNRS
Christine Manigand, professeure d’histoire contemporaine, Université de Poitiers
Pascale Quincy-Lefebvre, MCF en histoire contemporaine, Université d’Angers
Siân Reynolds, professeur émérite, Université de Stirling

Ces dernières années, portées par le développement de l’histoire des femmes et par une demande sociale et politique forte, les études en histoire du féminisme se sont multipliées, nées de la volonté de rendre visible le rôle des femmes dans l’histoire, qu’ont manifestée les féministes des années 1970, dans leur recherche d’une identité et d’une légitimité pour leur mouvement, même si on peut déplorer qu’aujourd’hui encore ces études soient victimes d’une certaine méfiance des institutions et remises en cause dans leurs présupposés. De fait, les fonds d’archives privées de militantes féministes sont encore nombreux à n’être pas accessibles et mis en valeur dans des institutions publiques, et il arrive qu’on en redécouvre peu à peu seulement l’existence. Ce fut le cas des archives privées, revenues en 2000 de Russie, de Cécile Brunschvicg (1877-1946), dont l’importance au sein du mouvement féministe réformiste, qui milite, avec un grand légalisme, pour l’amélioration progressive de la condition des femmes et concentre ses efforts sur les réformes juridiques, n’est plus à démontrer. Les principales étapes de sa vie sont bien connues : de nombreuses notices biographiques sont parues dans différents dictionnaires et la biographie de Juliette Aubrun qui date de 1992 a permis d’apporter un éclairage décisif sur ses origines. Cécile Kahn, née dans une famille de riches bourgeois parisiens juifs, épouse du philosophe Léon Brunschvicg, a en effet été la secrétaire générale à partir de 1909 de l’Union Française pour le Suffrage des Femmes (UFSF), puis sa présidente à partir de 1924 ; membre de la section Travail du Conseil National des Femmes Françaises (CNFF), ayant pour but l’obtention pour les femmes de conditions de travail identiques à celles des hommes, elle en assure à partir de 1916 et jusqu’à sa mort la présidence. Cécile Brunschvicg a aussi cherché à militer en faveur des idées féministes et d’une meilleure intégration des femmes dans la Cité dans tous les milieux et par tous les moyens : dans les partis politiques, en entrant au Parti radical en 1924, où elle concentre son activité auprès de la Commission sociale dont elle est la vice-présidente et qui lui vaut d’être appelée en juin 1936 au sous-secrétariat à l’Éducation nationale, lorsque Léon Blum décide pour la première fois d’appeler des femmes au gouvernement ; dans les institutions sociales en créant l’École des surintendantes en 1917 ; par la presse en reprenant la direction à partir de 1926 de l’hebdomadaire féministe La Française.
Cette étude a pour but de donner une vision transversale et thématique des engagements de Cécile Brunschvicg, de voir comment ceux-ci se sont développés à partir d’un cadre de pensée nourri du féminisme, qui lui confère une vision sexuée des problèmes de la société française de son époque, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux. En cela, Cécile Brunschvicg mérite le qualificatif d’intellectuelle, tel que le définissent Michel Winock et Jacques Julliard dans leur Dictionnaire des intellectuels français, puisqu’elle a acquis une notoriété dans sa lutte en faveur du suffrage des femmes et s’est servie de cette activité pour proposer « à la société toute entière une analyse, une direction, une morale que ses travaux antérieurs [la] qualifient pour élaborer ». Si le féminisme est quasiment omniprésent dans tous les engagements de Cécile Brunschvicg et se construit au sein de la mouvance réformiste, dans un perpétuel dialogue avec ses autres membres, son action est dictée aussi par l’appartenance à un courant moralisateur, républicain, à la « nébuleuse réformatrice » (Christian Topalov), dont elle intègre les propositions au sein de ses revendications féministes. Si cette étude du féminisme de Cécile Brunschvicg ne se veut donc pas biographique, une approche chronologique y sera présente aussi, car elle est primordiale pour expliquer les origines et l’évolution de l’engagement féministe de celle-ci, ainsi que l’influence de son milieu et de ses origines bourgeoises.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Fe-ministe-d-abord-Un-engagement.html