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Soutenances de thèses

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Julie Vaslin : Esthétique propre. La mise en administration des graffitis à Paris de 1977 à 2017

Thèse de science politique (IEP de Lyon). Soutenance le 25 septembre 2017, 14h à l’IEP de Lyon (rue Appleton, Lyon 7e).

Membre du jury :
Marie-Hélène Bacqué, Professeure d’études urbaines, Université Paris Ouest, Laboratoire Mosaïques
Pascale Laborier, Professeure de science politique, Université Paris Nanterre, Institut des Sciences sociales du Politique
Emmanuel Négrier, Directeur de recherches, CNRS, CEPEL, rapporteur
Erik Neveu, Professeur de science politique, Institut d’Études Politiques de Rennes, CRAPE, rapporteur
Renaud Payre, Professeur de science politique, Institut d’Études Politiques de Lyon, Triangle UMR 5206
Gilles Pollet, Professeur de science politique, Institut d’Études Politiques de Lyon, Triangle UMR5206, directeur de thèse

Cette thèse propose une analyse socio-historique de la construction d’un problème public du graffiti à Paris. Dommage aux biens, nuisance visuelle, facteur du sentiment d’insécurité, culture populaire ou art urbain, le graffiti est un problème public qui connaît plusieurs redéfinitions depuis la création de la Mairie de Paris, en 1977. Fondé sur des archives, des entretiens, des observations et des photographies, ce travail questionne le processus de "mise en administration" d’un problème public à l’échelle municipale. En retraçant la genèse des dispositifs de répression et de promotion des graffitis au sein de l’administration parisienne, nous questionnons la manière dont s’articulent plusieurs domaines d’action publique (propreté, aménagement, culture, tourisme) pour construire un « ordre esthétique » urbain.
La démonstration s’organise en deux parties. Dans la première, nous montrons la manière dont les pouvoirs publics norment l’esthétique urbaine à travers des dispositifs d’effacement des graffitis, selon des représentations du « propre » associées à la ville-centre. La construction d’un problème de propreté contribue ici à faire du graffiti un désordre, une déviance. La seconde partie présente une analyse des différentes formes d’encadrement culturel de certains graffitis qui participent à la normalisation des esthétiques urbaines, en particulier dans les quartiers populaires et périphériques de la ville. Nous questionnons ici le processus par lequel certains auteurs de graffitis, alors considérés comme des « artistes », deviennent progressivement des acteurs légitimes du gouvernement de l’espace public. Tout au long de la thèse, nous étudions les configurations d’acteurs qui permettent au politique de gouverner l’esthétique urbaine et faisons de l’« ordre esthétique » un révélateur des enjeux sociaux et politiques qui fondent le gouvernement de l’espace public à Paris.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Esthetique-propre-La-mise-en.html