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02 - Publicité, quelle histoire ?

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Marie-Anne Polo de Beaulieu

Enseignes, cris, textes. Les pratiques publicitaires au Moyen àge

Le Temps des médias n°2, printemps 2004, p.8-16.

Le cadre socio-économique propre à la période médiévale doit être pris en compte pour comprendre la diversité des pratiques publicitaires et leur impact sur le marché et les consommateurs. La fabrication et la vente des produits dépendaient alors étroitement de règlements édictés par les guildes, visant à garantir la qualité des productions, éviter la concurrence déloyale et assurer au consommateur le « juste » prix. Dans une société majoritairement illettrée, les pratiques publicitaires privilégiaient le cri et l’image aux dépens de l’écrit. Les « cris de Paris » vantaient la qualité de denrées d’une très grande diversité et de services. Les enseignes d’auberges et d’échoppes offraient au regard un code visuel accessible au plus grand nombre ; tandis que les textes annonçant un défrichement, l’arrivée d’un instituteur ou l’ouverture d’une université étaient relayés par une diffusion orale. Il est cependant impossible de mesurer l’impact économique de ces pratiques publicitaires, mais leur efficacité est attestée par de nombreuses sources narratives et juridiques. englishflag

[1] Tous ces documents iconographiques m'ont été indiqués par Danièle Alexandre-Bidon que je remercie chaleureusement.

[2] Chapitre sur le martyr de sainte Lucie, manuscrit conservée à la Pierpont Morgan Library, New York, ms 672, fol. 28v.

[3] Alfonso el Sabio, Cantigas de santa Maria, ms Escorial T. I. 1., fol. 17 (xiiie siècle) ; fac simile de ce manuscrit par M. Là³pez Serrano : El « Cà³dice rico » de las Cantigas de Alfonso X el Sabio, Madrid, Edilan, 1979, 2 vol.

[4] Londres, British Library, ms Royal 6 E VI, fol. 503.

[5] Cf. divers exemples dans Haro ! Noà« l ! Oyé ! Pratiques du cri au Moyen Age, cité en note 1.

[6] L'oublie est une pâtisserie légère de forme ronde et sans épaisseur, cuite avec des restes de pâte en fin de journée. Le faiseur d'oublies détient le privilège de préparer aussi les hosties.

[7] E. Faral, Textes relatifs à la civilisation des temps modernes, Paris, Hachette, 1838, p. 84-85 ; texte commenté dans Massin, Les cris de la ville. Commerces ambulants et petits métiers de la rue, Paris, Gallimard, 1978.

[8] G. Duby, La société aux xie et xiie siècles dans la région mâconnaise, Paris, 1953, rééd. 1971 ; L'économie rurale et la vie des campagnes dans l'Occident médiéval, 2 vol., Paris, Aubier, 1961-1962, spéc., t. 1, p. 331-332.

[9] On trouvera la traduction française de ce texte composé en latin, dans P. Bonnassie, G. Pradalier, La capitulation de Raymond VII et la fondation de l'université de Toulouse, 1229-1279, Un anniversaire en question, Toulouse, 1979, p. 65-68, revue par J.-P. Boudet dans P. Gilli (dir.), Former, enseigner, éduquer dans l'Occident médiéval, 1100-1450, tome 1, Paris, SEDES, 1999, p. 69-71.

[10] Notamment celle qui a exterminé les cathares appelés albigeois.

[11] On ne sait pas si cette lettre a été envoyée aux différentes universités existantes, si elle n'est restée qu'à l'état de projet ou d'exercice de rhétorique.

[12] D. Alexandre-Bidon, M. M. Compère et al. (dir.), Le patrimoine de l'éducation nationale, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, 1999, p. 86.

[13] Barthelémy l'Anglais, Livre des propriétés des choses (encyclopédie), article « rouge » dans le ms fr. 22 532 de la BnF, Paris, fol. 320v ; cité dans Tentures médiévales, p. 474, n° 58.

Citer cet article : http://www.histoiredesmedias.com/Enseignes-cris-textes-Les.html

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